Les parcs nous font beaucoup de bien

«La nature a des effets positifs sur la santé physique, mentale, sociale et spirituelle»

Paix et plein air sur la rivière Obabika à Temagami. (Photo: Goh Iromoto, Parcs Ontario)
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Se faire prescrire une promenade dans un parc par son médecin sera bientôt réalité. Et ce, grâce à une conscience de plus en plus aiguisée de l’impact positif de la nature sur la santé.

Le bien-être des parcs serait ainsi intimement lié à celui des populations.

Les preuves s’accumulent ces dernières années: les parcs ont un effet positif sur la santé humaine. «Les impacts sont à la fois préventifs et thérapeutiques», résume Ian Culbert, directeur général de l’Association canadienne de santé publique (ACSP).

Les bienfaits des parcs sur la santé sont prouvés. Randonnée près du lac Sharbot. (Photo: Evan Holt, Parcs Ontario)

La santé des parcs

«La nature a des effets positifs sur la santé physique, mentale, sociale et spirituelle», renchérit le responsable, dont l’organisation a tenu début mai à Ottawa un forum intitulé Santé des parcs, santé des populations.

Ian Culbert, directeur général de l’Association canadienne de santé publique.

Professionnels des parcs et loisirs, de la santé, chercheurs, responsables politiques, universitaires, ou encore étudiants se sont rassemblés pour discuter des études les plus récentes en la matière.

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Chúk Odenigbo faisait partie de la rencontre. Candidat au doctorat à l’Université d’Ottawa en géographie médicale, l’étudiant analyse la façon dont l’espace physique affecte la santé des êtres humains.

«C’était fascinant. Les échanges étaient très enrichissants. Certains ont avancé l’idée d’un cours sur le sujet à Thunder Bay. En Colombie-Britannique, ils travaillent sur un programme de prescription des parcs, avec lequel les patients obtiendraient des entrées gratuites.»

Hippocrate le comprenait

En sciences, la relation entre santé et nature n’est pas nouvelle, souligne Ian Culbert. «L’expression latine vis medicatrix naturae, qui signifie littéralement “le pouvoir guérisseur de la nature”, est attribuée à Hippocrate qui a vécu au 4e -5e siècle avant notre ère», rappelle-t-il.

Chuk Odenigbo, candidat au doctorat en géographie médicale à l’Université d’Ottawa.

Toutefois, au gré de l’urbanisation du monde, les populations se sont progressivement éloignées de cette nature bienfaitrice. Sans compter que les coûts médicaux augmentent.

Ces deux facteurs mènent vers une reconnaissance croissante, soutenue par des données scientifiques, du rôle à jouer par la nature dans la santé publique.

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Prévenir les maladies

«Cela coïncide avec la discussion actuelle sur le besoin de changer notre modèle de santé qui traite les maladies à un modèle qui les prévient. Le temps passé dans la nature va dans le sens de la prévention», soutient le directeur de l’ACSP.

Cette prise de conscience est en marche, comme en atteste la popularité grandissante du mouvement Santé des parcs, santé des populations, originaire d’Australie au début des années 2000.

Certes, le mouvement est encore jeune au Canada, la plupart des études sur le sujet provenant de pays comme la Suède, la Norvège, la Corée du Sud et l’Australie.

Ces travaux consolident tour à tour l’idée que les parcs sont essentiels à la santé: meilleure productivité, réduction du stress, prévention des maladies, amélioration de la guérison, lutte contre les effets cancérigènes de certaines substances…

Une sortie en famille dans un parc, un remède santé efficace! À la plage de Darlington. (Photo: Wayne Eardley, Parcs Ontario)

Les Canadiens choyés

Chanceux, le Canada possède un vaste système de parcs municipaux, provinciaux, territoriaux et fédéraux.

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«La simple existence de ces parcs a un impact positif sur notre santé en modérant les effets du climat, en soutenant la vie sauvage et en aidant à fournir de l’air pur et de l’eau», relève Ian Culbert.

Toutefois, avertit le spécialiste, les Canadiens doivent y passer le plus de temps possible pour espérer en récolter tous les bénéfices.

Le Jour de la santé des parcs en Ontario aura lieu le 19 juillet cette année. (Photo: Evan Holt, Parcs Ontario)

Le parc Algonquin, un «sanatorium»

L’Ontario fait ici figure de bon élève, étant la seule province à avoir intégré le mouvement de façon officielle depuis 2013. «Le but est de sensibiliser les gens sur les bénéfices des parcs et de les encourager à améliorer leur santé», explique Sarah McMichael, spécialiste du développement de marchés à Parcs Ontario.

Cette dernière indique que la santé a toujours été au cœur du mandat des parcs provinciaux, dès 1893 avec la création du parc Algonquin établi comme «sanatorium».

Pour la première fois en 2015, le troisième vendredi de juillet est devenu en Ontario le Jour de la santé des parcs, santé des populations, offrant un accès gratuit à tous les parcs de la province.

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«Plus de 110 000 personnes ont visité les parcs ce jour-là», détaille l’agente. «Chaque année, de plus en plus de gens en parlent.» Les responsables publics des autres provinces suivront-ils la tendance?

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