Kenya-Tanzanie, itinérance aux pays des grands

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Publié 22/11/2011 par Aurélie Resch

Il est cinq heures du matin. Ma jeep est arrêtée. Avec le guide, nous gardons le silence. Lui, parce qu’il traque le prédateur en chasse, moi parce que la beauté sauvage des plaines arides du Masaï Mara me laisse sans voix. Un discret coup de coude me sort de ma contemplation. Je suis des yeux le doigt pointé vers l’Est et je vois. Un guépard à l’affût. Il est maigre. Il a faim. Soudain, en silence, le félin se met en mouvement. Il trotte, passe devant le véhicule et va se tapir un peu plus loin dans les herbes jaunes.


Il a vu quelque chose qui nous échappe. Il est tout près et ne nous accorde pourtant pas la moindre attention. Moment de grâce avant qu’il ne bondisse et disparaisse de notre vue, tout occupé à traquer sa proie.


Masaï Mara


Les chances d’observer les Big Five (appellation anglaise qui désigne les cinq animaux les plus difficiles à attraper, soit les éléphants, les lions, les rhinocéros, les buffles et les léopards) sont légion dans ces deux parcs nationaux du Kenya et de la Tanzanie. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux pour les voir affluer.


Dans la réserve du Masaï Mara, la voiture s’arrête sur la piste devant quatre lionnes couchées en travers de la route. Peu incommodées par notre présence, elles se contentent de refermer les yeux après avoir longuement bâillé.


Elles ne daigneront se pousser que lorsque leur digestion sera terminée. En attendant, on éprouve notre patience et notre résistance à la température qui monte en flèche. Non loin de là, un groupe de dik-diks – des antilopes naines- broutent l’herbe sèche.


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Elles ne sont pas plus inquiétées que ça par les gros matous; elles savent que les lionnes ont eu leur quota de viande et qu’elles ne les chasseront pas. Pas avant le lendemain. Sur les kilomètres de piste que nous avalerons, j’aurais tout le loisir d’admirer la démarche nonchalante d’un troupeau de girafes, la mise à bas d’un bébé zèbre et la course cocasse de familles de phacochères.


Lors d’un arrêt dans un village Masaï, j’apprends qu’ici les hommes et les bêtes se côtoient au quotidien. Les «accidents» ne doivent pas être rares, pourtant on m’affirme que lorsqu’un Masaï croise la route d’un lion, c’est le fauve qui contourne l’homme. Tant mieux, parce que chaque jour, pour se rendre à l’école, au marché ou au village, les enfants et les adultes marchent. Beaucoup.


À travers la savane. Au milieu des plaines. Les rencontres avec les animaux sauvages sont nombreuses. Un jeune garçon me sourit. Ici, on ne voit pas le danger de la même façon qu’un occidental. J’en veux pour preuve, ma sortie en après-midi non loin d’un cours d’eau. Je regarde avec méfiance les crocodiles qui flottent, tels des troncs d’arbre, sur l’eau.


Mon jeune ami m’emmène à pied un peu plus loin. Lorsqu’on marche, je ne sais pour quelle raison, tout devient gigantesque: Les distances, les ombres, les efforts, les animaux. Je m’arrête bientôt. Trois rhinocéros s’avancent vers nous, nonchalamment. Je me tourne vers le jeune Masaï. Il tient une branche à la main. Quand les rhinocéros sont à quelques pas de nous, il fouette doucement la terre.


Les monstres gris poursuivent leur route, la corne au ras du sol où ils broutent ce qu’ils trouvent. Aucun incident. Je me demande même s’ils nous ont remarqués. La branche était là dans l’éventualité d’un pas de trop… Tout comme la flèche contre l’arc, le soir à l’hôtel, au cas où je marcherais sur un serpent. D’habitude les chats s’en occupent. Mais au cas où…


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Serengenti


Au pied du majestueux mont Kilimandjaro, le parc du Serengeti déploie ses hectares de savane tantôt brûlée par la lumière, tantôt rougie par le coucher du soleil.


Deuxième plus grand parc naturel d’Afrique, le Serengeti s’enorgueillit d’abriter plus de quatre millions de bêtes sauvages et quelques quatre cents espèces d’oiseaux.


À l’aube, tandis que des ballons gonflables planent en silence au-dessus de nous, je me perds dans la contemplation de l’infiniment grand: en haut d’une butte, un lion, majestueux, prend la pose. Royal, il nous gratifie d’un regard doré alangui. Le temps s’étire.


Le soleil se lève complètement et nous nous approchons d’un lac. L’abondance de flamants roses teinte le paysage de doux reflets nacrés. Non loin, une hyène rôde. Elle n’aura pas sa chance avec les volatiles pendant notre pause. Le spectacle est de toute beauté.


Quelques heures plus tard, c’est une mère éléphant et son petit qui nous ravissent et nous gardent sous le charme. Partout les antilopes accrochent le regard de leurs bonds gracieux tandis que les singes ne cessent de nous amuser par leur humeur joyeuse et ludique.


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Sanctuaire des gnous, le cratère du Ngorongoro


Au nord de la Tanzanie, le cratère du Ngorongoro offre un paysage tout autre. D’un climat plus humide, ses hauteurs sont verdoyantes et contrastent avec l’aridité des plaines.


Il me faudra même une veste chaude en soirée et à l’aube pour pouvoir poursuivre mon safari sans avoir froid… Un comble! Les forêts s’éclaircissent au fur et à mesure que l’on descend vers les plaines.


Les pluies abondantes en saisons alimentent les lacs et offrent aux animaux une nourriture et des postes de désaltération toute l’année. On observe ici encore une importante transhumance de gnous et de zèbres. Ils sont plusieurs milliers à venir s’abreuver aux lacs et cours d’eau du Ngorongoro. Eaux que peuplent également de nombreux hippopotames, flamants et crocodiles. Étonnante cohabitation qui ne doit pas aller sans drames.


À voir ainsi les bêtes évoluer en toute tranquillité et régner sur leur territoire depuis notre véhicule, enfermés derrière nos pauvres vitres, on se questionne sur la place de chacun; Qui est la curiosité de qui? Lequel d’entre nous se confine dans sa cage?


Une réflexion qui ne nous fait certes pas oublier la beauté inouïe de l’infiniment grand et de la vie sauvage. Un voyage unique. Une expérience inoubliable en terre africaine.


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Pour bien préparer votre voyage, renseignez-vous sur les saisons des pluies et les saisons sèches, prévoyez vaccins et traitements antipaludéens. Possibilités de construire son combiné safaris Kenya/Tanzanie à partir d’Arusha ou de Nairobi. Les agences et les guides sont multiples. Fiez-vous à votre bon sens. Sachez que l’on fait aussi beaucoup de route, en voiture ou à pied et que cela demande une certaine résistance.

Auteur

  • Aurélie Resch

    Chroniqueuse voyages. Écrivaine, journaliste, scénariste. Collabore à diverses revues culturelles. Réalise des documentaires pour des télévisions francophones. Anime des ateliers d’écriture dans les écoles, les salons du livre et les centres culturels.

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