Langues officielles: Josée Verner placée aux avant-postes

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La semaine dernière, le Premier ministre Stephen Harper a procédé a un remaniement majeur de son équipe ministérielle. Si les visages sont globalement restés les mêmes, les chaises musicales ont redistribué la donne et il semble que le gouvernement Harper souhaite faire les yeux doux à la francophonie en prévision des prochaines élections.

S’il est indispensable de souligner la nomination de Maxime Bernier, ancien ministre de l’Industrie, qui prend les commandes des Affaires étrangères, l’attention des communautés francophones à travers le pays s’est inévitablement portée sur les nouvelles attributions de la ministre Josée Verner.

À la tête de son tout nouveau ministère de Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles, elle cristallise les attentes de l’ensemble de la francophonie.

Langues officielles

Une francophonie qui, au passage, perd son portefeuille officiel, et sera selon toute vraisemblance sous-jacente aux nouvelles attributions de Mme Verner.

Un bémol qui suscite quelques inquiétudes au sein des organismes francophones, à l’image de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, dont le président Jean-Guy Rioux regrette l’existence: «Avec les célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec l’an prochain, avec le Somment de la Francophonie qui se tiendra dans la Vieille Capitale à la même période, ce portefeuille nous semblait plus pertinent que jamais.»

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Une guerre de mots néanmoins, comme le souligne le président, puisque, «selon la Loi sur les langues officielles, c’est à la ministre de Patrimoine canadien que revient la responsabilité de veiller à ce que l’ensemble des institutions fédérales adoptent des mesures pour mettre en œuvre les engagements du gouvernement fédéral en matière de langues officielles.»

Et d’ajouter: «Or, depuis février 2006, c’est à titre de ministre de la Francophonie et des Langues officielles que Mme Verner assumait ces responsabilités, tandis que la ministre du Patrimoine canadien, Mme Oda, ne s’occupait pas du dossier des langues officielles. Cette structure manquait quelque peu de clarté.»

Patrimoine canadien

Bev Oda, la prédécesseure de José Verner au Patrimoine canadien, n’avait jamais su émerger du marasme dans lequel on l’avait plongé dès ses débuts, et s’était rapidement attirée les foudres de la francophonie et plus largement du monde culturel pancanadien.

La nomination de Josée Verner à la tête de Patrimoine canadien représente sans doute la plus importante promotion du gouvernement Harper, mais également la plus risquée. Josée Verner bénéficie d’un avantage qui peut s’avérer très rapidement un inconvénient s’il est mal géré: elle ne bénéficie d’aucune expérience dans le domaine de la culture et, par conséquent, n’a pas encore de réputation – positive comme négative – dans le domaine.

Mais, à la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), l’annonce est tout de même accueillie avec un certain espoir, comme le précise Raymonde Boulay-Leblanc, la présidente de l’organisme: «Lors de son précédent mandat, les échanges que la FCCF a eu avec Mme Verner ont toujours été marqués par son intérêt personnel pour le milieu culturel et artistique de la francophonie canadienne. En ce sens, cette nomination vient susciter de nouvelles attentes. La FCCF reste confiante qu’elle trouvera en la nouvelle ministre du Patrimoine canadien une interlocutrice à la fois attentive et respectueuse de nos enjeux et défis.»

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La présidente souligne également l’importance du rôle de la culture à une époque où la dualité linguistique et salue le choix à ce poste d’une ministre bilingue: «C’est encourageant, car encore aujourd’hui, alors que la culture francophone devrait occuper au Canada une place centrale, celle-ci ne lui est toujours pas octroyée. La FCCF souhaite vivement que Mme Verner fasse preuve d’un leadership renouvelé à Patrimoine canadien afin que le gouvernement fédéral considère définitivement l’élargissement de la portée du prochain Plan d’action pour les Langues officielles au domaine des Arts et de la Culture de la francophonie canadienne».

Tous se rejoignent en tout cas sur le fait que Josée Verner aura de quoi s’occuper dans les mois à venir, avec ce volet majeur de ses nouvelles attributions. Elle aura notamment à sa charge quelques dossiers en stagnation depuis des mois, avec les règlements de la réforme du droit d’auteur et l’établissement de la nouvelle politique muséale.

Deux dossiers chauds qui viendront s’ajouter aux classiques polémiques qui entourent constamment les milieux des festivals et du cinéma, aux préparatifs du 400e anniversaire de la ville de Québec en 2008 et à la nomination d’un nouveau président à la tête de Radio Canada.

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