Le film européen à la recherche de son identité

12e Festival du film de l’Union européenne à Toronto

Pays-Bas: Publieke Werken (A Noble Intention)
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L’Union européenne est malmenée, ces temps-ci, par le Brexit et d’autres pressions nationalistes et protectionnistes. Son cinéma en est-il affecté ou reflète-t-il ces problématiques?

Aucun des 34 films à l’affiche de la 12e édition torontoise du Festival du film de l’Union européenne – du 10 au 24 novembre au cinéma Royal – ne porte directement sur le sujet, indique son directeur Jérémie Abessira en entrevue à L’Express. Mais une table ronde de quatre réalisateurs invités n’aura pas le choix que d’aborder ce thème d’actualité.

Vivant à Toronto depuis huit ans, dont les quatre dernières à la barre du EUFF, M. Abessira se dit lui-même «aussi fier d’être Européen que Français, ce n’est pas du tout incompatible».

Depuis quatre ans, dit-il, le festival réussit à présenter au moins un film de chacun des 28 (bientôt 27) pays de l’UE, «ce qui n’est jamais facile, car ça prend des films de qualité, qui conviennent au public torontois, et certains petits pays n’ont pas une grosse production cinématographique».

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Les films d’ouverture et de fermeture sont, respectivement néerlandais (A Noble Intention) et Slovaque (Eva Nová), reflétant les présidences tournantes, tous les six mois, de l’UE en 2016. «Mais il faut que ce soit des films forts, ce qui incite ces pays à vraiment sélectionner leur meilleur film.»

Deux des 28 longs-métrages sont francophones: Médecins de campagne (France, du médecin devenu cinéaste Thomas Lilti) et Les premiers, les derniers (Belgique, sur un duo de chasseurs de primes), sous-titrés en anglais comme tous les autres, y compris 6 courts-métrages, une nouveauté cette année.

Ces courts-métrages sont produits par des étudiants d’écoles de cinéma de France, Finlande, Grande-Bretagne, Croatie, Belgique, Hongrie, et ils sont présentés ici en partenariat avec l’école de cinéma de l’Université York.

De plus – c’est une autre nouveauté cette année – deux expositions sont organisées en marge du festival: celle du photographe franco-torontois Jean-Baptiste Le Mercier à l’Alliance française (vernissage le 16 novembre à 17h) qui réalise des portraits d’artisans du 7e art; et celle du Goethe Institut sur le célèbre cinéaste allemand Rainer Werner Fassbinder (vernissage le 21 octobre à midi).

«De quoi est fait un film européen?» est le titre de la table ronde, tenue également au Royal (608 rue College) le 12 novembre à 16h. Christroph Straub du TIFF modérera la discussion entre le Néerlandais Joram Lursen, le Grec Panos Karkanevatos, l’Allemande Wiebke Von Carolsfeld (qui vit à Montréal) et le Français Thomas Lilti.

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La plupart des films au programme du festival sont présentés pour la première fois à Toronto. «Plusieurs genres sont représentés», assure M. Abessira. «Il y a plusieurs films où l’action est soutenue: on ne peut plus dire que les films européens sont lents ou hermétiques.»

Le film d’ouverture est une fresque historique aux multiples rebondissements. D’autres films sont des thrillers politiques ou policiers. Certains sont plus cérébraux. C’est le cas des deux films en version originale anglaise: le Britannique Remainder (sur une perte de mémoire suite à un accident) et l’Irlandais Stay (une relation entre un prof et son étudiante). On entend aussi beaucoup d’anglais dans le film slovène Dual (sur l’atterrissage forcé à Ljubljana d’un avion danois en route vers la Grèce).

Chaque année, le Festival du film de l’Union européenne gagne en envergure et en qualité… mais l’entrée reste gratuite!

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