Les Inuits veulent créer un gouvernement dans le Grand Nord

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QUÉBEC (PC) – Ce n’est pas la souveraineté, mais c’est certainement un pas important vers une plus grande autonomie qui sera bientôt franchi par les Inuits du Nunavik, ce vaste territoire nordique qui englobe le tiers du Québec.

Selon ce qu’a appris la Presse canadienne, le gouvernement régional du Nunavik verra le jour, sur papier du moins, en septembre, en vertu d’une entente de principe tripartite signée entre Québec, Ottawa et la société Makivik, qui gère différentes institutions inuites.

La nouvelle appellation ne sera pas que symbolique, assurent les parties en cause, les Inuits étant assurés d’avoir accès à davantage de leviers pour gérer leurs affaires et leur territoire, créant ainsi un précédent en milieu autochtone.

Différents pouvoirs – qu’il reste à négocier dans la deuxième phase des négociations – leur seront donc dévolus.

À terme, d’ici quelques années, le gouvernement du Nunavik – le «Nunavimmiut Aquvvinga» – devrait être habilité à percevoir des taxes et des impôts, de même que contracter des prêts, voire adopter des lois.

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La naissance du gouvernement régional du Nunavik devait être officialisée les 23 et 24 août, à l’occasion du forum organisé à Kuujjuaq et présidé par le premier ministre Jean Charest, mais le gouvernement fédéral a retardé le processus, le cabinet n’ayant pas encore approuvé officiellement l’entente.

Dans un premier temps, l’entente consistera à fusionner sous une même administration les principales institutions qui fournissent des services aux populations des 14 villages inuits – l’administration régionale Kativik, la commission scolaire Kativik et la Régie régionale de la santé du Nunavik – de même qu’à installer la nouvelle administration gouvernementale formée d’élus.

Mais dans l’esprit de Québec et des Inuits, ce n’est qu’une étape vers une délégation de pouvoirs bien plus engageante. «Ce ne sera pas seulement symbolique. Au contraire, on se dirige vraiment vers un gouvernement régional au Nunavik qui va être bien structuré avec un certain nombre de pouvoirs qui lui seront dévolus», a expliqué en entrevue le ministre des Affaires autochtones, Benoît Pelletier.

«C’est une étape importante», après 30 ans de négociation, a renchéri dimanche l’avocat principal de la société Makivik, Me Jean-François Harteau.

Le gouvernement sera dirigé par un «leader», qui risque d’avoir plus de pouvoirs qu’un maire, mais bien moins qu’un premier ministre provincial.

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Car la création du gouvernement régional du Nunavik ne doit pas être assimilée à un troisième ordre de gouvernement, a nuancé M. Pelletier. «Ce sera un territoire à l’intérieur d’une province», explique de son côté Me Harteau.

Surtout, il est clair dans l’esprit de tous que cette nouvelle forme de gouvernance ne menace d’aucune façon l’intégrité territoriale du Québec. De plus, le Nunavik demeurera subordonné à l’Assemblée nationale et à la Chambre des communes. De même, les chartes des droits, fédérale et provinciale, continueront de s’appliquer au nord du 55e parallèle.

L’Assemblée du Nunavik sera formée de 21 membres, soit le leader, les 14 maires des villages du territoire, plus cinq membres élus au suffrage universel – sorte de «ministres» avec des portefeuilles – et le chef des Naskapis, eux aussi présents sur le territoire.

Il ne s’agit donc pas d’un gouvernement ethnique, car il devra composer avec la présence de Cris, de Naskapis et de Blancs. Les villages où habitent, au total, à peine 11 000 personnes, seront donc sous l’autorité du gouvernement régional.

Pour éviter toute confusion, Québec a insisté pour que le mot «régional» vienne adoucir en quelque sorte l’apellation prévue, soit «gouvernement du Nunavik».

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L’entente de principe a été paraphée par les négociateurs des trois parties le 9 août dernier et l’entente finale devrait être conclue dans les mois à venir. Un référendum suivra pour consulter la population, avant d’entreprendre la deuxième phase des négociations. Devra suivre également le choix de la capitale, qui pourrait être Kuujjuaq, le village le plus important du territoire.

C’est d’ailleurs là qu’aura lieu les 23 et 24 août un forum au cours duquel Québec déliera les cordons de sa bourse pour améliorer les conditions de vie des Inuits.

La deuxième journée du forum – auquel participeront la majorité des membres du conseil des ministres – sera consacré au sort réservé aux enfants, pour donner suite au rapport accablant de la Commisison des droits de la personne et de la jeunesse rendu public en juin. Au Nunavik, près de la moité de la population a moins de 18 ans.

Un effort particulier sera aussi fait pour améliorer les conditions d’habitation des Inuits.

Éventuellement, l’entente avec les Inuits pourrait faire boule de neige. Car le gouvernement du Québec «aimerait beaucoup» que ce précédent serve de modèle ou de référence quant à la dévolution de pouvoirs octroyés aux autres communautés autochtones, a indiqué le ministre Pelletier.

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