Les trois féministes aux seins nus accusées en Tunisie

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à 12h52 HAE, le 31 mai 2013.

TUNIS, Tunisie – Les trois militantes féministes européennes de Femen arrêtées cette semaine dans la capitale tunisienne après avoir manifesté les seins nus ont été formellement accusées d’outrage à la pudeur et d’atteinte aux bonnes moeurs, a annoncé vendredi leur avocat.

L’avocat Souhaïb Bahri a indiqué que les trois femmes, deux Françaises et une Allemande, comparaîtraient devant un juge le 5 juin. Elles sont passibles de six mois de prison si elles sont reconnues coupables.

Mercredi, les trois militantes féministes s’étaient dénudées à Tunis pour réclamer la libération d’une membre tunisienne de Femen, arrêtée et détenue après avoir mené son propre coup d’éclat dans la ville religieuse de Kairouan.

Amina Sboui, la militante tunisienne, aurait écrit le nom de l’organisation sur un mur du cimetière de Kairouan le 19 mai.

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En mars, elle avait scandalisé les musulmans conservateurs tunisiens en publiant sur Internet des photos d’elle les seins nus. Sur son torse, elle avait écrit: «Mon corps m’appartient et n’est source d’honneur pour personne».

Amina Sboui comparaîtra également le 5 juin pour faire face à une accusation d’outrage à la pudeur. Jeudi, elle a été condamnée à une amende équivalant à 182 $ pour avoir été trouvée en possession d’un «objet incendiaire», soit une bombe de gaz-poivre.

Les manifestantes de mercredi ont grimpé sur la clôture entourant le ministère de la Justice, jusqu’à ce que des policiers les forcent à descendre pour les emmener à l’intérieur de l’édifice, tandis qu’une foule en colère, composée en majorité d’avocats venus travailler, se rassemblait autour.

«C’est contraire à notre religion», a déclaré Fatima Zahaouadi, une jeune femme portant la toge noire des avocats, mais sans foulard sur la tête. «Le fait que ces femmes enlèvent leurs vêtements pour défendre la liberté d’expression est contraire à notre religion et aux traditions arabo-musulmanes de la société tunisienne.»

La foule grandissante s’en est prise à des journalistes qui tentaient de couvrir l’événement, de même qu’à des avocats qui tentaient de protéger les journalistes. La police a arrêté plusieurs représentants des médias pour recueillir leurs déclarations en tant que témoins, avant de les libérer.

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