Les artistes sont souvent fascinés par les animaux

Animaux rentrant dans l'arche de Noé. Vers 1410.
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De nombreux médias d’information se sont intéressés aux animaux dans l’art, aux représentations animalières et à l’art rupestre. Même sous Wikipédia, on trouve une liste de peintres qui, à un moment donné ou à un autre, se sont illustrés par des représentations d’animaux dans leurs œuvres.

Les techniques utilisées sont également présentées et elles varient selon les peintres: peintures sur bois, sur cuir, sur os, aquarelles, gravures sur bois ou sur métal, pentures sur toile, chacun a ses préférences.

Une question

Mais il est une question à laquelle tous ces articles ne répondent pas: pourquoi ces peintres s’intéressent-ils tellement aux animaux?

Cette question est pourtant très intéressante, car une réponse nous livre ce que pensaient consciemment ou inconsciemment les peintres auteurs de ces œuvres. Habituellement ils ne s’expliquent pas sur les raisons de leur travail.

Oiseaux par Vinciane Despret, vers 2018-19.

Albrecht Dürer

Dürer, avec son célèbre rhinocéros, nous donne un exemple concret de ce que peut nous révéler une réponse à la question qui précède.

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Dürer Albrecht (1471-1528) est un graveur et peintre allemand, auteur de nombreux tableaux ou gravures, dont un très célèbre rhinocéros, une gravure sur bois datée de 1515.

Cette représentation repose sur une description écrite et un croquis d’un artiste inconnu, d’un animal arrivé antérieurement vivant à Lisbonne. C’était une première en Europe.

Le célèbre Rhinocéros de Dürer.

Dürer n’a jamais vu ce rhinocéros, mais sa gravure est devenue très populaire en Europe, cet animal y étant inconnu. Malgré des inexactitudes anatomiques, cette gravure a été copiée et recopiée très souvent.

Pourquoi Dürer a-t-il réalisé cette gravure? Sans doute pour affirmer son originalité avec un sujet inconnu et du même coup sa célébrité du moment et de l’avenir avec la gravure d’un animal sauvage que personne ne connaissait.

Analyse psychologique

On pourrait faire une analyse psychologique semblable des réalisations artistiques d’attires peints. Des animaux domestiques travaillant dans le domaine agricole manifestent de la part du peintre un sens d’insertion sociale dans un univers très actif important qui suscite une réussite sociale.

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Un animal familier comme un chien peut avoir plusieurs significations. Il peut traduire la relation «affective» du peintre avec son animal favori ou exprimer l’importance qu’il attache à la présence d’un tel animal dans un milieu familial avec lequel il est en relation.

Chien et chaton, photo d’art non datée.

Dans ce cas, la place d’un chat, par exemple, est significative de l’importance psychologique de celui-ci pour le placer au premier plan, ou au deuxième plan, plus ou moins masqué par des sujets occupant un tableau. C’est une autre source de réflexion que la place tenue par cet animal familier.

Un animal seul veut certainement traduire de la part du peintre ce qu’il pense ou ressent envers un animal de compagnie.

Inspiration

Dire que «l’animal a toujours représenté pour l’homme une source d’inspiration féconde dans le domaine artistique» (Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2018) est une formule attrayante, mais qui n’explique pas le comportement psychologique des peintres à la source de cette inspiration.

On pourra appliquer ce genre de réflexion psychologique à tous les tableaux reproduisant des animaux sauvages, domestiques ou familiers pour découvrir les motifs de l’artiste.du peintre.

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Cheval rouge et bleu de Franz Marc (1912).

Représentations

De tout temps, l’animal a été représenté dans le domaine artistique. «Cet art nécessite une observation patiente et sensible afin de saisir la justesse des formes et des postures et faire en sorte de «déceler l’âme animale» (Les représentations plastiques de l’animal, Claude-Georges Mallet).

Dans la hiérarchie des genres «celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que celui qui représente des choses mortes et sans mouvement.» (Conférences de l’Académie, André Félibien, 1667),

Mais c’est oublier la relation du peintre avec l’animal ou l’intérêt qu’il entrevoit dans sa représentation qu’il faut souligner et mettre en évidence. Jusqu’à présent, les critiques d’art ou les commentateurs semblent avoir oublié cet aspect pourtant essentiel.

Relief en bois de Dieter Aschenborn.

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