Le bilinguisme 40 ans après le rapport Laurendeau-Dunton

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Publié 03/04/2007 par Jacques Touré

En 1963, le gouvernement fédéral crée une commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme.

Connue sous le nom de Laurendon-Dunton, les noms de ses deux co-présidents, elle publie son premier rapport en 1967. Il est simplement intitulé Les langues officielles. Plusieurs autres suivront.

C’est pour marquer le 40e anniversaire de cet important événement dans la vie de la nation que des spécialistes de cette question se sont réunis en colloque au Collège universitaire Glendon du 29 au 30 mars à l’initiative de Marcel Martel et Martin Paquet, respectivement professeurs d’histoire aux universités York et Laval.

Après l’allocution de bienvenue prononcée par le principal du collège Glendon, M. McRoberts et celle de M. Martel, M. Graham Fraser, le Commissaire aux langues officielles, a dans un exposé lumineux et fort instructif rappelé le contexte historique qui a conduit à la création de cette Commission.

Un contexte dominé par les revendications des francophones inhérentes à leur statut de peuple fondateur. M. Fraser a particulièrement insisté sur cette année 1967, qui fut symbolique à bien des égards. C’est entre autres événements, l’année du désormais célèbre «Vive le Québec libre» de Gaulle, de la création du Parti québécois par feu René Lévesque.

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Rappelons que le mandat confié à cette commission était «d’enquêter sur l’état du bilinguisme et du biculturalisme, et à faire des recommandations en vue d’assurer une reconnaissance élargie de la dualité culturelle de base du Canada.»

Ce rapport sera suivi par d’autres dont le but allait dans le même sens. Parmi les acquis de cette commission, M. Fraser a cité le droit des fonctionnaires fédéraux de travailler dans leur langue de choix, l’obligation d’offrir des services dans les deux langues, la croissance du taux de bilinguisme au Canada et la création de la Commission aux langues officielles dont il a présentement la charge.

Il a reconnu cependant qu’il reste beaucoup à faire. Il a déploré par exemple le fait que peu de jeunes des écoles d’immersion choisissent de continuer leurs études en français. Et aussi l’absence de mesures incitatives, tels des crédits supplémentaires, pour ceux qui font des études bilingues.

D’autres communications prononcées par des conférenciers de renom ont succédé à celle de M. Fraser. L’une d’entre elles dont le thème «Les politiques linguistiques: un bilan» résumait assez bien l’objectif du colloque, eut pour panélistes Dyane Adam, le prédécesseur de M. Fraser à la Commission aux langues officielles, Kenneth McRoberts, le principal du Collège Glendon, Michel Bock et André Braen, tous deux professeurs à l’Université d’Ottawa.

Au vu de toutes ces discussions, un constat s’impose. La question linguistique est un sujet qui soulève bien des passions dans ce pays. Des passions qui selon toute vraisemblance ne vont s’estomper de sitôt. Car tôt ou tard, il faudra dépasser la perspective dualiste des deux peuples fondateurs pour se pencher sur le cas des immigrants, les francophones notamment, que le volet sur l’éducation de la Charte des droits et libertés (article 23) ne considère pas comme des ayants droit.

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Voir à ce sujet, l’article de M. Brihmi publié dans nos colonnes la semaine passée. Il en va de même pour le statut du chinois comme langue nationale ainsi que le suggéra une participante au colloque.

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