Les droits linguistiques selon Henri Bourassa

Henri Bourassa.
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«Nous maintiendrons sans faiblesse (dans l’ouverture aux autres) les droits de la population française de ce pays… garantis par les traités et les constitutions.» C’est ce qu’Henri Bourassa écrit le 1er avril 1895 dans le premier numéro du journal Le Ralliement (Clarence Creek, Ontario), publication appartenant à une société composée de plusieurs citoyens des comtés de Labelle, au Québec, et de Russell, en Ontario.

C’est à ce journal ainsi qu’auparavant, au journal L’Interprète (Montebello), un hebdomadaire créé en 1886, également voué aux intérêts de Labelle et des Franco-Ontariens, que le futur fondateur du quotidien Le Devoir acquiert les rudiments d’un métier qui le rendra célèbre.

Devenu plus tard député à Ottawa, puis à Québec, cet homme a marqué le début du XXe siècle canadien de sa personnalité controversée et de ses actions audacieuses. Dans un volume de 570 pages, l’historien Réal Bélanger nous révèle les multiples étapes de cette vie mouvementée, de sa naissance en 1868 au déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914.

Réfractaire aux lignes partisanes obligées des partis politiques, Henri Bourassa symbolise l’indépendance en politique. Il s’est confié une mission: former une opinion publique saine pour contrer les effets du bipartisme rigide et de la corruption qui en découle. Défenseur vigoureux du nationalisme canadien en lutte contre l’impérialisme britannique, cet orateur exceptionnel a fait courir les foules au Québec tout en suscitant les interrogations et les inquiétudes au Canada anglais. Le destin fascinant de cet homme libre se déploie pendant la phase la plus décisive et la plus déterminante de sa vie publique.

Le discours prononcé par Bourassa le 28 juin 1912, au premier congrès de la langue française au Canada, est encore très d’actualité:

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«Avons-nous, au Canada, le droit légal, le droit constitutionnel, d’exiger la conservation et la propagation de la langue française dans toute l’étendue de la Confédération canadienne?… Pour tout ce qui concerne les lois et l’administration fédérales, le principe de l’égalité absolue des deux langues est reconnu en toutes lettres ; et cela suffit. En effet, si la loi reconnaît le principe, le bon sens autant que la justice disent que ce principe doit recevoir la sanction de tous les moyens propres à en assurer l’application…»

«Si les deux langues sont officielles… ces langues ont le droit de coexister partout où le peuple canadien manifeste sa vie publique: … dans l’école, dans les Parlements, devant les tribunaux, et dans tous les services publics. Si elles ont le droit d’exister, chacune d’elles a le droit de demander à l’État, quel qu’il soit, fédéral, provincial ou municipal, … la reconnaissance complète et absolue de la coexistence et de l’égalité des deux langues.»

Réal Bélanger est docteur en histoire politique canadienne et québécoise. Professeur retraité du département d’histoire de l’Université Laval, il est co-directeur du Dictionnaire biographique du Canada depuis 1998.

Henri Bourassa: le fascinant destin d’un homme libre est disponible au prix de 49.95 $ aux Presses de l’Université Laval.

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