Inondations: de loin la plus grande menace au Canada

Rue Cousineau, Cartierville, Montréal, printemps 2017. (Photo: Journaldesvoisins.com / Philippe Rachiele)
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Les inondations représentent la catastrophe naturelle la plus importante au Canada. Entre 1900 et 2013, il y a eu près de 300 inondations majeures au pays, ce qui est plus que les désastres dus à la grêle, aux feux de forêt et aux tempêtes de neige réunis.

Selon le Bureau d’assurance du Canada, la défaillance des infrastructures municipales serait à l’origine de 60% des dommages causés par l’eau.

Un rapport du Dr Blair Feltmate de la Faculté de l’Environnement de l’Université de Waterloo, publié en mai 2015, allait dans le même sens et accordait une note de B- (B moins) à Montréal et à Toronto pour leur état de préparation et C- (C moins) à la ville de Québec.

Des centaines de millions $

Les coûts associés aux inondations sont faramineux. Dans un rapport datant de février 2016, le Directeur parlementaire du budget estime qu’en moyenne, en vertu des Accords d’aide financière en cas de catastrophe (AAFCC), Sécurité publique Canada peut s’attendre à des coûts annuels de 673 millions $ pour les inondations.

Cette somme élevée est en partie due au manque d’assurances contre les inondations au pays. Au Québec, les coûts associés aux mesures d’urgence s’élèveraient en moyenne à 70 millions $ par année.

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Or, les personnes sont peu assurées. Selon un article publié récemment dans le magazine L’actualité, le Canada est le seul pays du G7 sans programme national d’assurance contre les inondations. Seuls 10 à 15% des Canadiens possèdent une assurance inondation au Canada.

Selon le Bureau d’assurance du Canada, de 2009 à 2014, les pertes assurées reliées à des événements catastrophiques ont été proches ou supérieures à 1 milliard $ chaque année et la plupart d’entre elles sont attribuables à des dégâts causés par l’eau.

Changements climatiques?

Des agences gouvernementales prédisent pour nos régions nordiques une augmentation du nombre d’inondations en cas d’augmentation de la température.

En effet, les températures plus chaudes favorisent l’accumulation d’humidité dans l’atmosphère, ce qui affecte le cycle de l’eau. C’est pourquoi on s’attend à ce qu’un nouveau réchauffement entraîne des épisodes de pluie et des orages plus fréquents ou plus intenses dans la plupart des régions du Canada.

À l’échelle planétaire, toutefois, la température moyenne de l’air et des océans est stable depuis le début du 21e siècle.

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La montée du niveau de la mer aussi – lente mais constante depuis plusieurs milliers d’années, puisqu’on sort d’une ère de glace – devrait mener à des inondations plus fréquentes dans les régions côtières.

Variations régionales

Toutes les régions ne sont pas concernées également par les risques d’inondations. Par exemple, pour le sud du Québec, un réchauffement entraînerait moins de neige. Or, comme les crues printanières, causées en bonne partie par la fonte des neiges, sont la principale cause d’inondations dans cette région, on ne s’attend pas à ce que les changements climatiques intensifient le phénomène.

La crue actuelle est due à une combinaison de phénomènes météorologiques: température douce qui fait fondre rapidement les importantes chutes de neige hivernales, pluies printanières deux à trois fois plus importantes qu’à l’habitude, mauvais temps qui perdure sur la région.

Ces phénomènes ont saturé les sols, forçant l’eau à rejoindre rivières et ruisseaux, ce qui les a fait déborder. Les aménagements urbains fabriqués de matériaux non absorbants, comme l’asphalte et le béton, ont amplifié le phénomène.

Climat amplifié ou adouci

Il demeure difficile de relier un événement précis à des changements climatiques «anormaux», dans le sens d’amplifiés ou adoucis par l’ajout de CO2 dans l’atmosphère par l’industrialisation et la croissance des populations humaines.

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Pour savoir si un événement météorologique, à un endroit donné et à un moment précis, est aussi le signe d’un changement climatique plus large, il faut attendre de savoir si cet événement se produira «en moyenne» plus souvent.

Et même là: le climat a toujours évolué, sur des centaines d’années comme sur des centaines de milliers d’années.


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