Le Greco, de l’oubli à la gloire

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En cette année 2014, l’Espagne rend hommage au Greco pour le 400e anniversaire de la mort du peintre, décédé à Tolède le 7 avril 1614. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, et cet artiste «qu’avec respect toute l’Espagne admire» (Le Cid) a été oublié pendant trois siècles et sa résurrection ne s’est pas faite sans peine vers le début du XXe siècle.

Vers 1900, l’Académie des beaux-arts de Madrid veillait pour que ce peintre ne ressuscite pas. «Elle le trouvait trop libre, trop d’avant-garde, trop aventurier dans son art, en somme trop génial.»

On se moquait de son soi-disant astigmatisme qui aurait expliqué l’allongement des formes. Ce sont des intellectuels de la «Generación del 98» et les Romantiques qui ont suscité sa réhabilitation.

Un parcours étonnant

Dérangeant, il le fut certainement ce Grec qui atterrit en Espagne au terme d’un parcours talentueux. Et il est bien sorti de son purgatoire, pour reprendre une image religieuse dont il était friand.

Le mercredi 3 juillet 2013, un de ses tableaux, Saint Dominique en prière, n’a-t-il pas atteint un record dans une vente aux enchères à Londres, 16 millions de dollars!

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Il revient de loin ce Domenikos Theotokopoulos, dit par la suite Le ou El Greco, né en 1541 dans l’île de Crète, alors possession vénitienne, dans la ville de Candie (aujourd’hui Héraklion).

Formé sans doute sur place, il est reconnu comme maître-peintre en 1561. Il peint des icônes, selon la tradition de l’église orthodoxe. On en possède certaines.

En Italie

En 1568, on le retrouve à Venise où il aurait été disciple du Titien (1488?-1576), un des grands maîtres de l’école vénitienne. Puis il est à Rome, au service du cardinal Alexandre Farnèse le jeune, ensuite inscrit à l’Accademia di San Luca, une association d’artistes romains (1572).

En 1577, il quitte Madrid le 2 juillet, date à laquelle est signée pour la cathédrale de Tolède le contrat de réalisation de L’Expolio (le partage de la tunique du Christ) présenté p. 124 du livre ci-après.

«Un génie dans l’histoire de l’art»

Dès lors, El Greco va s’installer à Tolède, où les commandes affluent et où il décède le 7 avril 1614. Il y est inhumé dans l’église de Santo Domingo el Antiguo.

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«Une fois en Espagne, à Tolède, il va créer un langage artistique personnel à partir de la synthèse de ses apprentissages italiens, de sa tendance à réduire la réalité à une «essentialité», de l’esprit hispanique et du développement d’une sorte de «renouveau» de son passé byzantin», de dire la spécialiste belge A.-C. Lavin-Berdonces.

Le Livre de l’Année Greco

Les Éditions Cohen et Cohen publient à cette occasion un livre unique que l’on voudra se procurer comme livre d’art de l’année Greco, pour plusieurs raisons.

Greco est mal connu, il n’y a pas ici de grandes expositions qui lui sont consacrées. Il faut aller en Espagne pour voir ses œuvres. Le Greco est mal interprété et il est bon d’avoir enfin une vue juste sur ses réalisations.
Ce livre offre une occasion exceptionnelle pour découvrir cet artiste prodigieux, grâce à la biographie tout à fait passionnante de «cet homme étrange qui traversa en bolide le ciel artistique à l’heure où se couchait le grand soleil de la Renaissance italienne». (Achille Kyrou, 1933).

L’auteur, Fernando Marías, l’un des plus grands spécialistes actuels de la peinture du XVIe siècle, décrit le parcours complet de Greco, en quelques chapitres: «La Crète. La vie et les pinceaux (1541-1566). Venise. Une conception nouvelle de l’art (1567-1570). Rome. Une nouvelle figure de l’artiste (1570-1577). Tolède. Une patrie meilleure (1577-1585), L’installation définitive (1585-1601), Vieillesse et éternités (1601-1614)».

On peut ainsi suivre le Greco, presque pas à pas, de la page 25 à la page 284, du peintre d’icônes byzantin à l’une des figures artistiques modernes des plus singulières du XVIe siècle.

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Et ce parcours littéraire est jalonné de reproductions nombreuses, quelque 200, d’une très grand qualité, des scènes religieuses, des retables, le triptyque double face de Modène, des portraits, présentées en couleur (186) avec 21 gravures en noir, presque à chaque page, souvent en pleine page, parfois en double page, également avec des détails en gros plan, comme la main du Chevalier à la main (vers 1579) de la couverture (p.8-9), et bien entendu la célèbre toile L’Enterrement du comte d’Orgaz (1586-1588).

Annexes, bibliographie, liste des œuvres, index terminent ce remarquable ouvrage. Par le nombre d’œuvres présentées et analysées, par sa qualité pédagogique, explicative et historique, ce livre impressionnant révolutionne la connaissance que nous avions du Greco et s’impose de lui-même comme l’ouvrage de l’Année Greco.

Grâce à lui, on peut admirer ce que Greco «doit à son autorité et à son originalité en tant que créateur, par sa façon de s’exprimer avec ses pinceaux et par un style facilement reconnaissable». (p. 284)

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