Les grands airs de la Renaissance

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La période qui commence au XIVe siècle et se termine vers la fin du XVIe siècle est marquée par un grand renouveau, dans le domaine des arts en particulier, qui est caractérisée d’une manière générale par le mot Renaissance.

Ce mouvement de Rinascimento fait état de la transition entre la période médiévale et la période moderne dans laquelle il s’inscrit, se développe et s’épanouit pour gagner toute l’Europe à partir de son point de départ en Italie. On parle de Renaissance artistique car les œuvres alors produites ne tirent plus leur inspiration du Moyen Âge mais de l’Antiquité gréco-romaine, qui renaît ainsi à la vie.

Ce renouvellement artistique se caractérise par un abandon des thèmes classiques et religieux au profit de représentations profanes, de scènes de la vie ordinaire dans l’art pictural, et dans le passage des chants religieux aux chants profanes, l’Ars nova (art nouveau) remplace l’Ars antiqua (art ancien), pour désigner généralement l’ensemble de la musique polyphonique qui se fait jour au XIVe siècle.

Le madrigal

Apparaît ainsi, en ce XIVe siècle, le madrigal. On désigne par ce mot un genre de musique vocale polyphonique originaire d’Italie. Dans sa Summa Artis Rithimici Vulgaris Dictamini, 1332, le poète Antonio da Tempo mentionne une forme métrique simple appelée madrigal, sans ritournelle, et formée de 2 à 4 tercets (trois vers).

La musique du madrigal comporte trois phrases différentes (une pour chaque vers), reprises dans chaque tercet et une section différente pour le refrain terminal comptant un ou deux vers.

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Les poèmes sont mis en musique par des compositeurs italiens comme Johannes de Florentia, auteur de 16 madrigaux à 2 voix et 3 caccie, des pièces à 3 voix, Jacopo da Bologna, Magister Piero.

L’origine du terme madrigal reste toujours incertaine. Le mot dériverait d’une déformation de cantus materialis par opposition à cantus spiritualis, le profane opposé au religieux. Ou il proviendrait de mandra, bergerie, d’où les Italiens auraient tiré mandriale, berger ou madrigale, chant des bergers. Si le mot vint de l’espagnol madrugar, se lever de bon matin, madrigal signifierait chant du matin, comme sérénade, chant du soir.

Le madrigal du XVIe siècle

Au début du XVe siècle, le madrigal semble avoir disparu de la scène musicale, mais la fin du siècle voit une floraison de formes musicales, dont une est appelée de nouveau madrigal. Et c’est au XVIe siècle que le madrigal prospère sous une forme différente de celle du XIVe siècle.

Sans entrer dans des détails assez complexes sur le plan musical, deux caractéristiques principales le concernent: une grande attention portée à des textes poétiques de qualité, comme ceux de Pétrarque, et la mise en valeur de leurs éléments lexicaux par la musique. Cette relation entre musique et texte est un élément majeur de la grande vogue que connaît alors le madrigal.

Un premier livre de madrigaux paraît à Rome en 1530. Il sera suivi de nombreux autres. Le compositeur français Philippe Verdelot se révèle un des grands maîtres du genre, publiant deux livres de madrigaux à quatre voix (1533 et 1534) ainsi que des madrigaux pour 5 et 6 voix en 1541. Son compatriote Jacques Arcadelt, dans son livre de 1535, attache un soin particulier à adapter le rythme musical aux besoins de la prononciation du texte.

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Hors d’Italie

Et le madrigal sort de l’Italie pour gagner l’Allemagne, avec notamment Roland de Lassus (1532-1594) à la cour d’Albert V de Bavière (Munich). Heinrich Schütz (1585-1672) l’ a imité à la cour de Dresde, avec ses Italienische Madrigale.

C’est Alfonso Ferrabosco le Vieux (1543-1588) qui a introduit avec succès les madrigaux à la cour d’Élisabeth 1re. Le madrigal anglais a prospéré de 1593 à 1622, donc d’Élisabeth 1re d’Angleterre (1533-1603) à Jacques Ier d’Angleterre (1603-1625).

La liste des musiciens anglais qui ont publié des livres de madrigaux est longue. D’aucuns estiment cependant que «les musiciens anglais ont pris de telles libertés avec le genre italien qu’il serait plus correct de parler de style madrigalesque anglais».

John Farmer

Parmi tous ces compositeurs anglais, il en est un dont on célèbre cette année le 450e anniversaire de naissance, John Farmer.

On ne connaît pas son année exacte de naissance, mais l’année 1565 a été choisie pour commémorer son anniversaire. Il était compositeur de l’École anglaise de madrigaux et placé sous le patronage d’Edward de Vere, 17e comte d’Oxford (1550-1604), auquel il a dédicacé son livre de madrigaux.

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En 1595 il est nommé organiste et maître de chapelle de la cathédrale de la Sainte-Trinité et organiste de la cathédrale Saint-Patrick de Dublin. En 1599, il se rend à Londres où il publie des madrigaux à quatre voix, dont le plus célèbre est Fair Phyllis, une histoire d’amour entre une bergère et un berger.

Fair Nymphs, I Heard One Telling, A Pretty Little Bonny Lass, Take Time While Time Doth Last sont d’autres de ses madrigaux. Il est mort à Londres vers 1601.

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