Actuellement, plus de 100 millions d’enfants dans le monde, dont les deux tiers des filles, ne vont pas à l’école. Pourtant, l’éducation de base est une clé. Il s’agit du meilleur investissement qu’un pays puisse faire pour se sortir du cercle vicieux de l’extrême pauvreté et du sous développement. L’éducation universelle primaire, «l’éducation pour tous» est de surcroît un élément essentiel des Objectifs du millénaire pour le développement, un projet international visant à réduire de moitié la pauvreté extrême d’ici 2015. Cependant, il y a loin de la coupe aux lèvres, et ce, dans plusieurs pays à travers le monde !
Un des plus grands obstacles empêchant les enfants d’aller à l’école est le coût des frais d’inscription, des uniformes, des livres et du transport scolaire, que doivent assumer des familles dont le revenu annuel est des plus modestes. Tous ces frais gardent loin des écoles les plus pauvres et les plus vulnérables, notamment les filles et les orphelins du sida. Les frais de scolarité peuvent prendre plus du tiers du revenu familial, alors, il faut choisir entre nourriture, soins de santé, et éducation.
Pourtant, l’idée de supprimer les frais de scolarité prend de l’ampleur dans les pays pauvres. D’ailleurs, plusieurs pays africains ont récemment retiré ces frais, ce qui a entraîné des résultats incroyables. En 2003, le Kenya a aboli les frais de scolarité au niveau primaire, et le nombre d’enfants inscrits à l’école a bondi de 5,9 à 7,6 millions $ en l’espace d’un an. En Ouganda, 40 % d’enfants de plus se sont inscrits à l’école cette année. En Tanzanie, ce nombre a doublé.
Toutefois, abolir les frais de scolarité ne constitue qu’une partie de la réponse. L’explosion du nombre d’inscriptions dans les écoles au Kenya a entraîné une augmentation importante du nombre d’enfants par classe, allant parfois jusqu’à 100 élèves. Ce phénomène a souvent pour conséquence de diminuer la qualité de l’enseignement et d’accroître le taux d’abandon. Aujourd’hui, en Afrique subsaharienne, moins de la moitié des élèves ayant commencé l’école primaire abandonnent avant de l’avoir complété.
On ne peut donc pas à la fois augmenter le nombre d’enfants allant à l’école et maintenir une qualité appréciable de l’enseignement sans une augmentation significative du financement par les pays les mieux nantis. À moins que ces derniers ne s’engagent sur le long terme à financer de façon adéquate l’éducation dans les pays pauvres, ils continueront de sous-payer leurs enseignants formés, qui, du coup, partent travailler ailleurs. Le cycle de la pauvreté ne sera jamais éradiqué sans l’éducation et il ne peut y avoir d’éducation sans enseignants.