Langue française : peu d’offre, beaucoup de demande

19 août
La Nouvelle-Orléans
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Selon Statistiques Canada, plus de trois touristes sur quatre au Canada viennent des États-Unis. Nous avons beaucoup à offrir: paysages magnifiques, peuple amical, prix compétitifs, excellentes routes et installations, sécurité, confort, multiculturalisme…

Et une de nos ressources les plus précieuses, qui demeure sous-utilisée: la culture française.

«Et le Québec alors?», me demanderez-vous.  Et bien, je suis d’accord avec vous. La préservation de la langue française au Québec est une formidable réussite.

L’originalité du Canada

Mais peut-être aurions-nous besoin de plus de «Belle Province» en Ontario! Grâce à la persévérance de la population francophone du Canada, notre pays a réussi à sauver une partie de ce qui le rend unique en Amérique du Nord: la langue et la culture française.

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Il y a, récemment, un regain d’intérêt pour la culture française aux États-Unis. Les entrepreneurs en Louisiane ont réalisé que la commercialisation de la cuisine française et de la culture française représentait un réel gain financier, car les gens veulent réellement vivre une expérience authentiquement française sans avoir à se rendre en France.

«Bonjour, sorry»

Mais «l’expérience française» en Louisiane n’a pas été un succès total en raison de son manque d’authenticité. Des clients ont rapidement été déçus par l’expérience lorsqu’ils ont été accueillis par des restaurateurs «d’ascendance française» dont les premiers mots étaient: «Bonjour, sorry, my French is bad.»

Thomas Jefferson, qui a vécu à Paris de 1784 à 1789, a été l’un des premiers membres de l’élite à vanter les mérites de la France. Dans une lettre à Abigail Adams, il écrit: «Ici, nous chantons, dansons, rions et nous réjouissons. Quand notre roi sort, ils tombent et embrassent la terre où il a marché. Et puis ils continuent à s’embrasser. Ils ont autant de bonheur en un an qu’un Anglais en a au cours d’une décennie.» (Source: Babbel Magazine)

Statue de Thomas Jefferson à Paris. Photo: Guilhem Vellut, Wikipedia Commons

Un autre mode de vie

Peut-être que le rythme implacable de la quatrième révolution industrielle a laissé l’Américain moyen fatigué de son déjeuner fast-food, acheté sur le pouce et livré dans un sac en carton.

Elle l’a laissé rêvant d’un autre genre de vie: une vie ou il pourrait s’asseoir dans un beau café, savourer une cuisine authentique, et entendre un autre langage, une autre musique, et un autre accent.

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Et tandis que, pour la plupart des Américains, la France est trop éloignée et trop chère, le Québec et l’Ontario sont juste à côté.

Mississauga

Francophile depuis toujours, je suis attristée par la perte de la culture française en Ontario. J’ai été choquée de constater que la bibliothèque publique de Mississauga ne disposait que de quelques livres pour les apprenants de langue française et pratiquement aucun pour ceux ayant un niveau avancé.

J’ai été déçue de ne pas pouvoir profiter de cuisine française authentique, regarder une pièce de théâtre ou un film français dans ma ville.

Avec beaucoup d’effort, j’ai finalement trouvé un cours de français parrainé par le gouvernement. Mais, là aussi, le nombre de niveaux était limité.

J’ai également été surprise de constater qu’à Mississauga, une ville de près d’un million d’habitants, il y avait très peu de garderies et seulement deux écoles secondaires entièrement francophones.

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Les drapeaux de la francophonie canadienne.

 

S’intégrer ou s’assimiler

J’ai aussi surtout été déçue de rencontrer une Québécoise qui m’a dit que ses propres enfants ne parlaient pas français, car elle voulait qu’ils «s’intègrent facilement» dans la société anglophone. Quelle perte!

Il est grand temps de réaliser qu’en Ontario, nos villes ne gagnent rien à devenir des centres commerciaux sans visage ou caractère unique, copies conformes de centaines de villes Américaines à un jet de pierre des nôtres.

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