Les fondements de la crise des prix alimentaires


15 avril 2008 à 22h03

Nous assistons depuis quelques semaines à ce qu’on pourrait considérer comme une nouvelle crise alimentaire, une crise d’un nouveau genre.

Vous vous souvenez sans doute de ces images d’Éthiopie dans les années 80, de ces enfants, femmes et hommes, affamés, assoiffés, amaigris, sous un soleil de plomb… Des milliers de morts dans un pays assiégé par la sécheresse et la famine. Aujourd’hui, la crise qui secoue des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine n’est pas provoquée par un manque de nourriture et de ressources, comme l’Éthiopie des années 80.

Non, cette nouvelle crise puise sa source dans les aléas du marché, dans la fluctuation des prix. Les aliments et les produits agricoles coûtent aujourd’hui trop cher. Depuis trois ans, selon la Banque mondiale, les prix des aliments ont grimpé de 83%, une hausse franchement dramatique. Le maïs, le blé, les huiles, le riz, et j’en passe, des biens de première nécessité, des denrées de base sont en proie à une poussée inflationniste qui affecte d’abord et avant tout les plus démunis de la planète.

Bien sûr, la croissance démographique mondiale explique une partie de ce phénomène. La demande des pays émergents, en fort développement, soutient également cette croissance des prix. Mais, il y a deux facteurs aggravants: la spéculation et l’éthanol.

Tous les jours, des milliards de dollars en contrats financiers sur les denrées alimentaires s’échangent dans le monde. Les marchés savent que la demande pour les ressources et les denrées va continuer de grimper. Et, ils misent fortement et avec enthousiasme sur ces produits, alimentant une fièvre spéculative malsaine et dommageable.

Puis, les agriculteurs américains et le gouvernement Bush ont fortement misé dans les dernières années sur le développement de la filière de l’éthanol. Non seulement ce biocarburant n’améliore pas le bilan environnemental des États-Unis et de la planète, mais en plus il détourne la denrée qu’est le maïs de sa fonction première qui est celle de nourrir des humains.

Aujourd’hui, près de 20% de la production céréalière aux États-Unis est consacrée aux biocarburants.

L’AMF dit oui

L’Autorité des marchés financiers du Québec a donné son aval à la vente de la Bourse de Montréal au Groupe TSX, propriétaire de la Bourse de Toronto, sans exiger de nouvelles conditions.

L’AMF, l’équivalent de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, a entendu plusieurs personnalités économiques en mars à propos de cette transaction. La plupart se sont montrées favorables à l’acquisition, en autant que Montréal demeure le pivot central du marché des produits dérivés au Canada.

La nouvelle entité se nommera Groupe TMX et 25% des administrateurs devront résider au Québec. L’AMF affirme qu’il est préférable de faire confiance à des engagements généraux du Groupe qu’à des conditions détaillées qui pourraient nuire à la flexibilité de la nouvelle société.

Investisseurs furieux

Les petits investisseurs, qui ont misé sur le papier commercial, ont exprimé leur frustration jeudi dernier devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes à Ottawa.

Une demi-douzaine d’entre eux sont venus dire qu’ils se sont sentis floués par les institutions financières qui leur ont proposé ces produits complexes et qui leur ont promis sécurité et rendement. Au total, au Canada 1 800 individus ont investi 320 millions de dollars dans du papier commercial.

Votre café, plus cher…

Avec la hausse des prix alimentaires, votre café coûte plus cher aussi! La chaîne de restauration Tim Hortons a décidé, en tout cas, de refiler à ses consommateurs le prix plus élevé du café, qui fracasse des records depuis le début de l’année à près de 3 000 dollars la tonne.

Le prix d’un café format moyen coûte donc 5 cents de plus à 1,22 $ avant, une majoration de plus de 4%.

Gérald Fillion est journaliste spécialisé en économie à Radio-Canada. Consultez son carnet: www.radio-canada.ca/carnet.

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