La danse comme retour aux racines

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Finir avec une note positive sur l’Afrique. Voilà ce que voulait montrer Lua Shayenne à travers son spectacle Departure 00h00. Originaire de Côte d’Ivoire, d’un père italien et d’une mère ghanéenne, la danseuse retrace une partie de sa vie en Afrique et des blessures que connaît le continent le plus pauvre de la planète, dans un spectacle de danse africaine qu’elle a elle-même chorégraphié.

Le départ

La danse fait partie de la culture africaine, comme le hockey de la culture canadienne. Pourtant c’est au Canada que Lua Shayenne a redécouvert ces danses traditionnelles qu’elle met en pratique dans Departure 00h00. La danseuse a passé son enfance en Côte d’Ivoire, ou son père était enseignant de français, jusqu’au moment où la situation a obligé sa famille à partir. Elle avait 12 ans.

Après un déménagement en Italie, Lua décide de faire de la danse son métier et prend la décision de partir en Amérique pour vivre sa passion. «L’Amérique c’était un rêve. C’était dans ma tête, mais il n’y avait pas d’école assez sérieuse en Italie.»

Elle arrive au Canada, à Toronto à 19 ans et s’enrôle à la Randolph Academy for the Performing Arts. elle s’y spécialise en jazz et en danse classique. Ce n’est que plus tard qu’elle replonge dans la danse africaine avec le collectif COBA, collective of black artists.

Le réveil de la danse africaine

«C’est à travers eux que j’ai été réintroduite à la danse traditionnelle africaine. Ce retour aux sources la pousse à entreprendre plusieurs voyages «iniatiques» au Mali, Sénégal, Ghana et Guinée. De la même manière, elle sera bientôt en France, à Paris et à Nîmes pour parfaire ses connaissances.

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En 2011, Lua décide de partir sa propre compagnie de danse, Lua Shayenne and Co. Elle avait commencé la création de la pièce Enfants de guerre, War Child, en 2010, création qui avait été présentée au Fleck Theatre à Harbourfront.

«Ça dure 25 minutes et ça raconte l’histoire d’enfants soldats. Je me posais des questions sur pourquoi on avait quitté la Côte d’Ivoire, qu’est-ce qui s’était passé. J’ai demandé à ma mère, j’ai fait beaucoup de recherches et j’en ai rencontré»

Une fois toute la matière rassemblée, Lua a dû traduire ses impressions en émotions, la partie la plus difficile selon elle.

«La chose la plus dure comme chorégraphe c’est de travailler sur les émotions. Il faut que le mouvement reflète l’histoire et l’émotion. Qu’est-ce qui se passe dans l’âme.»

S’appuyant sur une bonne partie de musique jouée directement sur scène, le spectacle est composé de trois œuvres créées par la chorégraphe Lua Shayenne: War Child, qui examine l’histoire d’enfants soldats; Landed Immigrant, basées sur l’expérience des nouveaux immigrants au Canada et African Suite, une trilogie qui rend hommage au continent africain.

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La danse rattrape le vécu

Se basant sur des pas de danse traditionnelle, Lua a adapté une bonne partie des danses pour les rendre plus contemporains.

«La danse traditionnelle n’est pas rigide. Dans certains villages on fait ces cinq pas, mais dans un autre on en fait plus. Il faut toujours partir des originaux, construire de nouveaux pas et les connecter avec les émotions.»

Retraçant une histoire personnelle, mais aussi l’histoire de peuples et d’immigrants, Departure 00h00 veut montrer bien plus que la vision simpliste d’une Afrique pauvre, et perdue dans une misère profonde. «Au début, on est dans le village en Côte d’Ivoire, il n’y a pas la guerre. Ce sont des moments de joie», souligne la chorégraphe.

Du 11 au 14 octobre 2012 au Lower Ossington Theatre | 100 A, avenue Ossington (au nord de la rue Queen O.), Toronto

Représentations: 11, 12 et 13 octobre à 20 h • dimanche 14 octobre à 17 h

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Billets: 25 $ à l’avance | 30 $ à la porte | Groupes de 5 – forfait de 100 $

Guichet 416.915.6747 ou en ligne au www.ticketwise.ca

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