Le passage du Nord-Ouest sur un bateau à l’énergie solaire

L'Aquilon

Anne Quéméré à bord de l’Icade. (Photo : Frank Betermin)


7 août 2018 à 16h10

La navigatrice française Anne Quéméré tente de franchir le passage du Nord-Ouest sur un bateau propulsé par l’énergie solaire.

Elle a déjà traversé le Pacifique et l’Atlantique en solo, mais le passage du Nord-Ouest lui a jusqu’ici résisté, et deux fois plutôt qu’une. 2018 sera-t-elle la bonne année pour Anne Quéméré?

L’aventure a pourtant débuté plutôt mal alors que son bateau, l’Icade, devait arriver par barge à Tuktoyaktuk le 20 juin. Mais les pluies ont augmenté le niveau du Mackenzie et ont apporté un grand nombre de morceaux de bois flottants, rendant hasardeuse toute navigation, et ce n’est que le 2 juillet que la barge est arrivée à Inuvik, d’où Anne Quéméré a finalement commencé son périple.

Coups de main

«Ça fait partie de l’aventure», explique Anne Quéméré, rejointe sur la passerelle de la barge le 4 juillet.

«Les gens sur le remorqueur qui troquait la barge m’ont offert à diner. Quand je vois le genre de coup de main que j’ai eu, c’est ça l’aventure, c’est un partage de vie avec des gens que je ne reverrai peut-être jamais. C’est ça aussi le but, de se laisser surprendre par ce qui arrive.»

Anne Quéméré a quitté Inuvik le 6 juillet et, un mois plus tard, le 7 août, elle était rendue à la hauteur du parc national Tuktut Nogait. On peut la suivre sur la page Facebook Arctic Solar ou sur son site internet anne-quemere.com.

Parler de l’Arctique

Anne Quéméré ne s’embarrasse pas de grands discours lorsqu’on lui demande ce qui motive cette périlleuse odyssée de 3500 kilomètres entre Inuvik et Iqaluit. «J’aime ça, dit-elle simplement, j’aime être sur l’eau.»

Ce qui ne l’empêche pas de vouloir communiquer sur l’Arctique, méconnu selon elle, et de partager de l’information sur la culture de ses peuples. Elle s’est d’ailleurs arrêtée à Tuktoyaktuk, et veut rejoindre Cambridge Bay dans quelques semaines.

Ce qui n’empêche pas non plus un certain engagement environnemental. Pour son expédition, elle a donné une seconde vie à l’Icade, muni d’une aile de kite, avec lequel elle avait traversé le Pacifique en 2011, et qui est maintenant équipé de 10 mètres carrés de panneaux solaires.

Pas beaucoup de trafic

Mme Quéméré espère se rendre à Iqaluit avant la mi-septembre, avant que les glaces ne soient trop envahissantes.

Elle a quelques fruits pour les premiers jours, de la nourriture lyophilisée pour trois mois. Elle qui mange peu de viande ne compte pas pêcher, craignant qu’un fil puisse se prendre dans l’hélice du moteur électrique.

Malgré ce que certains disent, il n’y a pas beaucoup de trafic dans le sinueux passage du Nord-Ouest. Anne Quéméré sait déjà qu’elle croisera un bateau de croisière français — le Ponant —, quelques voiliers.

Le danger, dit-elle, ce n’est pas les collisions. «Ce sont les gros coups de vent. À 30 nœuds ça peut être compliqué. Et il y a les avaries potentielles. (…) Mais ça ne peut pas être pire que le Pacifique. Je suis quelqu’un d’optimiste.»

Un père breton chez les Inuits

En plus du Pacifique, la navigatrice a traversé l’Atlantique aller-retour. À la rame!

Mais ses tentatives précédentes de rallier Tuktoyatuk à Iqaluit — en kayak ont été frustrées par l’excès de glace en 2014 et par la mauvaise météo l’année suivante. Condamnée au sol lors d’un de ses voyages, elle en a profité pour repeindre l’église de Tuktoyaktuk.

Et découvrir, au pied d’un bateau en bois, une tombe portant un nom breton, comme le sien: Père Robert Le Meur (1920-1985). Anne Quéméré a enquêté sur ce prêtre arrivé chez les Inuits au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle a rencontré son neveu et en a tiré L’homme qui parlait juste, paru chez Arthaud début 2018.

Le titre du livre est la traduction du surnom que donnaient les Inuits au Père Le Meur. «Il a passé 40 ans de sa vie ici», explique Anne Quéméré. «J’ai lu ses lettres. Il voulait être enterré ici. C’était un homme magnifique.»

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Fayza Abdallaoui quittera le MOFIF

MOFIF AG Démission Fayza Abdallaoui
En présentant le premier Livre Blanc du MOFIF, Fayza Abdallaoui a aussi annoncé son départ de la présidence.
En lire plus...

14 novembre 2018 à 17h00

Mars sur Terre, ou l’île Devon

Mars
Le Nunavut est une autre planète, ne serait-ce que par la minéralité du paysage et l’isolement géographique.
En lire plus...

14 novembre 2018 à 11h00

Vos jeunes font-ils au moins 60 minutes d’activité physique par jour?

sport
Selon l’Organisme mondial de la Santé (OMS), les enfants de 5 à 17 ans devraient faire au moins 60 minutes par jour d’activité physique...
En lire plus...

14 novembre 2018 à 9h00

Regardez-moi dans les yeux

On se sent obligé d’enseigner à de futurs employés, ou à des gens qui veulent sortir de leur solitude, qu’il est important d'établir un...
En lire plus...

14 novembre 2018 à 7h00

Les Leafs surclassent les Kings de Los Angeles (5-1)

Maple Leafs
En déplacement à Los Angeles, les Leafs ont facilement battu les Kings ce soir sur le score de 5-1.
En lire plus...

14 novembre 2018 à 1h01

Nationalisme ≠ suprémacisme

11 novembre 2018
Donald Trump s’est proclamé «nationaliste», le mois dernier, alors que pour Emmanuel Macron, le patriotisme est «l'exact contraire» du nationalisme, une «trahison»...
En lire plus...

13 novembre 2018 à 17h25

Un ex-Témoin de Jéhovah raconte

secte religion
Gaëtan a été élevé parmi les Témoins de Jéhovah. À 24 ans, suite à une sévère dépression, il quitte le mouvement. C’est le début...
En lire plus...

13 novembre 2018 à 9h00

Des médecins opposés aux trous de balles dans leurs patients

tuerie
La NRA vient apparemment de décider que c’était une bonne idée de s’attaquer aux médecins.
En lire plus...

13 novembre 2018 à 7h00

Des francophones bien vivants et qui le disent

Francophones hors Québec
Même, L’itinéraire, le magazine montréalais des itinérants, s’intéresse aux francophones hors Québec.
En lire plus...

12 novembre 2018 à 17h05

Les meilleures façons de tuer la francophonie ontarienne

Ne pas faire de la place aux jeunes, aux immigrants et aux francophiles est un bon moyen de ne pas intéresser les gens à...
En lire plus...

12 novembre 2018 à 14h10

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur