«La carrière de Patrick Brown est finie, mais il ne le sait pas»

Patrick Brown

Patrick Brown


23 février 2018 à 13h01

Le feuilleton électoral du Parti progressiste conservateur de l’Ontario se poursuit depuis la démission soudaine du chef Patrick Brown, le 25 janvier, à la suite d’allégations de nature sexuelle. Pour relancer à tout prix sa carrière politique, le député semble prêt à sacrifier l’avenir électoral de sa formation, estiment les analystes.

Candidat à sa propre succession, son avenir va se jouer le 10 mars lorsque les membres éliront la personne qui les mènera au scrutin du 7 juin.

Patrick Brown pourrait remporter la course à la chefferie, estime Laure Paquette, politicologue de l’Université Lakehead (Thunder Bay), mais ce serait tout. «Il a des amis au caucus et au bureau du parti. Il est devenu chef avec l’appui de membres pour qui la question des mœurs est importante. Les allégations contre lui — et il y en a de plusieurs catégories — ne sont pas réglées.»

«S’il ne perd pas la chefferie, il va perdre les élections. La carrière de Brown est finie, mais il ne le sait pas encore.»

Le rédacteur en chef de L’Express de Toronto, François Bergeron, croit encore possible que les conservateurs remportent les prochaines élections, étant donné la soif de changement chez l’électorat et la popularité du parti dans les sondages.

«Rien n’est coulé dans le béton. Peu importe quel candidat se trouve à la tête du parti, les conservateurs risquent de former le prochain gouvernement. Ce serait plus facile pour Christine Elliot et Caroline Mulroney, et encore faisable pour Brown. C’est problématique mais pas impossible si c’est Doug Ford.»

Après le 10 mars

Laure Paquette reconnaît les mauvaises dispositions des électeurs face à la première ministre Kathleen Wynne. « Ça fait 15 ans que les libéraux sont fatigués et pour l’erreur qu’elle a commise avec l’Hydro, la réélection reste très difficile. La vraie surprise, c’est qu’elle a gagné aux dernières élections.»

L’auteure et professeure note que l’insatisfaction est évidente dans les sondages, très favorables aux conservateurs. «Mais c’est aussi parce qu’ils sont toujours dans les manchettes, même si c’est négatif. Je garantis qu’après le 10 mars, les appuis vont commencer à fléchir. La disparité entre conservateurs et libéraux va rétrécir beaucoup.»

François Bergeron concorde. «On a dit aux dernières élections que Wynne n’avait pas de chance de gagner. Mais les libéraux sont très bien organisés et très unis avec des politiques qui résonnent, comme l’augmentation du salaire minimum. Ils sont bons en campagne électorale. Les conservateurs sont bons avant la campagne, mais quand ça arrive, ils sont désorganisés.»

Candidats Ontario PC

Silence sur la francophonie

Quant aux enjeux de la francophonie (l’Université de l’Ontario français, la réforme de la Loi sur les services en français, le bilinguisme provincial), les deux formations présentent des positions semblables. Les libéraux vanteront leur bilan, tandis que ce sera le silence chez les conservateurs, explique Laure Paquette.

Les conservateurs ne feront pas campagne sur leurs intentions en matière linguistique, et il pourrait y avoir des variations selon les candidats. Les parlants français Elliot, Mulroney et Brown seraient les plus favorables.

«Les questions francophones n’existent à peu près pas pour eux et ça n’a jamais vraiment été à l’ordre du jour», ajoute-t-elle. «On n’est plus à l’époque où on va attaquer, mais on est encore à l’époque où on va négliger.»

Selon François Bergeron, les francophones peuvent compter sur une certaine continuité sous l’autorité de l’un des trois favoris. «On sait que Brown appuie le projet d’université.»

Le candidat Ford serait davantage un défi, dit-il, puisqu’il est entouré des éléments les plus conservateurs. Pour avoir l’heure juste, il faudra attendre les réponses des candidats au questionnaire que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario leur a récemment expédié.

Chronologie: du jamais vu

25 janvier – le chef du Parti progressiste conservateur de l’Ontario, Patrick Brown, démissionne quelques heures après des allégations d’inconduites sexuelles rapportées par CTV;

26 janvier – le chef intérimaire Vic Fideli, choisi par le caucus des députés, ne veut pas de congrès à la direction;

28 janvier – le président du parti (organisateur en chef) Rick Dykstra démissionne après des allégations d’agression sexuelle rapportées par Maclean’s;

29 janvier – l’exécutif du parti vote pour tenir un congrès à la direction le 10 mars;

30 janvier – le chef intérimaire ne se présente pas, mais commence à faire le ménage dans les listes de membres et les assemblées de nominations de candidats;

15 février – premier débat télévisé à quatre candidats: Doug Ford, Caroline Mulroney, Christine Elliott, Tanya Granic Allen;

16 février – Vic Fideli expulse Patrick Brown du caucus parlementaire du parti;

16 février – le chef déchu Patrick Brown se représente;

20 février – rentrée parlementaire surréaliste à l’Assemblée législative de l’Ontario, à moins de quatre mois des élections générales, avec l’opposition officielle conservatrice en pleine tourmente et le gouvernement libéral au plus bas dans les sondages;

21 février – la candidature de Patrick Brown est approuvée par le comité de nomination du parti.

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