La critique n’est jamais anodine

Catherine Voyer-Léger, Métier critique, essai, Québec, Éditions du Septentrion, nouvelle édition 2020, 234 pages, 24,95 $.
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On entend souvent dire que le critique rêve d’être un artiste et que, n’ayant pas le talent pour y arriver, il fait du scribouillage et pose des jugements péremptoires.

Catherine Voyer-Léger met les pendules à l’heure dans Métier critique. Le livre aurait dû s’intituler Métier: critique culturel. Cela aurait enlevé le beau jeu de mot, bien entendu. Être critique demeure en effet un métier… critique.

Voyer-Léger révise et augmente un essai paru cinq ans passés. Elle se penche sur le rôle de critique qui, pour résumer grossièrement, consiste à «dialoguer avec les œuvres et inviter un public dans la discussion». Ceux et celles qui pratique ce métier doivent «se reconnaître autour du partage d’une certaine culture et d’un sens de l’analyse».

Une certaine autorité

Elle s’intéresse à la critique des médias écrits (Le Devoir, La Presse, Journal de Montréal, Voir) et électroniques, notamment Radio-Canada. Les critiques occupent un espace public qui est d’emblée perçu comme la confirmation d’une certaine compétence et qui donne une importance à leurs propos, donc une certaine autorité.

Avant de définir ce qu’est une bonne critique, l’auteur explique brièvement ce qu’est une critique, à savoir une analyse «qui ne s’appuie pas sur des connaissances suffisantes, qui ne met pas l’œuvre en contexte, qui se contente de résumer ou de porter un jugement binaire sur la forme j’aime/je n’aime pas. Une mauvaise critique est une critique qui ne va pas plus loin que les étoiles qu’elle enfile.»

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Exagérations

L’acte critique public n’est jamais anodin, précise Voyer-Léger. Une critique culturelle doit traiter d’une œuvre, la contextualiser, puis l’évaluer. Le jugement prend souvent le haut du pavé. Il devrait toujours s’appuyer sur une capacité analytique et sur une contextualisation.

«Quand la critique se contente de porter sur le noir et le blanc de l’expérience du consommateur, les exagérations polluent aussi le vocabulaire», allant de chef-d’œuvre à catastrophe.

Pour diverses raisons, certaines personnelles, d’autres éditoriales, il arrive que des critiques se contentent parfois de relater un vécu anecdotique. Or, «l’anecdote n’est pas la démarche. Et c’est la démarche qui fait l’artiste.»

Mettre en lumière

Journalistique ou universitaire, la critique vise un même objectif: «dévoiler quelque chose, mettre en lumière, ouvrir l’œuvre pour la faire voir autrement, à défaut de pouvoir la faire comprendre». Cette démarche n’échappe pas à la subjectivité qui demeure incontournable.

Et Voyer-Léger d’ajouter qu’on estime généralement qu’il relève du critique «de savoir prendre ses distances d’affects purs pour contextualiser au minimum une œuvre».

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La critique fait souvent face à une machine promotionnelle agressive de la part d’éditeurs, de promoteurs, voire d’investisseurs. Face à cela, il est primordial que la critique agisse comme un témoignage, un dialogue, un outil de médiation et un chien de garde.

Voilà un ouvrage qui dresse à merveille les paramètres d’une discussion de société qui dépasse les procès d’intention, les blessures d’orgueil et les querelles de clocher!

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