La dualité linguistique pour enfin briser les solitudes

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Dans son premier discours à titre de gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean nous conviait à un grand projet de société. «Briser le spectre de toutes les solitudes et instaurer un pacte de solidarité entre tous les citoyens qui composent le Canada d’aujourd’hui»: il y a là tout un programme.

Le message de Madame Jean a été reçu avec beaucoup d’enthousiasme, ce qui n’est pas surprenant. La société canadienne se diversifie de plus en plus, et comme résultat, un débat s’amorce sur les fondements mêmes de l’identité cana-dienne. Qu’est-ce qui fait de nous des Canadiens et Canadiennes? De quelle manière nos principes fondateurs s’adapteront-ils à l’évolution de notre société? Sommes-nous toujours si différents de nos voisins du Sud, et comment assurons-nous la préservation de cette spécificité?

La semaine dernière, Statistique Canada révélait que nous sommes maintenant plus de 32 millions dans ce pays, une hausse redevable en grande partie à l’immigration. Cette nouvelle donne rend très actuel et pertinent un questionnement sur notre identité.

Ce débat est essentiel parce qu’il représente la dynamique propre au Canada. C’est un dialogue constant entre, d’un côté, la richesse issue de notre diversité, et de l’autre, la force identitaire qui nous vient de notre histoire, des grands principes fondateurs de notre pays. Le Canada a besoin de la richesse que nous apportent tous ces nouveaux arrivants, tout comme il a besoin de la cohésion qui émane de notre identité historique. Cet enrichissement est mu-tuel.

Au fur et à mesure que la mosaïque canadienne se fait plus diversifiée, il est important de réaffirmer, en tant que nation, les grandes valeurs qui font notre fierté et notre spécificité. C’est ainsi qu’on pourra instaurer un pacte de solidarité entre toutes les composantes de la société canadienne.

C’est là que la dualité linguistique prend toute son importance. Si un principe caractérise bien la spécificité de l’identité canadienne, c’est celui des deux langues officielles. Et c’est un principe qui demeure‑ porteur d’avenir pour la société canadienne. D’abord parce qu’à une épo-que où l’ubiquité des contenus américains à la télévision, à la radio et dans l’imprimé en fait craindre plusieurs pour «l’âme» de notre pays, la dualité linguistique de-meure un facteur de souveraineté culturelle pour le Canada, et même d’identité nationale.

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Ensuite, parce que la promotion de la dualité linguistique favorise une meilleure compréhension et un plus grand dialogue entre les composantes de la société canadienne, une meilleure intégration de tous ceux et celles qui reconnaissent que le Canada est un modèle de tolérance envers ses minorités, et constitue de ce fait un important facteur d’unité nationale.

Dans son Discours du Trône de l’automne 2004, le gouvernement de Paul Martin rappelait l’importance des valeurs que sont le multiculturalisme, l’égalité entre les sexes et la dualité linguistique. Il y réitérait par ailleurs son engagement à promouvoir la vitalité des communautés minoritaires de langue officielle.

Dans la foulée du discours de Michaëlle Jean, le gouvernement fédéral doit continuer à travailler toujours plus activement à «briser les solitudes‑», en renforçant la dualité linguistique et en accroissant ses efforts pour assurer l’atteinte de l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais au Canada.

Toute cette question doit cependant aller plus loin que le rôle du gouvernement fédéral. Lorsqu’on parle du grand principe de la dua-lité linguistique au Canada, on parle de la mise en valeur d’une francophonie canadienne vivante et dynamique, d’Est en Ouest.

À ce niveau, le Québec, foyer principal du fait français dans notre pays, doit assumer le rôle de leadership qui lui revient de droit dans cette francophonie. En agissant pour renforcer et favoriser le rayonnement du français partout au Canada, le gouvernement du Québec contribue à l’élimination de ces solitudes dont parle Mme Jean.

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