La loi peut-elle remédier à l’insécurité linguistique?

Des jeunes témoignent devant la commission sénatoriale

La sénatrice Lucie Moncion et le sénateur René Cormier ont accueilli une délégation de jeunes au Sénat dans le cadre d’audiences visant à alimenter une réforme de la Loi sur les langues officielles. (Photo: Sénat du Canada)


13 septembre 2017 à 12h12

En direct du Sénat sur les réseaux sociaux, le 8 septembre, une douzaine de membres de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) ont fait état des réalités des langues officielles dans leur milieu. Le tour de table n’a pas apporté de nouvelles idées de réforme de la Loi sur les langues officielles (LLO). Mais il esquisse le portrait d’une jeunesse préoccupée par des questions d’identité et d’épanouissement.

«Une des choses qui m’a le plus impressionnée, c’est l’engagement incroyable de ces jeunes», a déclaré à Francopresse une des hôtes du Comité des langues officielles du Sénat, Lucie Moncion. «Ils cherchent vraiment à faire rayonner leur francophonie et leur bilinguisme chez eux d’une manière inclusive.»

«Le français est parlé de plusieurs façons partout au Canada», estime l’unique sénatrice franco-ontarienne, «même si ce n’est pas toujours un français correct. Ces jeunes vivent la même expérience que les anglophones du Québec avec leur langue première.»

Le Comité du Sénat (13 membres) a lancé un exercice pour moderniser le cadre législatif des langues officielles.

Il tire de la rencontre trois grandes idées: un enseignement obligatoire dans les deux langues officielles dès l’entrée à l’école et partout au pays; un financement équitable de l’enseignement en français (langues première et seconde); et des campagnes de promotion nationales sur les multiples avantages du bilinguisme.

La démarche du Sénat est indépendante de la révision statutaire et périodique de la LLO, explique Lucie Moncion. «Patrimoine canadien fait un certain niveau d’analyse et de recherche. Nous allons présenter un autre point de vue, un document complémentaire avec des recommandations au ministère.»

Le Comité sénatorial prévoit élaborer un total de cinq rapports préliminaires au cours de la prochaine année (jeunesse, éducation et culture, acteurs ayant vécu l’évolution des langues officielles, justice et institutions fédérales) et un rapport final au printemps 2019. Le premier rapport, sur la jeunesse, est attendu à la fin de l’automne.

La prochaine étape de ce volet aura lieu du 21 au 23 septembre à Charlottetown (IPÉ). Cinq sénateurs seront mobilisés pour une rencontre de jeunes Acadiens et francophones de l’Atlantique.

La FJCF a tenu le 10 septembre son assemblée annuelle et adopté ses priorités stratégiques pour la prochaine année. Il est question de sécurité linguistique, de réconciliation avec les peuples autochtones, du bilinguisme de la capitale nationale, d’appui aux demandeurs d’asile et d’accès au postsecondaire en français.

Table ronde sur la modernisation de la Loi sur les langues off…

EN DIRECT : Le sénateur René Cormier (Bureau du Sénateur René Cormier) et la sénatrice Lucie Moncion discutent de la modernisation la Loi sur les langues officielles avec une délégation de jeunes de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) / LIVE: Senators René Cormier and Lucie Moncion discuss the modernization of the Official Languages Act with a delegation of youth from the Fédération de la jeunesse canadienne-française. #SenCA #cdnpoli #polcan #OLLO

Posted by Senate of Canada – Sénat du Canada on Friday, September 8, 2017

Lucie Moncion

Sénatrice indépendante nommée il y a un an en vertu du nouveau processus où les intéressés peuvent postuler pour cette fonction qu’ils pourront occuper jusqu’à l’âge de 75 ans, Lucie Moncion «commence à comprendre le fonctionnement» de l’appareil politique fédéral et trouve son nouveau travail «passionnant», a-t-elle dit en entrevue à L’Express.

Ce n’est pas une sinécure: en plus du comité des Langues officielles, elle siège aux comités de la Défense, des Finances et de celui des Banques et du Commerce (plus proche de sa spécialité et de son expérience).

«Et je tiens à lire et à réviser, souvent dans le détail, tous les rapports sur lesquels je travaille», assure-t-elle.

Elle s’est dite touchée par les témoignages des jeunes francophones, «qui rejoignent la mienne et celle de ma famille dans le Nord de l’Ontario». Le fait français au pays est une affaire de «résilience», admire-t-elle.

Le prochain Plan d’action sur les langues officielles devra bien sûr comporter davantage de ressources pour les programmes et initiatives de promotion des langues officielles, dit-elle, mais aussi plus de «mordant» dans l’application de la loi.

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