La peur des prix et des taux d’intérêt

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Depuis des années, on parle de la percée importante des pays dits émergents dans l’économie mondiale. Les spécialistes parlent du «BRIC» qui réunit le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine.

Ces 4 pays représentent près de la moitié de la croissance de la demande mondiale. Avec le développement de ces économies et les nombreux investissements effectués par des entreprises locales et étrangères, il est possible que nous arrivions tout près d’une certaine limite de capacité de production. Tout le monde a bien profité des faibles coûts de main-d’œuvre, tous les pays veulent leur part du gâteau dans le festival de la croissance économique de la Chine en particulier, maintenant il est possible qu’on soit en train d’arriver à saturation.

Cela dit, il faut tout de suite se rétracter: le capitalisme, par définition, n’arrive jamais à saturation. En fait, si on constate un manque de capacité de production, il devient alors urgent de créer de nouvelles possibilités, et il y a toujours des gens quelque part qui seront prêts à investir, développer, profiter.

Ainsi, le Wall Street Journal écrivait mercredi dernier qu’il faudra acheter de nouvelles terres, construire de nouvelles usines, améliorer les salaires pour augmenter l’offre des pays en émergence et ainsi répondre à une demande qui semble ne jamais vouloir s’essouffler. Et, la conséquence première de ces nouveaux investissements, ce sera une augmentation des prix.

L’inflation fait terriblement peur aux investisseurs des marchés mondiaux. Si l’inflation augmente, c’est dire qu’il faudra majorer les taux d’intérêt pour tenter de contrôler et ralentir l’inflation. Et, si on augmente les taux d’intérêt, il se pourrait qu’il y ait alors ralentissement de la croissance économique.

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Ce jeu de domino a mené, la semaine dernière, à une impressionnante dégringolade boursière à Toronto, New York et en Europe. Et, on peut se demander quand s’arrêtera ce recul boursier parce que la tendance des taux d’intérêt est définitivement à la hausse en Europe et au Canada, et elle le sera peut-être très bientôt aux États-Unis également.

Chômage et emplois en Ontario

Le taux de chômage est stable au Canada depuis le début de l’année, toujours à son plus bas en 33 ans. Le taux canadien s’est établit à 6,1% en mai, alors qu’en Ontario, il s’est retrouvé à 6,3%, en baisse de 3 dixièmes de point.

Il s’est créé 11 900 emplois, des postes à temps plein. Il se perd toujours des emplois manufacturiers, mais il s’en crée dans les services. Toutefois, l’Ontario accuse un retard sur la moyenne canadienne depuis le début de l’année.

Voici les statistiques pour quelques villes ontariennes avec, entre parenthèses, les données du mois précédent :
Toronto: 6,9% (6,9)
Hamilton: 6,1% (6,1)
Kitchener: 5,6% (5,7)
London: 5,9% (5,6)
Oshawa: 6,0% (6,2)
St. Catharines-Niagara: 5,7% (6,3)

Un autre prétendant pour BCE

Le grand patron de BCE Michael Sabia a eu beau s’évertuer à dire, la semaine dernière, que la privatisation de son entreprise n’était pas la seule solution envisagée, il n’en demeure pas moins que des groupes gigantesques s’intéressent au géant canadien des télécommunications.

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Un troisième consortium a confirmé son intérêt pour BCE: la caisse de retraite des enseignants de l’Ontario Teachers s’associe à la firme américaine d’investissement Providence Equity Partners, déjà très présente dans le secteur des télécoms, pour entamer des discussions avec la direction de BCE. Teachers détient 6,3% des actions de l’entreprise et ce ne sont pas les inquiétudes des petits actionnaires, qui aiment les dividendes réguliers, qui vont freiner l’ardeur des grands groupes prêts à avaler BCE.

Et, de toute évidence, ce ne sont pas non plus les employés, qui manifestaient leur mécontentement la semaine dernière à Montréal en marge de l’assemblée annuelle, qui vont faire le poids. Une décision de la part de BCE est attendue d’ici septembre.
 
Gérald Fillion est journaliste spécialisé en économie à Radio-Canada. Consultez son carnet: www.radio-canada.ca/carnet.

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