Le fleuve Saint-Laurent à l’honneur


9 septembre 2014 à 9h43

L’artiste québécoise Marie-Rioux, représentée par la galerie Abbozzo à Toronto, a choisi l’Alliance française (jusqu’au 15 octobre) pour dévoiler une série de tableaux intitulée Le Saint-Laurent: empreintes.

Le fleuve est une affaire de famille pour Marie Rioux. «Mon père nous a donné l’amour de l’océan et du fleuve», se souvient l’artiste peintre. Elle n’aurait jamais pensé faire une série de tableaux sur le Saint-Laurent, car au départ, celle qui a fait ses classes à l’École des arts visuels de l’Université Laval, à Québec, baignait plus du côté de l’art abstrait.

Ici, nulle reproduction de photographies, nul dessin ne précèdent le travail de l’artiste; les bribes de souvenirs apparaissent comme seul support du peintre.

Dans les tableaux exposés de Marie Rioux, l’hiver a pris possession des lieux. Le blanc, le gris, le bleu, le gris vert et le gris bleu traversent le fleuve. La poudrerie enveloppe les silhouettes qui s’effacent sous l’immensité de la terre et du ciel et disparaissent parfois, laissant place à un paysage désertique.

Le thème du Saint-Laurent s’est imposé naturellement à l’artiste. Marie-Rioux, «la fille de Québec» habite dans la Vieille Ville et son atelier se trouve de l’autre côté du fleuve, à Lévis. Son quotidien est rythmé par ses allées et venues sur le traversier et lorsqu’elle se trouve au milieu du fleuve, elle est «enveloppée de grisaille», ce qui explique le peu de couleurs.

De temps en temps, de l’orange fluo apparaît; un trait, un personnage, comme une touche délinquante venant relever l’univers dramatique des tableaux. La couleur représente le «côté artificiel dans la nature, dans l’environnement»; souvent, lorsqu’elle se promène, l’artiste peintre aperçoit des travailleurs en «tunique orange».

Les silhouettes paraissent minuscules sur les toiles. Ce ne sont ni des femmes, ni des hommes. C’est l’être humain qui est représenté dans sa condition de simple mortel; une façon de «mettre en lumière la quête de sens de l’homme, sa solitude, son désarroi face à la vastitude de l’univers qui l’entoure et qu’il contrôle mal», selon l’artiste.

Là où elle s’en va lorsqu’elle peint, Marie Rioux ne le sait jamais. Elle laisse au public le soin de se faire sa propre interprétation et de la cataloguer; ni abstrait, ni figuratif, elle pense que son art se situe peut être entre les deux. Ce qui est certain c’est que la magie de l’image opère sur ceux et celles qui laissent leur regard se poser sur les toiles de l’artiste.

www.marierioux.net

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