La cruauté n’est pas juste un truc de gars

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Collectif sous la direction de Fanie Demeule et Krystel Bertrand, Cruelles, nouvelles, Montréal, Éditions Tête première, 2020, 192 pages, 19,95 $.
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On dit que les personnages féminins sont rarement de mauvaise foi, et lorsqu’ils le sont, c’est toujours pour une bonne raison.

Fanie Demeule et Krystel Bertrand croient qu’une femme peut être irrémédiablement cupide, perverse, et surtout, non repentante. Qu’elle peut faire preuve de pure méchanceté physique, psychologique et morale.

Dix nouvellistes

Demeule et Bertrand ont réuni dix nouvellistes, sept femmes et trois hommes, pour nous offrir le recueil Cruelles. Les voix sont variées, les visions demeurent troublantes et incontrôlables, les paroles nous hantent. Elles ne laissent pas place à l’indifférence.

Pour Fanie Demeule, «les femmes sont elles aussi parfois amorales, dangereuses, enragées, non fiables, imprévisibles et menaçantes».

Krystel Bertrand renchérit en ajoutant: «Avec Cruelles, on veut faire comprendre, une fois pour toutes, que le Mal, le sadisme et la cruauté ne sont pas que des trucs de gars

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Horreurs ordinaires

Dans une nouvelle intitulée «Amère», Lysandre Saint-Jean explique en long et en large pourquoi elle hait les femmes enceintes.

Elle ne peut pas supporter les mères qui tiennent pour acquis que, parce qu’elle est femme, elle a un intérêt pour leurs histoires de maman. «Votre fierté vous appartient. Partagez-la avec votre conjoint, vos parents et vos amies mères. Laissez-moi en dehors de ça.»

Hélène Laforest signe « Les horreurs ordinaires » où elle nous plonge dans la relation entre deux étudiantes. Sous le couvert d’une amitié sincère, l’une raconte des histoires qui servent de piège, qui lui permettent de cacher sa vraie identité «tandis que brûle en moi un feu dont on ne soupçonne pas l’intensité».

Jumelles

Raphaëlle B. Adam met en scène deux femmes, une beauté éclatante et un laideron, qui deviennent impitoyables pour faire de leur proie masculine une victime de sang et de mort. «Sarracenia purpurea» n’est qu’un exemple de leurs «milliers de victoires. Celles passées. Et celles à venir.»

Des hommes aussi signent quelques nouvelles de ce recueil. Dans «La dame blanche», François Lévesque campe deux jumelles: Marie-Rose et Marie-Lune. Elles seront inséparables, surtout après la mort orchestrée de Marie-Lune…

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C’est Patrick Senécal qui clôt le recueil avec «Dans le sang» et qui illustre à merveille comment la cruauté n’est pas l’apanage des gars seulement. Un frère et sa sœur jumelle doivent passer des tests de cruauté émotive et de cruauté psychologique. «Tout ça, c’est bien beau, mais si y a pas de sang, y a pas de cruauté.» Qui va réussir à «régler» le portrait de son adversaire…?

Originalité

J’ai personnellement un faible pour les nouvelles courtes et punchy. Je n’ai pas été bien servi avec Cruelles, mais je dois admettre que chaque texte est finement ciselé. Et c’est à qui ferait preuve de la plus cruelle originalité.

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