La danse baroque fait remonter la machine du temps

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Dans le désordre, Louis XIV était renommé pour ses conquêtes territoriales, amoureuses, son ego démesuré, suivi bientôt de l’instauration d’une monarchie de droit divin, lui qui aurait déclamé cette phrase aussi célèbre que contestée: «l’État c’est moi».

Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’en dehors de ces mêmes attributs, le Roi Soleil était un fin danseur. Grand amoureux de cet art, il raffolait des pliés, chassés, coupés et autres ronds de jambe.

Il décida alors de passer commande auprès de ses maîtres à danser. Ces derniers eurent la charge d’inventer une partition codifiée et écrite répertoriant, un à un, les pas à faire lors des bals se déroulant à la cour. Avec ses notes de musique inscrites en haut du feuillet, sa partition de danse figurant en bas, la danse baroque, ancêtre du ballet classique, était née.

L’héritage laissé par le Roi Soleil demeure encore vivant de nos jours. Il vient s’incarner en la personne de chorégraphes experts en la matière. La danseuse et comédienne montréalaise Marie-Nathalie LaCoursière fait partie de ceux-ci. Au café Balzac, à Toronto, elle fait son apparition, coiffée d’une queue de cheval, l’air souriant et décontracté.

Les perruques et bas de soie ont ici fait place à des baskets et à un survêtement passe-partout. Cependant, c’est avec un égal enthousiasme que Marie-Nathalie LaCoursière parle de sa passion pour la danse baroque.

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En collaboration avec le Toronto Masque Theatre (TMT), elle travaille présentement sur l’opéra Dioclétien ou le Prophète, du compositeur Henri Purcell. À mi-chemin entre le théâtre et l’opéra, l’oeuvre du célèbre maître anglais sera présentée les 17 et 18 mai prochain, au studio Glenn Gould à Toronto.

Comme dans l’ancien temps, chacune des danses chorégraphiées sur scène a pour point de départ une partition écrite. Un à un, Marie-Nathalie LaCoursière dessine au crayon les futurs pas dansés, des traits minuscules qui viennent se greffer sur une longue ligne verticale. Cette dernière, explique la chorégraphe, représente le trajet des danseurs dans l’espace. Tous leurs déplacements: pliés, sautés et jambes en l’air, sont ainsi soigneusement répertoriés sur papier.

Si le vulgaire amateur voit dans le dessin final un schéma de biologie, enchevêtrement de lignes, nervures et de ramifications, Marie-Nathalie y lit les premières, deuxièmes positions qui viendront prendre place durant les parties dansées. «J’aime le côté intellectuel de la danse baroque, le fait de pouvoir déchiffrer une partition. Musicalement, on découvre de nouvelles choses à chaque fois», affirme cette passionnée qui avoue être tombée dans la danse baroque un peu par hasard, il y a 15 ans de cela.

Elle n’est pas la seule. Depuis une vingtaine d’année, de festivals en cours du soir, la danse baroque attire à elle toute une poignée de fidèles, amateurs ou simple curieux avides de nouveauté. Selon la chorégraphe, à l’instar d’un air de Beethoven ou de Mozart, le genre véhiculerait des valeurs intemporelles avec lesquelles chacun pourrait s’identifier. Avis aux amateurs!

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