L’archéologie, une science vivante au Canada

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Publié 15/01/2013 par Gabriel Racle

L’archéologie n’a pas toujours été bien perçue. On pensait que les personnes qui s’adonnaient à des fouilles avaient trouvé un passe-temps distrayant. Ou bien, on les voyait comme des chercheurs de trésor ou des pilleurs de tombeaux, comme ceux des pharaons d’Égypte. Ou, tout simplement, on se demandait à quoi ces fouilleurs pouvaient bien servir.

Une longue histoire

Un certain flou a longtemps entouré ces pratiques de recherche. Le mot lui-même a une lointaine origine. Depuis le XIXe siècle, on fabrique de nombreux termes qui se terminent par -logie, du grec logos, parole.

Tous les domaines recèlent des mots dotés de ce suffixe, depuis l’actinologie (science traitant l’effet des radiations sur les matières vivantes) jusqu’à la zoologie.

Le mot archéologie n’entre pas dans cette catégorie de mots modernes, car ce sont les Grecs eux-mêmes qui l’ont inventé. Mais ce mot signifiait simplement, pour les anciens Grecs, «histoire de l’antiquité».

Celle-ci, d’après de grands auteurs comme Hérodote (-484 -420?), visait à retracer une histoire des hommes distincte de celle des dieux ou des héros mythiques, sans s’occuper des restes matériels des époques antérieures.

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Plus tard, les Romains ne firent guère mieux, même si apparaît alors un goût marqué pour des objets anciens et précieux chez des collectionneurs amateurs d’esthétique plus que d’histoire.

Au Moyen Âge, les moines recopient avec soin d’anciens manuscrits grecs ou romains, alors que l’on détruisait des monuments ou des œuvres relevant du «paganisme» pour faire place à la religion chrétienne.

Hasard et fouilles

C’est un hasard qui va donner une nouvelle orientation qui va dépasser l’intérêt d’érudits de la Renaissance pour l’antiquité grecque et romaine. En 1709, des ouvriers qui creusaient un puits à Herculanum découvrent au fond de leur excavation des vestiges qui appartenaient à la ville d’Herculanum, détruite par l’éruption du Vésuve en l’an 79.

On va alors entreprendre des fouilles, sans soins ni méthodes, pour retrouver des objets dans les restes d’Herculanum et surtout de Pompéi.

On arrache tout ce que l’on trouve et qui peut se collectionner, se vendre, sans se préoccuper de leur emplacement, de leur position ou d’autres indications qui auraient une valeur historique, comme nous en avons parlé dans L’Express du 17 janvier 2012.

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Un peu de science

Le ton était donné et l’intérêt pour la découverte du passé dans les objets ou les constructions ou ce qui en restait ne pouvait que s’accroître.

Mais en même temps que cet engouement, commence à se manifester un esprit plus scientifique qui critique ces fouilles destructrices, à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Il ne s’agit plus de s’intéresser à des objets pour eux-mêmes, d’expliquer leur nature, leur fonction, à la mode des antiquaires, mais «d’expliquer une culture par des objets», ce qui suppose un travail organisationnel, un classement, une chronologie, autrement dit une démarche scientifique.

L’archéologie, enfin

Ce court résumé d’une histoire très intéressante, puisqu’elle nous montre l’évolution d’une discipline à partir de ses balbutiements jusqu’à une véritable science, se base sur le petit ouvrage d’un spécialiste, Patrick Galliou, L’archéologie, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2012, 126 p., illustrations. En quelques pages, on trouve un condensé de l’essentiel de l’archéologie.

Le chapitre Terra incognita: la fouille et ses techniques, illustre avec précision la façon moderne et scientifique de travailler, qui s’applique dans tous les pays du monde. Qui voudrait se lancer dans ce domaine ou le connaître devrait en prendre connaissance.

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Voici quelques exemples des sujets traités. «Fouiller ou ne pas fouiller, telle est la question», compte tenu des exigences en personnel, en temps, en argent de ce genre d’entreprise. «La mise en place de la fouille. La stratigraphie, loi d’airain de la fouille scientifique. L’évolution des méthodes de fouille. L’archéozoologie.»

Au Canada

Le Canada possède de nombreux sites archéologiques et des archéologues qui obtiennent des résultats intéressants dans le domaine autochtone ou celui de la colonisation. Il existe plusieurs associations provinciales d’archéologie. La Société ontarienne d’archéologie, qui a son bureau à Toronto, est un organisme qui encourage la pratique éthique de l’archéologie.

Elle s’efforce de protéger les ressources historiques et préhistoriques de l’Ontario, menacées de destruction par les développements urbains, commerciaux et industriels.

Parcs Canada, comme agence fédérale et gardien des parcs nationaux, des aires marines nationales de conservation et de bon nombre de lieux historiques nationaux du Canada, a le mandat d’assurer la protection du patrimoine naturel et culturel, dont le patrimoine archéologique, de ces lieux particuliers. Depuis 1979 existe aussi l’Association des archéologues du Québec.

L’Université Laval décerne un baccalauréat en archéologie, qu’elle définit ainsi: «L’archéologie est une discipline scientifique qui tente d’établir des liens entre le comportement humain des sociétés passées et la culture matérielle qui leur a survécu en différents endroits de la planète et à différentes époques.»

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Science du passé, l’archéologie a de beaux jours devant elle.

Auteur

  • Gabriel Racle

    Trente années de collaboration avec L'Express. Spécialisé en communication, psychocommunication, suggestologie, suggestopédie, rythmes biologiques, littérature française et domaine artistique. Auteur de très nombreux articles et d'une vingtaine de livres dont le dernier, «Des héros et leurs épopées», date de décembre 2015.

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