La crise financière reflète la mondialisation

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Du fabricant de prêt-à-porter chinois au courtier français en assurance en passant par l’ouvrier d’usine brésilien, des millions de personnes vivant sur différents continents se retrouvent affectées d’une façon ou d’une autre par la crise mondiale des crédits, conséquence du marasme des prêts hypothécaires aux États-Unis.

Mondialisation oblige, des crédits hasardeux accordés à des habitants du Minnesota ou du New Jersey ont provoqué une onde de choc qui a déferlé sur les économies de la planète, faisant plonger les bourses, menaçant les fonds de pension et pesant sur les prix de l’énergie et des biens de consommation.

À l’origine de cette crise, les établissements financiers américains ont consenti trop de prêts immobiliers à des clients à risques, qui ne parviennent plus à rembourser leur crédit à taux révisable. En saisissant les biens de ces ménages surendettés pour les vendre aux enchères, les banques ont poussé les prix à la baisse et déclenché de nouveaux défauts de paiements en chaîne, aux dépens des prêteurs hypothécaires qui avaient investi leurs gains dans d’autres marchés.

Aujourd’hui, la question se pose de savoir combien d’argent a ainsi été englouti et si la crise va durer, tirant encore vers le bas les prix de l’immobilier aux États-Unis et, par voie de conséquence, sapant la confiance de consommateurs se sentant soudain plus pauvres.

Partout dans le monde, cette crise de confiance dans le marché des prêts inquiète. «Tout est tellement interconnecté à l’heure actuelle que c’est préoccupant», avoue Yu Wade, une interprète japonaise, qui dit avoir perdu beaucoup d’argent dans la récente dépréciation de ses actions dans le secteur des télécommunications.

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La crainte d’une récession, alimentée par des difficultés du crédit, a poussé les banques centrales, Réserve fédérale américaine et Banque centrale européenne en tête, à réagir en injectant la semaine dernière plus de 250 milliards de dollars (183 milliards d’euros) dans le système bancaire. Cette mise en circulation massive de liquidités bénéficie aux établissements prêteurs qui ne trouvaient plus suffisamment d’argent sur le marché monétaire.

Après avoir injecté 156 milliards d’euros jeudi et vendredi, la BCE a récidivé lundi à hauteur de 47,67 milliards d’euros supplémentaires afin d’apaiser les marchés.

«Tout cela ressemble beaucoup, à une plus petite échelle, à ce qui est arrivé en 1998, lorsque la Russie n’a plus été en mesure de rembourser sa dette. Du fait de ce défaut de paiement, l’agriculteur du Kansas a soudain eu du mal à emprunter», observe Kenneth Rogoff, ancien directeur de recherche au Fonds monétaire international (FMI), à présent professeur à Harvard.

Les prédictions des milieux financiers ne permettent pas d’anticiper une nouvelle Grande Dépression, à l’image de celle qui avait suivi le krach de 1929 aux États-Unis, les économistes tablant sur un rééquilibrage des marchés. Les craintes concernent plutôt les effets à court terme de cette crise.

«On dramatise peut-être, mais les investisseurs sont bel et bien confrontés à un cauchemar financier et se fichent de savoir que la situation finira par se normaliser», explique Andrew Wilkison, de la société de courtage Interactive Brokers à Greenwich (Connecticut).

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De New York à Frankfurt via Tokyo, toutes les places boursières ont fortement chuté la semaine passée, les investisseurs redoutant un assèchement des liquidités. Il faut dire que certaines banques, comme la française BNP Paribas, se sont déclarées incapables d’estimer la valeur de fonds de placement alimentés par les «subprimes», ces prêts accordés aux États-Unis à des personnes à solvabilité douteuse.

La crise des prêts immobiliers américains vient une nouvelle fois rappeler le poids de l’économie américaine dans le système financier mondial. «Quand l’Amérique attrape froid, c’est le monde entier qui éternue», résume Nomaan Jamal, 20 ans, stagiaire dans une banque d’investissement londonienne. Reste à savoir jusqu’où ira cette mauvaise passe, qui n’épargne personne, pas même les marchés émergents comme le Brésil, la Turquie et l’Indonésie.

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