La face cachée du Toronto francophone

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Publié 28/03/2006 par l-express.ca

Invité de la Société d’histoire de Toronto, Paul-François Sylvestre a prononcé une causerie dans le cadre de la Semaine de la francophonie le 24 mars. Il a choisi de présenter un florilège de ces personnalités franco-torontoises qui passent souvent inaperçues.

Il y a des noms qui s’imposent tout de go parce que des institutions ou des rues portent leur nom. C’est le cas d’Étienne Brûlé, de Mgr de Charbonnel, de Jacques Baby (Baby Point), de Laurent Quetton de Saint-Georges (rue St. George), d’Omer Deslauriers et de Laure-Rièse. Ces exemples ne constituent que la pointe de l’iceberg.

Une douzaine d’athlètes, artistes ou écrivains nés à Toronto se cachent sous l’eau, sans compter ceux et celles qui, sans être nés à Toronto, y ont œuvré. M. Sylvestre a d’abord signalé quelques sportifs nés à Toronto: Francis Amyot (1904-1984), capitaine de la première équipe olympique canadienne en canot et seul médaille d’or pour le Canada aux Jeux olympiques de Berlin en 1936; Albert Frenchy Bélanger (19061969), boxeur et champion mondial en 1927; Ronald Lalonde (1952- ), hockeyeur évoluant avec les Penguins de Pittsburg et les Capitals de Washington; Louis Grenier (1960- ), patineur de vitesse et champion nord-américain à l’anneau de vitesse intérieur.

Sur la scène culturelle, le nom de Robert Godin est bien connu (Théâtre français de Toronto et Théâtre La Tangente). Il y a aussi Colombe Demers (1972- ) qui joue au festival Shaw, au Théâtre français et au Canadian Stage.

Du côté des écrivains, le plus célèbre Franco-Torontois est sans doute Robert Dickson. Né le 23 juillet 1944, de parents anglophones, il embrasse la culture franco-ontarienne, devient professeur à l’Université Laurentienne, remporte le Prix du Gouverneur général (2002) pour le recueil Humains paysages en temps de paix relative et traduit plusieurs pièces de Jean Marc Dalpé.

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Une autre écrivaine francophone de Toronto, née elle aussi de parents anglophones, est Margaret Michèle Cook qui a publié cinq recueils de poésie aux Éditions du Nordir.

Le plus prolifique auteur franco-ontarien est Jean-Louis Trudel, né à Toronto le 10 juillet 1967. Il a fait paraître 19 romans de science-fiction, a obtenu le Prix Solaris en 1992, le Prix Aurora en 1997, 2001 et 2002, le Prix Boréal en 1999 et le Grand Prix de la Science-Fiction et du Fantastique québécois pour sa production en 2000.

En chanson, on retrouve Michel Payment, né à Toronto le 6 août 1961, présentement directeur artistique du Festival du Loup à Lafontaine (Huronie). Côté cinéma, notons Claudette Jaïko, née à Toronto le 21 février 1954, réalisatrice de films tels que Deux voix comme en écho (1987), Franchir le silence (1992) et Le Gardien de la Colline (1999). Depuis décembre 2002, elle est productrice du Studio Ontario et Ouest de l’Office national du film, ici à Toronto.

Selon M. Sylvestre, de toutes les personnalités francophones nées à Toronto, la plus illustre demeure sans contredit Napoléon-Antoine Belcourt (1860-1932). Député libéral d’Ottawa à la Chambre des communes, président de la Chambre en 1904, membre du Conseil privé, sénateur et président de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario, Belcourt défend la cause des écoles bilingues de l’Ontario devant le Conseil privé de Londres et joue un rôle clef au sein de la Unity League qui réussira à rallier l’opinion anglaise autour de la cause franco-ontarienne.

Voilà pour les personnalités franco-ontariennes nées à Toronto. Il y en a dix fois plus qui ont œuvré à Toronto. On n’a qu’à penser à Simone Lantaigne, à Micheline Saint-Cyr, à Jeanne Sabourin, à Guy Mignault, à David Danzon et Sylvie Bouchard (Corpus Danse), à Serge Bennathan (Dancemakers), aux chanteurs Philippe Flahaut et Marie-Monique Jean-Gilles et à tous ces écrivains que sont Cécile Cloutier, Hédi Bouraoui, Pierre Léon, Marguerite Andersen, Pierre Karch, Paul Savoie, Mireille Desjarlais-Heynneman, Antonio D’Alfonso et Didier Leclair.

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La plus intéressante «face francophone cachée à Toronto» demeure probablement Hector Lévesque. Né à North Bay le 6 août 1951, il est docteur en science informatique et professeur à l’Université de Toronto depuis 1984. Auteur de plusieurs publications scientifiques, invité comme confér)encier dans de nombreux colloques en Europe et en Amérique, Hector Lévesque est considéré comme une des sommités internationales dans le domaine des recherches sur l’intelligence artificielle. En 1985, il a remporté le Computer and Thought Award, l’une des plus prestigieuses distinctions en science informatique.

Il y a un Québécois qui a passé presque toute sa vie active à Toronto et qui a joué un rôle de premier plan dans la communauté francophone. Sa contribution a malheureusement été passée sous silence. Il s’agit de Jacques Leduc, né en 1909 à Côteau-Station (Québec) et décédé à Ottawa en 1973. Il enseigne au Runnymede Collegiate de Toronto, assume la présidence de l’ACFO-Toronto et devient la cheville ouvrière du comité qui voit à la création d’une deuxième paroisse de langue française à Toronto et du comité qui revendique une radio de langue française à Toronto.

Un autre Québécois qui a été très actif à Toronto est Jean-Paul Harney. Né à Québec en 1931, il est tour à tour professeur de littérature à l’Université Queen’s de Kingston, au Collège militaire de Saint-Jean, à l’Université de Guelph, à l’Université York de Toronto et à l’Université Laval de Québec.

Lors de son séjour dans la Ville-Reine, Harney devient président du comité consultatif de langue française du Conseil scolaire de Toronto (1979-1983). Il se fait élire député fédéral de Scarborough-Ouest en 1972, sous la bannière du Nouveau parti démocratique. Harney s’était présenté sans succès aux scrutins fédéraux de 1962, 1963, 1965 et 1968. Il a tenté de se faire réélire, sans succès, en 1974, 1979 et 1980 (toujours à Toronto). C’est ce qui s’appelle «être persévérant».

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