La fascination méconnue des impressionnistes pour l’industrie

À l’AGO jusqu’au mois de mai

De quoi méditer.
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Publié 19/02/2019 par Alicia Blancher

Monet, Pissaro, Degas… Ces noms ne nous sont pas étrangers. Si on connaît bien leurs œuvres, on associe rarement ces peintres impressionnistes à la Révolution industrielle.

Revisiter ce mouvement pictural à travers les transformations technologiques du XIXe siècle, c’est le pari que s’est lancé il y a un peu plus d’un an le Musée des Beaux Arts de l’Ontario (AGO).

«Il y a beaucoup de travaux sur l’impressionnisme, mais rien en lien avec l’industrie. Or le XIXe siècle a connu de nombreux changements dans ce domaine», explique la professeur Caroline Shields lors d’une présentation de l’inauguration de l’exposition Impressionism in the Age of Industry la semaine dernière.

La promotion et l’affichage de l’exposition sont en anglais seulement, l’AGO n’étant pas une agence publique au même titre que le ROM et le Centre des sciences, même si elle reçoit chaque année des millions de dollars de subventions du gouvernement provincial.

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Stephan Jost, directeur de l’AGO, et la coordonnatrice de l’exposition, Caroline Shields

Caroline Shields est à l’origine du projet, qui a nécessité un travail monumental pour faire venir des œuvres du monde entier.

Si l’exposition fait la part belle aux peintures, on retrouve également des photographies, des sculptures, ou encore des courts-métrages.

120 œuvres sont à découvrir à l’AGO jusqu’au mois de mai.

Tableaux, sculptures, films… il y en a pour tous les goûts!

L’idée s’est forgée en observant les changements stimulants, mais aussi les défis, auxquels est confrontée la ville de Toronto en raison de son développement économique

«C’est un voyage dans le temps, toujours pertinent aujourd’hui», souligne Caroline Shields.

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Entre célébration et critique

«Les artistes impressionnistes ont été captivés par le développement industriel. C’est l’histoire que l’on veut vous raconter», révèle-t-elle.

L’énergie de la ville, les infrastructures démesurées, le flux incessant des passants… L’ère industrielle transpire dans les œuvres exposées à l’AGO.

Parmi les artistes mis à l’honneur, on rencontre évidemment Claude Monet, et notamment son tableau de La Gare Saint-Lazare, le chemin de fer étant un symbole puissant des transformations du XIXe siècle.

«La gare Saint-Lazare» de Claude Monet

Néanmoins, des peintres moins célèbres sont bien présents ici.

Gustave Caillebotte, par exemple, illustre dans Le Pont de l’Europe les mouvements accélérés de la ville et évoque l’évasion avec le train. Si l’on peut observer une célébration des nouvelles possibilités grâce aux avancées industrielles, on ressent tout de même une pointe de critique.

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«Les gens sont isolés. C’est le portrait d’une ville qui a changé, qui n’est plus la leur», analyse Caroline Shields.

«Le Pont de l’Europe» de Gustave Caillebotte

«Voir ce qu’il y a derrière les scènes »

La révolution industrielle ne se résume pas aux infrastructures ferroviaires ou aux usines. C’est ce que souhaite montrer cette exposition. C’est pourquoi une section est consacrée aux travailleurs, de la ville comme de la campagne, des hommes comme des femmes.

«Une femme repassant» d’Edgar Degas

À travers ces tableaux, les peintres magnifient bien souvent leur environnement, sans amoindrir leurs difficultés, mais redonnent aussi une individualité et de la dignité à ces petites mains. «Il s’agit de voir ce qu’il y a derrière les scènes.»

«The Steelworks» de Maximilien Luce

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