Les collectivités francophones: une source de prospérité


20 février 2006 à 17h04

Les collectivités francophones à travers le Canada sont une source de prospérité pour notre pays. Conséquemment, les partis politiques devraient adopter des mesures pour assurer et soutenir leur plein développement. Tel est le principal message que la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) délivrera aux partis politiques fédéraux durant cette campagne électorale.

La composante économique sera à l’avant-plan de l’agenda francophone. «Les communautés francophones et acadienne constituent une richesse économique, sociale et culturelle fondamentale pour notre pays, fait valoir Jean-Guy Rioux, président de la FCFA. Nous entendons travailler auprès de tous les partis politiques pour qu’ils intègrent à leur plate-forme non seulement une reconnaissance de cette richesse, mais des mesures concrètes pour assurer sa mise en œuvre.»

L’argumentation de la FCFA s’articule autour de deux principaux constats: le gouvernement a le devoir d’assurer la pleine participation de toutes les composantes de la société canadienne à l’essor économique du pays et les communautés francophones sont des lieux d’innovation et d’expérimentation sociale où les gens travaillent ensemble pour favoriser la croissance collective.

«On veut que les partis politiques s’engagent à nous aider à soutenir cette prospérité dans nos communautés en investissant les sommes nécessaires pour continuer notre travail», résume Jean-Guy Rioux.

Les communautés francophones attendent toujours de recevoir les 18 millions $ supplémentaires demandés pour assurer leur développement. Le gouvernement libéral n’avait pas dit non à la demande, mais n’a pas dit oui non plus. Au moment du déclenchement des élections, la demande était rendue au cabinet, laisse entendre M. Rioux.

Simon Lalande, président nouvellement élu de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), abonde dans le même sens. «On veut un financement équitable. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans nos communautés, mais on n’est pas en mesure de faire le développement nécessaire. On est en mode survie avec le‑financement actuel. Mais on veut commencer maintenant à faire du développement. Il faut donc obtenir une majoration des fonds.» L’AFO travaillera de concert avec la FCFA tout au long de la campagne pour faire pression sur les candidats aux élections fédérales.

Pour appuyer leur demande d’investissement, les représentants de la FCFA feront également valoir que le vote francophone peut faire la différence dans 25 à 40 circons-criptions hors-Québec.

La FCFA misera également sur deux autres thèmes: la dualité linguistique et l’importance de la francophonie internationale. Pierre angulaire de l’identité canadienne, le bilinguisme vit grandement grâce aux communautés francophones hors Québec, souligne la FCFA. «Les collectivités francophones en milieu minoritaire sont la manifestation vivante de la dualité linguistique au Canada, précise Jean-Guy Rioux. Elles constituent de ce fait un facteur fondamental de l’identité de notre pays, en plus de contribuer à sa cohésion sociale.» C’est ce qui nous différencie des États-Unis, ajoute-t-il, et donc mérite attention et investissement de la part d’Ot-tawa.

Le Canada fait partie de la francophonie grâce à la présence des collectivités francophones hors Québec, ajoute le président de la FCFA. Il revient donc à ces collectivités d’occuper une place de choix dans les activités de la francophonie internationale.

«Nous avons développé notre expertise et nos institutions et nous sommes prêts à faire connaître et à partager ses réalisations et ses succès que nous avons eu dans nos communautés à travers le monde.»

Quel parti répond le mieux aux demandes des francophones?

«C’est sûr qu’avec les libéraux, ce sera plus facile», admet Jean-Guy Rioux, en spécifiant que le parti a déjà été sensibilisé à la demande d’augmentation de l’enveloppe consacrée aux communautés francophones. Mais la FCFA ne recommandera pas à ses membres de voter pour un parti en particulier. «Ce qui est important pour nous, c’est de faire connaître aux partis politiques quels sont nos enjeux, nos besoins, nos réalités […] Et de faire connaître à nos communautés comment les partis politiques réagissent à ce qu’on leur demande.»

Des pressions ont été faites auprès du Parti conservateur pour qu’il adopte des positions plus favorables aux francophones et à la protection du bilinguisme canadien, efforts qui ont porté fruit selon Jean-Guy Rioux. «C’est notamment grâce à ces pressions que le Parti conservateur ne s’est pas opposé au projet S-3 sur les Langues officielles.»

La FCFA soumettra dans les prochaines semaines une liste de questions aux partis politiques en lice pour pouvoir connaître précisément leurs positions sur une série d’enjeux francophones.

«On veut être présent auprès des médias et des partis politiques dans chaque région, conclut Jean-Guy Rioux. On développe des stratégies pour que chaque communauté fasse part de ses besoins, de ses réalités et de ses nécessités de financement. On veut maintenir nos réalités à l’avant-plan pour que nos enjeux deviennent incontournables pour les partis politiques et pour qu’ils ne nous oublient pas.»

L’organisme semble être bien décidé à jouer un rôle des plus actifs dans cette élection. La question des langues officielles et de la promotion du bilinguisme n’ont toutefois toujours pas fait leur apparition dans la campagne.

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