Les retombées des «moments» Duceppe et Péladeau

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Lorsqu’il a annoncé, le 21 janvier 2015, son désistement de la course à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée a expliqué qu’il avait constaté que le Parti voulait «vivre son moment PKP». Cette vision est devenue réalité le 15 mai dernier: Pierre Karl Péladeau a été élu, au premier tour de scrutin, huitième chef du PQ.

En étudiant les intentions de vote des Québécois en prévision de l’élection fédérale d’octobre prochain, Mario Beaulieu, chef du Bloc québécois, a conclu qu’il n’était pas l’homme du moment et que sa formation politique avait un urgent besoin d’un chef apte à faire élire davantage de candidats. D’où le retour en politique de Gilles Duceppe le 10 juin dernier.

Le point commun des «moments» PKP et Duceppe est que le nouveau chef du PQ et le nouveau (et ancien) chef du BQ veulent tous deux faire du débat sur le projet de souveraineté du Québec leur priorité.

Pour cela, ils n’auront pas de problème à reconstituer les forces traditionnelles de leurs partis en rappelant que, plus de 33 ans après le rapatriement de la Constitution canadienne, il n’y a aucun intérêt au Canada anglais pour obtenir l’adhésion de l’Assemblée nationale du Québec à la Loi constitutionnelle de 1982 et pour s’assurer que tous les textes de la Constitution soient disponibles en français.

Que nous le voulions ou non, les communautés francophones en situation minoritaire vont aussi faire partie de ce débat.

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Tant les Québécois fédéralistes que les Québécois souverainistes vont tenter de justifier une partie de leurs convictions politiques par l’état dans lequel se trouvent nos communautés. Depuis le premier référendum du Québec, on a fait du chemin. Comme nous avons notamment acquis notre indépendance scolaire, concrétisée par 28 conseils de langue française, répartis à l’extérieur du Québec, soit dans les neuf autres provinces et dans les trois territoires du pays, il ne sera plus adéquat de nous qualifier de «dead ducs».

La présente situation ne prive toutefois pas d’arguments les souverainistes. Pour mobiliser les militants et convaincre de nouveaux adhérents, ils pourront rappeler qu’en 2015, l’Ontario n’a pas encore le courage de concrétiser l’offre faite en 1971, lors des débats sur la Charte de Victoria, d’adhérer à des dispositions linguistiques constitutionnelles.

Ou encore, qu’il n’y a pas encore de volonté politique de mettre en œuvre la recommandation, faite le 14 février 1970 par la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme, visant à désigner officiellement bilingue le territoire de la capitale du Canada.

Plus on avance vers le 150e anniversaire de la fédération canadienne, plus nos dirigeants donnent l’impression qu’ils préfèrent une situation de crise pour agir avec fermeté… dans une direction ou dans l’autre.

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