Le modèle noir dans l’histoire de l’art: un sujet sensible à attaquer de front

Marie-Guillemine Benoist, Portrait de Madeleine, Salon de 1800, p 20.
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Le Musée d’Orsay à Paris, situé dans une ancienne gare ferroviaire, a présenté en 2019 une exposition intitulée Le Modèle noir, de Géricault à Matisse.

Le Musée a donné l’explication suivante importante pour ne pas confondre art et politique, même si des liens peuvent exister entre les deux: «En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l’art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales, ainsi que sur l’imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l’abolition de l’esclavage en France (1794) à nos jours.»

Jean Léon Gérôme, À vendre, esclave au Caire, vers .1872, p. 4.

L’exposition s’arrêtait plus particulièrement sur trois périodes: l’ère de l’abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu’à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l’avant-garde du XXe siècle; les générations successives d’artistes post-guerre et contemporains.

Un Dossier de l’art

À l’occasion de cette exposition exceptionnelle, car c’est la première fois qu’un tel sujet est ainsi approché, les éditions Faton consacrent un Dossier de l’art, no 267, à ce thème original, nous permettant d’en bénéficier.

Couverture de la revue. Reproduction d’une partie du tableau Femme aux pivoines de Frédéric Bazille,1870.

On peut qualifier de projet ambitieux celui de consacrer cet important Dossier de 82 pages à cette première exposition traitant d’un sujet aussi vaste et complexe. C’est pourtant ce que ce Dossier de l’art réussit à faire avec une quinzaine d’articles révélateurs.

Modèles méconnus

Le premier article, Le modèle noir de Géricault à Matisse (p. 5-11), ouvre la revue sur les modèles noirs qui ont posé devant les artistes au XIXe siècle et au début du XXe, dont on ne connaît souvent que le prénom.

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Conjuguant histoire sociale et politique, histoire des idées et histoire de l’art, il étudie la manière dont s’élabore, de 1794 à 1930, de Théodore Géricault à Henri Matisse, une iconographie dense, complexe et mouvante, accompagnant les évolutions d’un pays qui abolit deux fois l’esclavage tout en jetant les bases d’une nouvelle aventure coloniale.

Cette petite revue permet de saisir les dessous de la peinture ou des tableaux de grands artistes. On ne parle guère, habituellement, des modèles qui leur ont servi ou de la source de leurs idées picturales.

Édouard Manet, Olympia, 1863, p. 40-41.

Artistes célèbres

L’exposition, heureusement pour nous qui sommes loin de Paris, nous offre ce Dossier de l’art qui s’intéresse principalement à la question du modèle et, de ce fait, à la relation picturale entre l’artiste qui peint, sculpte, grave ou photographie, et le modèle qui n’agit pas et prend tout simplement la pose voulue.

De grands noms font ainsi partie de cette liste de célébrités, comme le peintre Théodore Géricault (1791-1824), le sculpteur Henri Joseph Charles Cordier (1827-1905), le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), le peintre Édouard Manet, (1832-1883), le peintre Paul Cézanne (1839-1906, le peintre, dessinateur, graveur et sculpteur Henri Matisse (1869-1954).

Buste, Homme du Soudan français, 1857, albâtre et bronze argenté, p. 34.

Pour voyager à travers les grands moments de l’histoire de l’art, ce Dossier propose une synthèse claire et vivante sur un artiste oublié volontairement ou involontairement, un sujet d’importance enrichi par les dernières recherches historiques, aux analyses comparatives et aux examens scientifiques. Il ne reste plus qu’à en prendre connaissance pour en bénéficier…

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