Lien entre modernisation et suicide chez les Inuits


8 janvier 2008 à 13h48

Une recherche qui compare les tendances au suicide dans différentes régions de l’Arctique permet de mieux comprendre les racines d’un problème social qui supprime des dizaines de vies de jeunes Inuits chaque année et donne espoir que les choses changent.

Dans un article paru récemment dans la publication Aboriginal Issues, le chercheur Jack Hicks établit une corrélation entre les taux de suicide chez les Inuits d’Alaska, du Groenland et du Nunavut et la période au cours de laquelle leurs gouvernements respectifs les encourageaient à renoncer au nomadisme et à vivre en sédentaires.

Dans ces trois pays, les taux de suicide ont commencé à grimper au sein de la première génération d’Inuits nés en ville, les filles et les garçons de ceux qui avaient vécu uniquement des ressources de la terre.

Cette tendance a commencé à se manifester dans le nord de l’Alaska dans les années 1960, au Groenland dans les années 1970 et au Nunavut dans les années 1980.

Elle correspond à la période au cours de laquelle les différents gouvernements nationaux ont vraiment commencé à avoir un impact sur le mode de vie de leurs populations inuites, affirme M. Hicks, un candidat au doctorat de l’Université du Groenland, installé à Iqaluit.

Historiquement, les taux de suicide chez les Inuits étaient plutôt bas. Selon les données qu’il a pu consulter, il n’y aurait eu qu’un suicide dans ce qui est désormais le Nunavut pendant toutes les années 1960, a dit M. Hicks.

De plus, les suicides avaient tendance à être concentrés chez les personnes âgées et malades.

Mais les années 1960 ont marqué le dernier sursaut de la culture ancestrale et du mode de vie traditionnel, avant que tous les Inuits ne s’en aillent vivre en communautés.

Le taux de suicide au Nunavut est aujourd’hui onze fois plus élevé que la moyenne nationale. Au moins une vingtaine d’Inuits s’enlèvent la vie chaque année, de jeunes hommes pour la plupart.

M. Hicks soutient que modernisation et suicide ont un lien. «C’est la seule explication logique. Il est très rare, n’importe où dans le monde, qu’on assiste à une escalade aussi spectaculaire des suicides. C’est de toute évidence causé par des facteurs sociaux.» Le chercheur souligne que la plupart des familles inuites sont saines et heureuses.

Mais selon lui, la modernisation, en modifiant presque tout de la façon dont les Inuits vivaient depuis des siècles, a suscité de l’incertitude chez certains parents à propos de leur rôle dans ce monde changé, les rendant incapables de fournir à leurs enfants des modèles de comportement convaincants.

M. Hick constate que les taux de suicide en Alaska et au Groenland ont finalement commencé à décliner, et prévoit que ce sera le cas aussi au Nunavut.

Il suppose que cela a à voir avec une meilleure éducation et de meilleurs services de santé, offerts dans les plus grandes communautés, et à l’accès à plus d’occasions de développement économique.

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