L’écosystème le plus diversifié du corps: l’intestin

La prof Emma Allen-Vercoe (en noir) de l’Université de Guelph, s'intéresse au microbiote intestinal humain.
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La clé pour une meilleure santé passe par notre intestin. C’est du moins la conclusion à laquelle est parvenue la prof Emma Allen-Vercoe de l’Université de Guelph, à la suite de ses recherches sur l’écosystème du microbiote intestinal humain.

Le microbiote est un terme qui peut paraître compliqué, mais il s’agit tout simplement d’un ensemble de microorganismes qui colonisent l’intestin. Et, comme ces microorganismes sont étroitement liés à la santé globale d’un être humain ou d’un animal, leur importance est cruciale.

Dans le cadre de ses dernières recherches, Mme Allen-Vercoe applique les connaissances qu’elle a acquises sur le microbiote intestinal humain au microbiote intestinal porcin en vue d’améliorer l’état du système gastro-intestinal et la santé globale des porcs.

En effet, chez les humains comme chez les porcs, une meilleure santé signifie une diminution de la maladie et du recours aux antibiotiques.

Moins d’antibiotiques

«Notre objectif est de réduire l’utilisation des antibiotiques chez les porcs», explique Mme Allen-Vercoe. «Si nous pouvions améliorer d’une manière naturelle l’état de santé d’un animal en colonisant son intestin de microorganismes sains, on améliorerait la santé globale des animaux et on diminuerait leur besoin en traitements antibiotiques.»

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Bien qu’elle n’en soit encore qu’aux étapes préliminaires de ses recherches, Mme Allen-Vercoe, avec l’aide de son équipe, applique les résultats éprouvés des études qu’elle a réalisées chez l’homme à des essais d’alimentation chez les porcs. Les porcs reçoivent des microorganismes sains et naturels qui se multiplient et colonisent leur intestin pour créer un écosystème microbien diversifié.

«En augmentant la diversité du microbiote intestinal porcin, nous nous attendons à améliorer la santé et la condition des animaux – en particulier leur résistance aux maladies, leur réponse aux vaccins et leur capacité de prendre du poids», explique Mme Allen-Vercoe.

Lorsque des microorganismes sains colonisent les intestins des animaux, les agriculteurs peuvent éviter l’utilisation d’antibiotiques et offrir aux consommateurs un produit fini d’une aussi grande qualité.

Organe vital virtuel

«Le microbiote intestinal est un organe vital virtuel», déclare Mme Allen-Vercoe. Les porcs, tout comme de nombreux humains, ont un régime alimentaire déficient ou sélectif et ont été exposés aux antibiotiques, ce qui détruit les microorganismes sains présents dans leur intestin et rend leur microbiote intestinal malsain.

Les scientifiques ont constaté que de nombreuses maladies, telles que les allergies, les infections et les troubles métaboliques, étaient liées à un microbiote malsain ou en mauvais état.

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«Si nous pouvions améliorer l’écosystème du microbiote intestinal, nous pourrions grandement améliorer la santé animale», déclare Mme Allen-Vercoe.
Grâce aux fonds du programme Gryphon’s Leading to Accelerated Adoption of Innovative Research (LAAIR) lancé à l’Université de Guelph en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, la chercheuse met au point et optimise un produit pour alimentation animale en s’appuyant sur l’écosystème du microbiote et en effectuant des essais d’alimentation chez des truies au cours des derniers stades de leur gestation.

Colonisation de l’intestin

Les additifs pour alimentation animale passeraient naturellement des truies aux porcelets et coloniseraient ainsi le tube digestif de chaque animal. Des doses supplémentaires pourraient être données aux porcs à mesure que ceux-ci grandiraient, notamment pendant les périodes de stress telles que le sevrage, ce qui contribuerait à maintenir les animaux en bonne santé.

Le produit conçu par Mme Allen-Vercoe diffère des additifs alimentaires probiotiques actuellement donnés aux porcs – il fournit un écosystème multiespèces capable de coloniser l’intestin.

Étant donné que les probiotiques sont incapables d’une telle colonisation, ceux-ci doivent être ajoutés à l’alimentation chaque jour.

«Il s’agit d’une nouvelle approche pour l’alimentation et la gestion des animaux de ferme qui offre des avantages potentiels importants», conclut Mme Allen-Vercoe. Le maintien d’une bonne santé est crucial, et nous ne pouvons pas oublier le rôle que peut jouer à cet égard l’écosystème le plus diversifié du corps: l’intestin.»

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