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L’incroyable histoire d’une Autochtone en France

Après 10 ans de vie en forêt, Marie-Angélique le Blanc a fait sensation en réapprenant le français

Une bande dessinée raconte l'histoire de Marie-Angélique le Blanc.
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Dans l’immense Nouvelle-France du 18e siècle, une enfant autochtone prisonnière de guerre est recueillie par une famille bourgeoise française de Québec, les Courtemanche.

La famille traverse l’Atlantique et arrive en pleine épidémie de peste en France, à Marseille, où la jeune fille est confiée à un marchand de soie, qu’elle finira par fuir.

Elle traverse le pays et survit dans une forêt au Nord de la France pendant dix ans. Quand elle est capturée par des villageois, elle aurait 19 ans.

C’est l’histoire sensationnelle de Marie-Angélique le Blanc – bien connue en France, mais pas chez nous – racontée par Danièle Caloz, de la Société d’Histoire de Toronto (SHT), la semaine dernière à l’Alliance francaise.

Danièle Caloz raconte l’histoire de Marie-Angelique le Blanc, l’enfant sauvage venue de la Nouvelle-France qui voulait devenir religieuse en France.

Un récit franco-canadien

«C’est un de nos collègues, le président de la Société d’Histoire de Châlons-en-Champagne, en France, qui a demandé à Danièle Caloz si elle connaissait l’histoire de Marie-Angélique le Blanc», explique Lisette Mallet, présidente de la SHT.

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«C’est un sujet qui nous a tout de suite parlé, puisqu’il touche notre histoire francophone au Canada.»

L’autre esclavage

Danièle Caloz évoque un moment de l’histoire où les Pays d’en Haut (l’Ontario d’aujourd’hui) sont le théâtre d’affrontements entre la France et certaines nations autochtones, dont les Mesquakies («Renards») . Cette nation du Wisconsin est décimée, et leurs survivants, femmes et enfants, sont capturés.

En 2004, l’historien québécois Marcel Trudel publie une recherche qui inventorie entre 1671 et 1834 environ 4234 esclaves en Nouvelle-France. «Le tiers sont des Africains qui proviennent des colonnies voisines et les autres sont des Autochtones.»

«Marcel Trudel nous ouvre les yeux sur ce qu’on appelle l’autre esclavage», précise Daniel Caloz.

Environ 4000 personnes, aujourd’hui éparpillés dans quelques réserves du Mid-Ouest américain, seraient des descendants de la nation de Marie-Angélique le Blanc.

Un mystère pendant 240 ans

En 1731, alors qu’elle sort des bois de Songy (Nord-Est de la France) où elle vivait à l’état sauvage depuis 10 ans, Marie-Angélique le Blanc est capturée par les villageois de la région.

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Au 18e siècle, les spéculations sur ses origines vont bon train. 240 ans plus tard, l’écrivain Serge Aroles fera la lumière sur les origines canadiennes de la jeune miraculée.

Aroles s’intéresse au cas des enfants-loup. C’est lui qui découvre une rature suspecte sur le certificat de baptême de Marie-Angélique ou il est inscrit «11 ans» . Au moment de sa capture à Songy, elle avait en réalité 19 ans.

Cette mise à jour permet au chercheur de retracer et d’authentifier le parcours de la jeune fille avant son arrivée en France.

Le public était venu nombreux assister à la conférence de la SHT.

Marie-Angélique, l’immaculée

Cette affaire a longtemps été utilisée par l’Église à des fins de propagande, car elle démontrait qu’il devenait possible de convertir les «sauvages» des Amériques.

D’ailleurs, le nom donné à la jeune fille représentait une conversion: «Marie-Angélique le Blanc» en signe de pureté. Par la suite, elle a reçu une éducation religieuse et le soutien financier de plusieurs aristocrates qui lui versaient des pensions.

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Toutefois, personne n’a pris au sérieux son souhait de devenir religieuse et d’enseigner dans un couvent.

Ni humaine, ni animal

Marie-Catherine Hecquet (1686-1764) et Charles-Marie de La Condamine (1701-1774), à qui on doit la première biographie officielle de Marie-Anglique le Blanc, ont été fascinés par la combativité et la résilience de la jeune femme.

Les scientifiques de l’époque étaient impressionnés par ses capacités intellectuelles, car c’est le seul cas d’enfant sauvage ayant retrouvé ses facultés langagière de retour à la civilisation.

Malgré son statut de dame du monde en fin de vie (elle serait morte empoisonnée à 63 ans par un bourgeois qui lui devait de l’argent!), elle ne fut jamais réellement considérée comme un être humain à part entière.

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