La Bataille d’Arras, un héritage imprescriptible

Rappel de la participation canadienne à la guerre dans les rues d'Arras.
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Depuis le 18 mars et jusqu’au 11 juin, le Musée des Beaux-Arts d’Arras, dans le Nord de la France, accueille l’exposition Témoins – Nos champs de bataille vus par les Canadiens dans le cadre des commémorations du centenaire de la Bataille d’Arras.

Créée en 2014 au Musée canadien de la guerre, à Ottawa, cette exposition itinérante fait sa première et seule apparition en Europe. «C’est important de donner accès à ces œuvres, car nos histoires sont extrêmement liées», déclare Marie-Lys Marguerite, directrice du Musée des Beaux-Arts d’Arras.

Un héritage artistique

Cette exposition réunit 30 toiles à l’huile et 20 œuvres sur papier. Elle forme un véritable héritage émotionnel et artistique d’une des périodes les plus sombres de notre histoire.

Des peintres canadiens célèbres tels que Frédérick Varley ou A.Y. Jackson, artistes de guerre officiels, sont mis en lumière.

D’autre part, des croquis dessinés par de simples soldats, décrivant le quotidien dans les tranchées, donnent à l’exposition toute sa singularité.

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«Cette exposition montre la guerre sous un côté émotionnel», insiste Stephen Quick, directeur général du Musée canadien de la Guerre. «Au Canada, on voit l’art de façon plus humaniste. On fait participer les visiteurs au travers des émotions», confirme d’ailleurs Marie-Lys Marguerite.

Vue intérieure de la Cathédrale d’Arras, de William Rider-Rider.
Vue intérieure de la Cathédrale d’Arras, de William Rider-Rider.

Arras

«On a très peu d’histoires vivantes, de mémoires de familles sur la Bataille d’Arras», regrette Stephen Quick. Pourtant, «les Canadiens sont depuis longtemps dans le cœur des Arrageois», selon Yves Delrue, adjoint au maire de la ville, responsable des Affaires patriotiques, des Commémorations et du Centenaire 14-18.

Cette bataille qui a opposé les troupes britanniques, australiennes, néo-zélandaises, terre-neuviennes et canadiennes à l’Empire allemand, en avril 1917, demeure l’un des épisodes guerriers fondateurs de la Nation canadienne. La célèbre victoire de Vimy en fait partie.

Dans la première section de l’exposition, cette ville, cette région et cette époque sont mises à l’honneur. Tout d’abord, au travers de l’œuvre La Route de Cambrai de Maurice Cullen, où l’on fait face à la plaine de Douai, traversée en son milieu par un long convoi militaire.

La photographie Vue intérieure de la Cathédrale d’Arras de William Rider-Rider dépeint un chaos implacable. «La lumière capturée dans les ruines de la cathédrale est saisissante. La personne au centre montre tout le degré de destruction», explique Joanne Stober, historienne et commissaire de l’exposition.

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Femmes fabriquant des obus, de Mabel May.
Femmes fabriquant des obus, de Mabel May.

L’effort de guerre des femmes

Le second chapitre de l’exposition rend hommage aux millions de Canadiens et surtout de Canadiennes restés au Canada et qui ont participé activement à l’effort de guerre.

La toile Femmes fabriquant des obus de Mabel May, capture toute l’effervescence et le bruit d’un travail nouveau. Les femmes ont enfin pris leur place au sein d’une société jusqu’alors très patriarcale. La guerre a mis les femmes au premier plan, traçant ainsi la voie aux avancées sociales de la fin du conflit.

«C’était un phénomène nouveau pour les femmes, ce sentiment de se sentir utile» dans la vie publique, insiste Joanne Stober. «Plus généralement, c’est la première fois que les Canadiens ont voyagé, découvert d’autres cultures. Les lignes de changements sont apparues à ce moment-là», justifie Stephen Quick.

Coupe d’épinettes destinées à la construction d’avions en C.-B., de Charles Simpson.
Coupe d’épinettes destinées à la construction d’avions en C.-B., de Charles Simpson.

Outils et ruines de Guerre

Les troisièmes et quatrièmes sections représentent la course à l’armement, puis la course à la ruine.

En effet, cette première guerre mondiale a mécanisé et modernisé le monde. Elle a été la source d’un large panel d’avancées technologiques et scientifiques. Elle a façonné un monde industriel nouveau.

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Pourtant, c’est justement cette modernité qui fut si dévastatrice. À l’orée du conflit, la flotte aérienne canadienne ne comptait une centaine d’avions. À son crépuscule, ce nombre a dépassé les 10 000.

Coupe d’épinettes destinées à la construction d’avions en C.-B. de Charles Simpson met en relief l’importance du bois dans cette industrie. «Cette peinture est comme un timbre japonais en deux dimensions, avec les arbres au premier plan. C’est un style tout à fait nouveau. Il y a ici une vision très impressionniste», déclare Stephen Quick.

Le lien du sang

Selon Yves Delrue, le lien qui unit le Canada et la France, «c’est le lien du sang. Ils ont sauvé notre liberté. Notre pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans le Canada.»

Stephen Quick, lui fait écho, en déclarant: «la culture française résonne au Canada. Le Canadien est un citoyen du monde.»

Cette exposition se porte témoin de nos histoires liées dans l’épreuve. Elle se porte témoin d’un échange artistique assumé. Elle se porte témoin d’une indicible destruction, si lointaine et pourtant si proche de notre quotidien. Elle se porte témoin d’avancées sociales et industrielles majeures, nées au gré du conflit. Elle se porte finalement témoin d’un héritage imprescriptible.

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Présentée jusqu’au 11 juin à Arras, l’exposition itinérante fera ensuite étape à Calgary, puis à Sarnia et enfin à la Varley Art Gallery de Markham, du 15 septembre 2018 au 6 janvier 2019.


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