Le « patchwork » d’une enquête policière

Agnès Ruiz, Oublie la nuit, roman, Montréal, Les éditions À l’étage, 2016, 446 pages, 29,95 $.
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On entend parfois dire qu’une personne n’a pas eu de chance, qu’elle s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Et si cette malchance en fait un suspect dans un drame mortel…? Voilà ce qui se passe dans le polar Oublie la nuit, d’Agnès Ruiz. On a droit à une enquête qui remue plus d’une zone sensible et déterre plus d’un secret.

Le prologue du roman décrit la triste noyade de Pacôme, 6 ans, lors d’une balade en chaloupe sur un lac des Laurentides. Les mois qui suivent cet événement tragique sont tellement éprouvants pour le couple Gabriel et Audrey Morin que la séparation devient inévitable.

Le départ de Gabriel se fait brusquement, presque violemment, et il aboutit au motel Dragon où il rencontre une femme qui dit s’appeler Karen. Gabriel boit beaucoup, parle beaucoup de son drame, et Karen offre une oreille attentive. Les deux quittent le bar ensemble, mais Gabriel ne se souvient plus de ce qui lui est arrivé au bras de Karen tellement il est ivre.

Quelques jours plus tard, on trouve le cadavre de Karen – Carine Charbonneau de son vrai nom – dans un parc. La police fouille les lieux et découvre une clef du motel Dragon. L’enquête de la détective Rachel Toury commence.

Entretemps et sans le savoir, Gabriel a trouvé un appartement juste à côté du mari et des deux enfants de Carine Charbonneau, à Montréal. La détective soupçonne à peu près tout le monde, à commencer par le mari de Carine et certains membres du personnel au motel Dragon. Des appels fréquents reçus par la victime laissent même croire qu’un ministre pourrait avoir trempé dans le drame.

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L’auteure décrit Montréal comme un «patchwork tant elle présente de visages hétérogènes». L’enquête aussi prend les allures d’un patchwork. Les pistes sont multiples et ne s’agencent pas toujours harmonieusement.

Chaque pièce du patchwork est un personnage, petit ou grand. Plusieurs vivent un deuil. Les parents Morin pleure la mort du petit Pacôme, la famille Charbonneau n’a plus de maman et le jeune Morgan Campbell a perdu son meilleur ami Pacôme. Les enfants offrent, ici, un nouveau regard sur l’amitié, la vérité, la mort.

Comme on le sait, les épreuves ne viennent jamais avec un mode d’emploi. Chacun doit se débattre à sa façon avec ce qui lui tombe dessus. Les commentaires du jeune Rémi Charbonneau sont à la fois étonnamment graves et étonnamment légers. Agnès Ruiz se montre fine psychologue.

De son côté, la détective Rachel Toury se fie à «son alarme interne» pour déterrer des secrets, des mensonges ou des demi-vérités. Son coéquipier Jean-François Millet n’est pas toujours sur la même longueur d’ondes et ne comprend pas pourquoi Gabriel Morin n’est pas arrêté, lui qui a «peur de connaître la vérité… peur d’apprendre qu’il est un assassin».

Je ne vous en dis pas plus, bien entendu. Sauf peut-être que l’écriture d’Agnès Ruiz est une porte ouverte à l’imagination, une porte qui n’a aucune frontière.

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