Climat : revenir sur Terre

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Dans un commentaire de veille du Jour de l’An, en parlant de «la fausse nouvelle la plus tenace de ce début de 21e siècle», le changement climatique catastrophique causé par l’industrialisation, je souhaitais que «2017 soit l’année où, grâce à Donald Trump, on se débarrasse enfin de cette obsession ruineuse et de ses gourous pseudo-scientifiques, pour s’occuper de la vraie pollution et des vrais défis environnementaux».

Mon voeu est peut-être en voie d’être exaucé : le président américain vient d’annoncer que les États-Unis se retireront de l’accord international de Paris sur la lutte contre les changements climatiques, faisant valoir qu’il entraînerait des répercussions économiques négatives pour les travailleurs américains, notamment dans les industries de l’automobile, du ciment, du charbon et du gaz naturel associées au CO2 maudit.

C’est encore trop diplomatique.

Trump aurait dû s’attaquer de front à ce qu’il a déjà qualifié de «canular»:

– la prétention qu’une majorité de scientifiques affirment que le climat est dangereusement déréglé par l’industrialisation et l’expansion de l’humanité (faux: il y a consensus sur une influence probable, pas sur son ampleur, encore moins sur son dépassement des facteurs naturels),

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– et l’idée chimérique qu’on puisse contrôler la température de la planète simplement en réduisant nos émissions de CO2 dans l’atmosphère (alors que l’augmentation du CO2 est plus souvent une conséquence qu’une cause du réchauffement).

Le climat a plus d’impact sur l’environnement que l’inverse. Par exemple, polluée ou non, surpeuplée ou non, une région n’en sera pas moins tropicale ou boréale. Et l’humanité a plus d’impact sur l’environnement que sur le climat. Combattre la vraie pollution de l’eau et de l’air qui affecte notre santé et la vie autour de nous est plus utile – et réalisable – que tenter d’influer sur la météo des prochaines décennies en limitant nos émissions de CO2 non toxique, qui est en réalité bénéfique à la végétation.

Plusieurs dirigeants étrangers – européens surtout, mais aussi nos Justin Trudeau, Kathleen Wynne et Philippe Couillard – ont dénoncé la décision de Donald Trump, qui hypothéquerait selon eux l’avenir de nos enfants. C’est plutôt leur détournement de ressources et d’efforts vers cette fausse crise qui retarde la résolution de vrais problèmes, environnementaux et autres.

J’admets qu’il est difficile d’accepter qu’un politicien populiste malpoli comme Trump puisse avoir raison ici (même motivé par de basses considérations électorales ou économiques), et que des élus plus sophistiqués et articulés comme Macron ou Merkel puissent se tromper (même animés de plus nobles sentiments).

Trump se fourvoie parfois lourdement et tweet souvent des énormités, mais ici il est bien conseillé. Ce sont les politiciens qui n’écoutent que les prophètes de malheurs qui portent des oeillères.

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La Chine, la Russie et plusieurs autres pays ont signé l’accord de Paris les doigts croisés dans le dos, ou parce qu’on les a exemptés d’obligations, ou carrément parce qu’on leur promettait une récompense financière. Face au courage ou à l’indépendance ou au je-m’en-foutisme de Trump, nos dirigeants sincèrement inquiets de l’avenir de la planète doivent revenir sur Terre.

Cela signifie:

• cesser de parler de cet enjeu en termes apocalyptiques, d’affirmer que c’est le plus grand défi de notre époque ou que l’humanité est menacée d’extinction: c’est de la religion ou de la démagogie, certainement pas de la science ni du journalisme;

• cesser de traiter les scientifiques et les commentateurs sceptiques ou optimistes de «négationnistes» à la solde du pétrole: les enjeux environnementaux et climatiques méritent un débat rationnel, comme tous les autres enjeux d’ailleurs;

• se réhabituer à parler d’«émissions» de gaz à effet de serre, pas de «pollution»: une dérive récente de nos gouvernements et de nos médias qui entretient la confusion entre environnement et climat;

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• reconnaître que les experts sont divisés sur les tenants et les aboutissants du changement climatique; que de toute façon la science n’est pas un concours de popularité; et réformer les réunions internationales et les comités de l’ONU sur le climat afin de refléter cette pluralité d’angles d’analyses et d’opinions.

• continuer d’étudier l’évolution du climat, ses causes naturelles autant qu’humaines, ses conséquences positives autant que négatives, les moyens de l’orienter si c’est souhaitable/possible autant que de s’y adapter puisqu’il le faut… mais sans violence: dans le respect de ceux qui ont d’autres passions et d’autres priorités.

La décision de Donald Trump de sortir de l’accord de Paris n’est pas un geste «anti-science» ni «anti-environnement», au contraire selon moi. Les États-Unis restent une locomotive de la science et du progrès, et ce coup de barre politique s’avèrera salutaire.

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