Le français n’est pas en déclin

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Si comme plusieurs vous pensez que la langue française est en perte de vitesse, vous feriez bien de lire le dernier livre de Julie Barlow et de Jean-Benoît Nadeau, The Story of French.

Le fait qu’il n’ait pas encore été publié en français est son seul défaut. Autrement, ce livre s’impose non seulement comme un exploit en matière de recherche, mais aussi comme une véritable encyclopédie de l’histoire de la langue française et de son état actuel. Vivement un documentaire sur le sujet!

Pendant deux ans, les auteurs ont parcouru le monde pour revisiter l’histoire de la langue française. Une histoire glorieuse, pensez-vous, mais un avenir incertain! Il est vrai qu’à partir du Moyen-Âge jusqu’à la fin de la Première guerre mondiale, le français était ce que l’anglais est aujourd’hui, la lingua franca du monde, la langue de la diplomatie et des élites nationales européennes et même américaines. Jefferson a même réfléchi à faire du français la langue officielle des États-Unis. Mais les auteurs nous rappellent aussi qu’à l’époque de la Révolution française à peine 30% des Français parlaient… le français.

Aujourd’hui, plus de 175 millions de personnes sur la planète parlent le français. Bien sûr, c’est beaucoup moins impressionnant que pour l’anglais (deuxième langue mondiale) et le mandarin. En fait, le français n’occupe que la neuvième position. Pas très fort direz-vous! Mais le français compense largement sur d’autres fronts. C’est la seule langue, à l’exception de l’anglais, qui soit enseignée dans tous les pays du monde. On compte plus de deux millions d’enseignants de la langue française à l’échelle mondiale.

En tout, 33 pays ont le français comme langue officielle (et 45 pays, l’anglais). En troisième place, on retrouve l’arabe avec 21 pays. Dans le classement Weber des 10 langues les plus influentes sur la planète, le français se classe au deuxième rang avec 23 points, derrière l’anglais qui marque 37 points. Le mandarin, la langue la plus parlée au monde, est en sixième position avec 13 points.

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Le français est la deuxième langue étrangère la plus enseignée aux États-Unis. Il est vrai qu’elle est loin derrière l’espagnol, mais on peut facilement argumenter que l’espagnol n’y est plus une langue «étrangère».

En fait, ce que les auteurs nous démontrent, c’est que le français est une langue mondiale. Mieux encore, elle est la deuxième lingua franca de la planète. Et les progrès notables de l’anglais ne se réalisent pas aux dépens du français. Le français a aussi contribué à créer d’autres langues, ou dialectes si vous préférez, comme le créole, ma langue maternelle.

On me dira sans doute que le bilan n’est pas aussi éclatant au Canada. Or, les auteurs nous signalent que 72% des Canadiens sont favorables au bilinguisme et que 84% d’entre eux croient que le fait de parler le français leur ouvrirait la porte à de meilleures perspectives d’emploi.

Et le français ne passe plus uniquement par la France. Les auteurs en donnent de nombreux exemples. Mon préféré, c’est la banque terminologique web de l’Office de la langue française du Québec qui accueille 50 millions de visiteurs par année, principalement de l’Europe. L’Académie française: 2 millions.

Il y a bien davantage dans cet excellent livre. L’histoire de l’interrelation entre le français et l’anglais s’avère particulièrement savoureuse. Vous trouvez qu’il y a beaucoup d’anglicismes dans notre langue? Attachez vos ceintures parce que de 30 à 50 % de l’anglais provient du français! Le mot «parliament», par exemple, vient de parlement. Mon préféré, «impeachment», vient d’empêchement de siéger. S’il est vrai que l’anglais a réalisé des progrès remarquables, il est loin d’empêcher le français de siéger!

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