Les jeunes, l’IA et les réseaux sociaux au cœur des débats du congrès libéral

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Les débats lors des votes sur des politiques du Parti libéral du Canada se sont surtout centrés sur les jeunes face à l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux. Photo: Inès Lombardo, Francopresse
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Publié 14/04/2026 par Inès Lombardo

Lors du congrès du Parti libéral du Canada, qui s’est majoritairement déroulé en anglais à Montréal du 9 au 11 avril, les débats les plus marquants entre les membres ont porté sur la restriction de l’accès à l’intelligence artificielle pour les jeunes et leur protection sur les réseaux sociaux.

Le Congrès libéral a accueilli plus de 4500 membres, selon l’organisation du parti. Bien que l’évènement se soit déroulé à Montréal, au Québec, la plupart des membres et des bénévoles parlaient uniquement anglais. La majorité des discussions et panels se sont tenus dans cette langue. La traduction simultanée était toutefois accessible aux membres dans les deux langues.

Les exceptions sont survenues lors du panel sur la protection de la culture et de la langue française et lorsque des députés plus connus pour défendre la francophonie se sont exprimés, comme Mona Fortier, Steven MacKinnon, Ginette Lavack et Guillaume Deschênes-Thériault.

Votes sur les politiques du parti

Les votes sur les politiques du parti ont créé les moments forts du congrès, samedi matin.

Des propositions qui concernaient la réforme du mode de scrutin et l’encadrement de l’utilisation de la disposition de dérogation de la constitution ont été rejetées.

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Les débats les plus vifs ont été provoqués par des propositions pour restreindre l’accès à l’intelligence artificielle et aux robots conversationnels pour les enfants et les adolescents ainsi que pour protéger les jeunes sur les réseaux sociaux.

À quoi mènent les résolutions? Les résolutions votées lors du congrès d’un parti politique ne sont généralement pas contraignantes. La direction du parti – soit le conseil des ministres et le premier ministre – n’est pas forcée de présenter des projets de loi sur les résolutions adoptées. Elles indiquent tout de même les enjeux qui préoccupent les membres du parti et la direction qu’ils souhaitent prendre.

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L’IA inquiète beaucoup de monde. Photo: iStock.com/quantic69

«Terrifiée» devant l’IA

Proposée par le Parti libéral du Québec, la motion qui vise à restreindre l’accès à l’intelligence artificielle et aux robots conversationnels pour les enfants et les adolescents a été adoptée à 411 votes pour et 315 contre.

Elle invite notamment le Parli libéral au pouvoir à restreindre l’âge d’accès aux agents conversationnels à 16 ans. L’accès aux conversations en ligne avec des intelligences artificielles serait toutefois permis pour des services en ligne, comme pour des compagnies aériennes ou pour rediriger un client vers le bon service d’une entreprise, par exemple.

«L’IA, c’est le wild west» a fait remarquer une jeune femme du Nouveau-Brunswick, lors du débat. «Je suis très inquiète de mes contemporains qui sont censés être le futur de notre pays. Je suis même terrifiée. J’ai vu les impacts des étudiants au secondaire, qui n’apprennent pas comment faire des recherches à part sur l’IA. Ça a un impact sur l’esprit critique. Je pense qu’il faut d’abord que les enfants travaillent leur esprit critique avant d’utiliser l’IA.»

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Une autre jeune membre libérale s’est opposée à la restriction, en affirmant que l’IA avait un rôle à jouer dans les études et l’apprentissage. Une autre encore a affirmé que la motion réduisait au silence les plus vulnérables en bannissant l’accès à l’IA aveuglément.

Dans son discours de fin de congrès, samedi, Mark Carney a tenté de présenter l’IA comme un outil incontournable pour le parti, et plus largement pour le gouvernement, afin de parvenir à ses buts principaux plus efficacement.

Selon le premier ministre, l’IA doit servir toute la population canadienne et ne pas profiter à seulement quelques personnes.

Inquiets des réseaux sociaux

L’autre motion du Parti libéral du Québec a nécessité un débat avant d’être finalement adoptée par environ les deux tiers des membres. Elle visait la protection des jeunes Canadiens «contre les dangers des médias sociaux», selon l’intitulé.

Un enseignant de Montréal, le deuxième qui a donné son point de vue en français sur les 24 politiques votées, a fait valoir que cette motion aiderait vraiment les enseignants. «Au Québec, il n’y a plus de cellulaires dans les écoles», a-t-il rappelé, en soulignant qu’il voyait des résultats positifs depuis l’interdiction.

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Les voix contre se sont dites inquiètes du processus de vérification de l’identité employé par les plateformes en ligne, entre autres. «On ne sait pas encore à quoi ça ressemble», a averti un membre.

Une autre a suscité l’indignation en affirmant qu’il n’y avait «pas de corrélation entre les médias sociaux et la santé mentale».

Autres résolutions adoptées par les libéraux:

• Affirmer la reconnaissance des droits autochtones et faire avancer la réconciliation.

• Remédier à la pénurie de professionnels de la santé au Canada en reconnaissant les titres de compétences étrangers.

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• Résolution pour majorer et indexer la déduction pour les habitants de régions éloignées.

• Vieillir chez soi : le rôle des municipalités.

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Mark Carney a demandé à ses troupes de rester «unies» face à un ordre mondial «en train de s’effondrer». Photo: Inès Lombardo, Francopresse

Une «société juste» en rupture avec les États-Unis

Le discours de clôture de Mark Carney, prononcé en français environ à 30%, s’est concentré sur l’unité du Canada.

Le premier ministre a évoqué une «trahison» de la part des États-Unis. «Bon nombre de nos anciennes forces, qui reposaient sur nos liens étroits avec les États-Unis, sont devenues nos faiblesses. […] Et si nous avons dépassé le choc initial de cette trahison, nous ne devons jamais en oublier les leçons.»

Mark Carney a insisté sur le fait que le temps où le Canada envoyait aux États-Unis 70 cents par dollar investi pour la défense était «terminé».

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Le premier ministre a aussi illustré l’unité canadienne à travers les moments les plus difficiles de l’histoire du pays, une référence appuyée à la tuerie récente de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique. «C’est ça, le Canada: se soutenir les uns les autres et se tenir ensemble lorsque ça devient difficile, pour que ce soit meilleur. Je suis là avec vous, tout comme le nouveau gouvernement du Canada.»

«Les Canadiens ont été appelés à servir. Non pas contre quelque chose, pour quelque chose. Pour chacun de nous», a énoncé le premier ministre.

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