Langues officielles: confusion sur les intentions des Conservateurs

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L’Express & Presse canadienne – Le député libéral d’Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, se dit inquiet de la motion déposée par le député conservateur de Glengarry-Prescott-Russell Pierre Lemieux qui a demandé au gouvernement fédéral de «créer un programme dont l’objectif serait d’assurer la reconnaissance des droits linguistiques des communautés de langue officielle en situation minoritaire».

L’initiative pourrait servir d’alternative au Programme de contestation judiciaire, dont l’abolition il y a quelques mois par les Conservateurs a soulevé un tollé de protestations et que les Libéraux ont promis de restaurer. L’affaire a été portée devant les tribunaux et le Commissaire aux langues officielles en a été saisi.

Du côté du lobby politique francophone national, la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA), on est aussi perplexe. «La FCFA apprécie l’ouverture envers la dualité linguistique que démontre la motion déposée par le député Lemieux», a-t-elle fait savoir par voie de communiqué, mais elle fait remarquer qu’une telle proposition «n’a pas encore été faite par le gouvernement».

«La motion déposée par M. Lemieux propose la création d’un programme dont l’objectif serait d’assurer la reconnaissance des droits linguistiques des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. C’est une intention louable, mais comme l’indique M. Lemieux, c’est le début du processus, et nous ne connaissons pas encore la teneur de ce que le gouvernement aurait à nous proposer», a indiqué le président de la FCFA, Jean-Guy Rioux.

La FCFA poursuit son recours devant les tribunaux relativement à l’abolition du Programme de contestation judiciaire. Elle affirme demeurer ouverte à toute proposition du gouvernement visant à résoudre favorablement le litige pour les communautés francophones et acadiennes.

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Le débat sur le Programme de contestation judiciaire serait aussi à l’origine de la bisbille qui a éclaté la semaine dernière au sein du Comité parlementaire permanent sur les langues officielles. Mardi dernier, les trois partis d’opposition à Ottawa ont dénoncé l’attitude du président du Comité, le Conservateur Guy Lauzon, député de Stormont-Dundas-South Glengarry Sud, qui a annulé une séance à la dernière minute parce qu’il disait en avoir entendu suffisamment sur la question et parce qu’il jugeait les travaux du comité qu’il préside «trop partisans».

M. Lauzon est un «dictateur» qui a outrepassé ses pouvoirs et devrait démissionner, selon le député néo-démocrate Yvon Godin. Ce dernier entend d’ailleurs présenter une motion à cet effet au comité le plus tôt possible.

M. Lauzon a assuré que le choix d’annuler les rencontres à quelques minutes d’avis émanait de lui seul et ne découlait pas d’une demande du bureau du Premier ministre, comme l’ont insinué ses adversaires. «Je n’ai pas besoin de consulter avec les autres pour prendre mes décisions. J’ai mes principes», a-t-il déclaré. Il maintient qu’il craignait que la «partisanerie» fasse oublier le bon travail fait par le comité des langues officielles au cours des derniers mois.

Les Libéraux Raymonde Folco et Pablo Rodriguez jugent farfelues les explications de M. Lauzon. À leur avis, en annulant la réunion les Conservateurs ont surtout voulu éviter un débat sur le programme de contestation judiciaire, dans lequel ils ont sabré l’automne dernier.

M. Rodriguez a été jusqu’à qualifier la justification de M. Lauzon de «chose la plus ridicule» qu’il ait entendue depuis qu’il est en politique. Selon lui, l’attitude du président est «antidémocratique et tellement ridicule que c’en est presque risible».

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