La futurologie d’Asimov au service de la planification urbaine

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Des formules mathématiques appliquées à la démographie aident déjà à dessiner les contours de la ville de l’avenir. Guillaume Marois, du Centre Urbanisation Culture et Société de l’Institut national de la recherche scientifique, rêve de parvenir à un résultat semblable, mais à plus petite échelle, celle des localités.

«Ce qui m’intéresse, c’est d’objectiver la réalité par des calculs et en ajoutant des dimensions susceptibles d’améliorer nos modèles de projection», explique le jeune démographe qui s’inspire alors de la psycho-histoire d’Asimov – une science fictive où les connaissances psychologiques et sociales permettraient de prévoir l’histoire.

Dans le cadre de sa thèse de doctorat en démographie, il a développé un nouvel outil — le Local Demografic Simulations — destiné à faciliter la planification urbaine. Pour appréhender les mouvances démographiques, son modèle effectue des projections à petite échelle, celle des localités.

Contrairement aux macroprojections traditionnelles avec lesquelles jonglent habituellement les démographes, le modèle qu’il a développé en collaboration avec son directeur de recherche, Alain Bélanger, s’attache à caractériser les profils individuels.

«Chaque individu possède un profil différent: âge, sexe, langue parlée, statut d’immigrant, etc. Lorsqu’on le connaît, on peut caractériser sa mobilité dans la ville», soutient le jeune chercheur. Il suffit alors de faire la somme de tous ces profils individuels en tenant compte des variables locales, par exemple, le nombre de logements construits pour bâtir des scénarios de mobilité démographique fiables.

En manque de données

Face à l’un de nos principaux défis démographiques, celui de planifier au mieux les infrastructures municipales selon la vitesse du vieillissement de la population urbaine, le jeune chercheur se fait plutôt rassurant.

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«Le changement démographique est un phénomène assez lent. Et comme les aînés de demain sont les résidents vieillissants d’aujourd’hui, on travaille à partir de certaines certitudes», avance-t-il. Par exemple, certaines municipalités qui affichent un développement résidentiel actuellement faible sont aussi celles où la population peu mobile vieillira plus rapidement.

Toutefois, certaines inconnues pourraient venir brouiller les cartes, tels les modifications des politiques d’immigration ou le changement récent de collectes d’informations démographiques au sein de la population canadienne.

L’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, qui a remplacé le recensement long, offre en effet des résultats moins fiables, ce qui pourrait nuire aux projections démographiques des chercheurs de l’INRS.

Pour pallier les données insuffisantes, et alors que le prochain recensement de 2016 pourrait être aboli, il serait possible de contourner le problème, avance le jeune chercheur.

«Les données existent déjà au sein des différentes instances fédérales et provinciales, comme les régimes d’assurance maladie ou les services de l’immigration. Mais les chercheurs n’ont malheureusement pas accès à ces données», constate-t-il déçu.

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