«L’Europe aussi a des arguments!»

Entretien avec Christian Frayssignes, président de la Chambre de commerce de l’Union Européenne à Toronto

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Il y a tout juste 11 ans voyait le jour la Chambre de commerce de l’Union Européenne à Toronto. Regroupant les chambres de commerce de 20 des 27 pays que compte l’Union Européenne, elle a pour objectif de resserrer les liens économiques entre le Vieux Continent et la ville de Toronto. Dans un entretien accordé à L’Express, Christian Frayssignes – président de la Chambre depuis trois ans – fait le point sur cette institution, qui a déjà fait ses preuves des deux côtés de l’Atlantique.

L’Express: Quels sont les objectifs de la Chambre de commerce de l’Union Européenne à Toronto et quels rapports entretenez-vous avec cette institution?

Christian Frayssignes: La Chambre a été créée pour promouvoir les relations économiques entre Toronto et les pays membres de l’Union Européenne. Il s’agit d’une association à but non-lucratif, je suis moi-même bénévole, qui s’efforce d’informer sur les opportunités commerciales en Europe.

Cette promotion se fait au travers d’événements de réseautage, organisés régulièrement, mais également des séminaires que nous proposons pour informer les investisseurs potentiels sur les moyens d’accéder au marché européen.

Nous invitons régulièrement à la tribune des gouverneurs de banques européennes et nous venons d’ailleurs d’avoir la confirmation de la présence en mars prochain du gouverneur de la banque de France et de la banque d’Allemagne!

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La Chambre a été créée il y a 11 ans par les chambres de commerces des pays qui étaient alors leaders au sein de l’UE: la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni…

Au début, l’ambassade de la Commission européenne à Ottawa nous regardait avec scepticisme, mais devant les bons résultats que nous affichons et avec le ralliement des chambres de commerce de 20 pays et de bientôt 23 à notre organisation, nos liens se sont développés et l’ambassade nous appuie aujourd’hui financièrement.

La même chose s’est produite avec l’UE. Nous ne sommes pas rattachés directement à l’Union, mais nos liens se développent de plus en plus et un soutien plus formel est envisagé pour l’année 2008.

L’Express: Quand on sait que près de 80% des échanges commerciaux du Canada se font en direction des États-Unis, quels peuvent être les arguments du marché européen pour attirer des investissements?

Christian Frayssignes: Il est vrai qu’à l’heure actuelle, le marché européen constitue moins de 10% des importations et tout juste 11% des exportations du Canada, mais il demeure le second partenaire économique du pays. De plus, les économies émergentes telles que l’Inde ou la Chine attirent toujours plus les investisseurs canadiens.

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Face à cette situation, l’Europe a tout de même de bons arguments de réponse. Il s’agit d’un marché de 500 millions de personnes dans lequel 13 pays utilisent la même monnaie: l’euro. En ouvrant une seule porte il est ainsi possible de pénétrer les marchés de tous ces pays, quand des barrières douanières s’appliquent entre les provinces canadiennes…

Les investisseurs ne connaissent pas assez les facilités d’accès à ce marché et nous essayons de mettre l’accent là-dessus.

Les pays émergents comme la Chine offrent bien sûr des coûts de production très attractifs, mais lorsqu’on veut investir dans le secteur des services ou dans le secteur banquier par exemple, nul autre marché n’apparaît plus compétitif que le marché européen.

De plus, les racines de nombreux canadiens viennent d’Europe. Promouvoir l’Europe c’est donc en plus la considérer comme une terre d’histoire, de culture, comme une entité propre.

L’Express: La présence de bientôt 23 pays au sein de la Chambre, sur les 27 pays membres de l’UE semble témoigner du crédit qu’ils allouent à cette institution, dans quel sens souhaitez vous continuer votre action à l’avenir?

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Christian Frayssignes: La priorité sera mise sur la communication et la visibilité de l’Europe à Toronto. Nous voulons attirer les regards vers l’Europe et dire aux investisseurs potentiels: «il y a une place ici où on peut faire des affaires!».

Pour cela, il est nécessaire de faire connaître toujours plus le marché européen et les pays qui le composent. Le taux de croissance de l’UE n’est certes pas très haut (ndlr: 2,4% prévu en 2008), mais certains pays affichent des taux de croissance robustes, comme l’Irlande ou Malte avec un taux de 5 à 6% par an.

C’est donc dans ce sens que continuera d’œuvrer la Chambre et je suis assez confiant pour l’avenir. J’ai reçu confirmation récemment de la réouverture du bureau commercial de l’Ontario à Paris, qui avait fermé ses portes il y a quelques années. Les choses bougent dans le bon sens!

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