Le corps pour instrument

Trois jours éclectiques à Harbourfront

Les danseuses de Toronto Womens Sword.

Les danseuses de Toronto Womens Sword.


29 novembre 2017 à 9h00

Chanteurs inuits, danseurs de Haka, beatboxers, chanteuse a capella, danseuse torontoise pratiquant la danse de l’épée, danseurs de flamenco,  danseurs de claquettes d’Ottawa… Ce qui unit ces artistes du Body Percussion FestivalHarbourfront du 1 au 3 décembre), c’est leur instrument: leurs corps.

Viv Moore, danseuse, directrice artistique du Body Percussion Festival
Viv Moore

«Le corps est fascinant», confie à L’Express Viv Moore, la créatrice et directrice artistique du festival. «On bouge tout le temps; moi-même, je bouge sans cesse depuis l’âge de 4 ans quand j’ai commencé le Ballet. Le corps n’est pas juste la peau, le mouvement, c’est aussi la voix, la tête, les pieds, tout est indissociable.»

Pas d’instruments tels que la guitare ou le piano: au Body Percussion Festival, les instruments autorisés sont ceux qui «sont extensions du corps»: chaussures, vêtements, ou autres objets de ce type.

Le danseur Travis Knights qui se produira le samedi 2 décembre au festival Body Percussion 2017.
Le danseur Travis Knights qui se produira le samedi 2 décembre au festival Body Percussion 2017.

«Ce que ces artistes réalisent, c’est merveilleux. Ils se dépassent, se mettent eux-mêmes au défi, trouvent l’inspiration. Je pense aux danseurs de flamenco (le groupe VidAnza), ou encore au Toronto Women’s Sword. Je pense aussi à Sipho Ndlela et ses bottes, et à Kerry et Tom Fitzgerald, les danseurs de claquettes originaires d’Ottawa. Ce qu’ils font est si beau.»

Le Body Percussion Festival en est seulement à sa deuxième édition. «La première édition, en 2014, a été un grand succès, tous les billets ont été vendus», raconte Viv Moore. «Cette année, je voulais des artistes internationaux, mais aussi des locaux, car le Canada est éclectique, et que les artistes canadiens sont fascinants.»

Jane Miller, la chanteuse a capella.
Jane Miller, la chanteuse a capella.

Harbourfront va donc bouger au rythme d’artistes canadiens, autochtones et professionels du monde entier. Des ateliers seront également proposés au public, notamment une initiation au chant a capella avec Jane Miller, artiste canadienne reconnue, et une découverte de la danse sud-africaine «gumboot», avec Sipho Ndlela, danseur et professeur de gumboot au Québec, originaire d’Afrique du Sud.

Née en Angleterre, Viv Moore a eu un parcours très varié. Danseuse de Ballet dès l’âge de 4 ans, puis de jazz, de danse moderne et de danse folklorique anglaise, elle a beaucoup voyagé, avant d’atterrir à Toronto.

Slapjazz Danny au festival Body Percussion 2014.
Slapjazz Danny au festival Body Percussion 2014.

L’idée de ce festival original lui est venue lors d’un déplacement au comté de Kent, au Royaume-Uni, alors qu’elle participait à un atelier de danse avec des artistes utilisant leur corps pour produire des sons.

Les artistes du festival, elle les a elle-même sélectionnés, après les avoir vus se produire dans des festivals, ou avoir entendu parler d’eux. «Ce que j’adore dans ce milieu, c’est les connexions. Il y a quelqu’un qui dit à quelqu’un, qui lui même dit à quelqu’un… et on entend parler d’artistes, on découvre de nouvelles personnes, c’est fantastique.»

Le Body Percussion Festival est donc un lieu de spectacles inédits et originaux, mais aussi de transmission artistique et culturelle, pour trois jours éclectiques.


Centre Habourfront, 245 Queens Quay Ouest. Spectacles les 1 et 2 décembre à 20h et le 3 décembre à 15h. Ateliers le 2 décembre de 11h à 15h45. La programmation et les billets sont sur le site officiel du festival.

Kerry Fletcher, danseuse de danse traditionnelle anglaise, au festival Body Percussion 2014.
Kerry Fletcher, danseuse de danse traditionnelle anglaise, au festival Body Percussion 2014.

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