La médecine de demain se prépare à Toronto

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Dans le coin Nord Est de l’hôpital Western de Toronto, se dresse depuis quelques mois un immeuble gris flambant neuf. Conçu de manière écologique, le bâtiment favorise aussi la qualité de vie des gens qui y travaillent: garages à bicyclettes avec douches attenantes, espaces de détente, terrasses, jardins.

Cet édifice moderne n’est autre que la tour Krembil (Krembil Discovery Tower) récemment inaugurée. Construite grâce à une combinaison de financements provenant des hôpitaux, de subventions de recherche et du soutien de nombreux philanthropes, y compris Bob et Linda Krembil, elle concentre sur plusieurs étages des chercheurs et thésards, dans des domaines particuliers des neurosciences: AVC, maladies musculo-squelettiques, blessures de la moelle épinière, Parkinson, Alzheimer, épilepsie, arthrite ou encore dégénérescence visuelle.

Sur un étage travaille le professeur Michael Tymianski, qui développe un médicament neuro-protecteur contre l’AVC. Son travail se concentre actuellement sur NA-1, un traitement qui serait capable de limiter les dommages causés au cerveau par l’AVC. NA-1 est actuellement en essai clinique.

Sur un autre étage, le professeur Andres Lozano travaille sur la stimulation cérébrale profonde, une technique dont les tests sont de plus en plus précis. Elle permet aux chirurgiens de placer des électrodes dans presque toutes les régions du cerveau pour en corriger le dysfonctionnement. Le professeur Lozano a fait des essais cliniques sur des cas de dépression, de Parkinson, d’Alzheimer, et même d’anorexie chronique.

Au 7e étage, les professeurs Micheal Fehlings et Charles Tator travaillent sur leur spécialité: la colonne vertébrale. Leurs recherches utilisent des cellules souches, afin de régénérer la moelle épinière après une lésion.

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En parcourant les longs couloirs de la tour Krembil, on peut aussi apercevoir, derrière les vitres, les étudiants thésards qui travaillent dans les laboratoires aux étagères remplies de matériel d’essais scientifiques.

Car les chercheurs ont besoin, en plus de temps et de financements, d’un espace de travail moderne, d’ordinateurs, et de matériel pour leurs essais in vitro et in vivo.
Ces essais sont contrôlés très strictement par le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA), qui s’assure que l’utilisation des animaux en recherche permet de contribuer au développement de connaissances dont les humains ou les animaux pourraient bénéficier.

La réunion de ces chercheurs au même endroit pour travailler et échanger sur leurs recherches n’est pas anodine. «La tour amène un ensemble de personnes qui vont confronter leurs idées, développer des stratégies», explique le professeur Philippe Monnier, qui, au 4e étage, concentre principalement ses recherches sur les axones, ou fibres nerveuses du système nerveux central.

Il rappelle qu’il y a 60 ans, le 25 avril 1953, Francis Crick et James Watson décrivaient pour la première fois dans une étude la structure de l’ADN (acide désoxyribonucléique), molécule en forme de double hélice renfermant le patrimoine génétique de toute forme de vie, après avoir partagé discussions et recherches autour… d’un café. Une trouvaille qui allait bouleverser le monde de la biologie et de la génétique, et qui s’est faite grâce à une rencontre de chercheurs.

«À la tour Krembil, nous continuons à recruter les meilleurs scientifiques. Nous avons besoin d’une communauté pour promouvoir les découvertes», poursuit le professeur Monnier. «Le docteur Valérie Wallace, la nouvelle directrice du programme sur la vision, a d’ailleurs commencé à travailler sur l’œil.»

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Philippe Monnier rappelle que le nouveau directeur du centre de recherche, Donald Weaver, est animé d’une véritable volonté de développer un programme en neurosciences et en vision avec la communauté de chercheurs de la tour Krembil: le mythe du scientifique qui travaille dans son coin peut être définitivement oublié.

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