La GG dans la mêlée

Les armoiries de Julie Payette, créées par l'Autorité héraldique du Canada, comprennent notamment un casque d'astronaute.
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Notre nouvelle gouverneure générale, l’ex-astronaute Julie Payette, a choqué le bourgeois, le 1er novembre, en paraissant insulter les Canadiens qui croient en Dieu (la majorité?), spécifiquement en un Dieu ayant eu un rôle à jouer dans la création de la vie et de la nature.

La représentante de la reine, qui occupe un poste cérémonial soi-disant au-dessus de la mêlée politique et des controverses, s’adressait à la 9e Conférence sur les politiques scientifiques canadiennes, un événement de trois jours rassemblant à Ottawa 700 personnes venues entendre 200 orateurs et panélistes d’entreprises, universités, gouvernements et autres institutions participant à un «dialogue national non partisan et inclusif sur les politiques en matière de sciences, de technologies et d’innovation».

«Pouvez-vous croire que nous sommes encore en train de nous demander si la vie est le résultat d’une intervention divine ou si elle vient d’un processus naturel ou même, oh my goodness, lo and behold, d’un processus aléatoire?», a-t-elle demandé à son auditoire conquis d’avance.

Elle en a aussi profité pour se moquer d’autres superstitions comme l’homéopathie et l’astrologie, et pour inviter le grand public à rester vigilant face à la «désinformation» qui circule dans la myriade de médias d’information à laquelle nous avons maintenant accès.

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Le chef conservateur Andrew Scheer a exprimé sur Facebook sa déception face au mépris affiché ici envers les croyances «des peuples autochtones et des musulmans, juifs, sikhs, chrétiens et autres qui croient en la vérité de leur religion». Le respect pour la diversité inclut le respect pour la diversité des croyances religieuses, dit-il, en prenant soin d’attaquer non pas directement la gouverneure générale, mais bien le premier ministre Justin Trudeau qui l’a défendue.

La reine Elizabeth II, chef d’État de la Grande-Bretagne et d’anciennes colonies comme l’Australie et le Canada, est aussi nominalement la chef de l’Église anglicane. Certains ont donc vu, dans cette sortie antimysticisme rafraîchissante de Julie Payette, la preuve d’un travail de sape de la monarchie!

Si seulement c’était vrai… La réalité est sûrement plus prosaïque: habituée à exprimer librement ses opinions en privé comme en public, cette femme au parcours extraordinaire et aux multiples talents n’a pas encore appris à modérer ses transports en tant que gouverneure générale. On le lui expliquera sans doute gentiment…

Julie Payette se serait plutôt «abaissée» au niveau d’une ministre du gouvernement libéral – et même plus «bas», puisque les politiciens ne s’aventurent presque jamais à critiquer les croyances religieuses de leurs électeurs, aussi farfelues ou dangereuses soient-elles.

La gouverneure générale a toutefois dilué son effet en affichant gratuitement son biais alarmiste personnel (qui est aussi celui du gouvernement actuel) dans le débat scientifique, économique et politique mondial sur les changements climatiques: «Pouvez-vous croire qu’encore aujourd’hui malheureusement, parmi les gens éduqués et dans les parlements et gouvernements, on se questionne si les humains jouent un rôle dans le réchauffement de la planète ou même si la Terre se réchauffe?»

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Or, bien sûr qu’on se questionne: c’est le propre de la science et du journalisme. Ce sont les prophètes d’apocalypse climatique qui ont cessé de se questionner et qui tentent désespérément de museler leurs critiques.

La ministre Catherine McKenna.
La ministre Catherine McKenna.

Personne ne nie que la Terre s’est réchauffée au 20e siècle ou que les humains (l’industrialisation, l’urbanisation, la déforestation) influent sur le climat: les humains font partie de l’écosystème. Mais on peut légitimement douter de l’ampleur de cette influence, estimer que les facteurs naturels restent plus puissants, et constater que les modèles informatiques prédisant un réchauffement exponentiel, une montée rapide du niveau de la mer et d’autres catastrophes se sont tous trompés lourdement.

Julie Payette faisait aussi écho à notre ministre de l’Environnement et des Changements climatiques Catherine McKenna, qui n’hésite pas à qualifier de «négationniste» tout adversaire politique ou commentateur qui dévie de la ligne alarmiste dans ce débat. Elle a expressément demandé récemment à un journaliste de cesser de l’affubler du surnom sexiste «Climate Barbie», qui résume pourtant à merveille son apparence et ses politiques: belle blonde superficielle.

Qui dit que la politique canadienne est plate?

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