Indy: Sébastien Bourdais veut encore rugir

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Quadruple vainqueur des Open Wheel Racing Series, pilote de Formule 1 pendant deux saisons pour l’écurie Toro Rosso, Sébastien Bourdais court depuis deux ans en Indy Car pour Dragon Racing, sans grand succès pour le moment. Il participera dans deux semaines au Honda Indy Toronto, la seule course canadienne du circuit Indy et espère pouvoir «renverser la vapeur» et mettre de côté une frustration grandissante.

L’an dernier, Sébastien Bourdais pensait marquer quelques points lors de la course de Toronto. Il était bien placé et visait un podium lorsqu’il s’est fait sortir de la piste, victime d’un accrochage avec une autre voiture.

Il revient cette année gonflé à bloc pour cette course qu’il connaît bien, qu’il a remportée en 2004 et commencée en pole position en 2005.

«Toronto c’est une course sur laquelle j’ai toujours été rapide. L’an dernier on était parti pour un podium également. C’est une piste où je suis à l’aise et on va tout faire pour renverser la vapeur», dit-il, joint au téléphone la semaine dernière.

Un circuit classique

Le circuit de Toronto, dont le tracé contourne Exhibition Place, est «un circuit urbain classique, avec un enchainement assez rapide avant la sortie des stands et beaucoup de virages à 90 degrés», nous explique le pilote, né au Mans, à quelques encablures du célèbre circuit et dont le paternel a couru sept fois les 24h du Mans avant de passer le flambeau à son fils.

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«La caractéristique de Toronto c’est qu’il y a énormément de changements de revêtement, avec des bosses. Tu passes de l’enrobé au béton, ça change souvent, et surtout pendant les virages. Ça représente un gros défi pour les pilotes, car il y a beaucoup de changements de grip. C’est une piste qui demande beaucoup d’expérience», avance-t-il.

Et de l’expérience, Sébastien Bourdais en possède un sacré rayon.

Pilote repéré très jeune, champion de karting, de Formule 3 et de Formule 3000 il part aux États-Unis en 2003 et remporte le titre de meilleur jeune de l’année en Champ Car.

Pendant les quatre années suivantes, il règnera d’une main de maître sur le circuit et sera sacré champion quatre années de suite avec l’écurie Haas-Newman, du nom du célèbre acteur américain.

Cette performance lui permet de battre le record de Ted Horn et de ses trois victoires consécutives du championnat entre 1946-1948.

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Formule 1

Cette réussite insolente le fait passer à l’échelon supérieur, le Graal des pilotes monoplaces et lui offre sa chance en Formule 1 avec Toro Rosso en 2008.

Sa première saison est loin d’être concluante, mais il rembarque pour une deuxième, avant de se faire écarter par l’écurie après neuf courses, ce qui lui laisse un goût amer dans la bouche. «J’ai eu une opportunité, je l’ai saisie, ça reste un bon souvenir même si ça a été la période de ma vie la plus frustrante. J’ai travaillé toute ma carrière pour en arriver là et ça n’a pas marché. C’était vraiment très frustrant. On m’avait dit qu’on réglerait la voiture par rapport à mon pilotage et ça n’est pas arrivé. La F1 ce n’est probablement pas pour moi.»

«Aujourd’hui on voit bien que ce sont les pilotes qui doivent s’adapter aux voitures. Je savais que ce n’était pas le cas pour moi dès le début, mais j’ai essayé. Je sais que je n’aurai pas de deuxième chance», résume celui qui n’a plus gagné en Indy depuis deux saisons. «Au bout du compte, il n’y a pas de regret», lâche-t-il.

Insuccès

Aujourd’hui, la réussite semble fuir son écurie, même si en tant que compétiteur il n’aime pas ce genre d’explications et cherche encore à régler les détails qui font toute la différence.

«Quand je suis arrivé aux États-Unis, c’était avec Haas-Newman, qui venait de gagner le championnat et maintenant je suis dans une équipe en construction. Beaucoup d’équipes nous sont supérieures, mais on n’a vraiment pas de réussite. Quand on roule derrière tout va bien, et quand on roule devant il y a un problème, on se fait sortir, on a un problème mécanique, c’est très frustrant, mais ça fait partie d’une carrière et il faut savoir rebondir.»

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Homme à battre et à abattre pendant ses saisons folles, Sébastien Bourdais est aujourd’hui perdu son statut de «crack» acquis avec ses saisons fastes, qui avaient débouché sur un volant en F1. «Je ne suis plus l’homme à battre vu que je ne gagne plus», indique-t-il, fatigué d’avoir perdu sa bonne étoile.

Né au Mans

Enfant, il a grandi en regardant son père faire de la course automobile et participer à sept éditions des mythiques 24h du Mans.

Sébastien a repris le flambeau familial et facture déjà six participations à la course, ponctuées de trois places de deuxième, dont une à 13s du vainqueur, qui confirment sa « poisse » des dernières années, même si à ce niveau de compétition la différence entre le 1er et le 2e reste minime.

«Aujourd’hui, j’aimerai redevenir compétitif en Indy, mais j’aime aussi beaucoup l’endurance. Je voudrais vraiment gagner les 24h du Mans, mais cette course est spéciale, c’est elle qui choisit son vainqueur.»

Né à quelques mètres de la fameuse piste, on peut lui faire confiance, il sait de quoi il parle. On croise donc les doigts pour que Sébastien et son moteur rugissent de nouveau.

Renseignements

Course Honda Indy de Toronto: du 12 au 14 juillet 2013
hondaindytoronto.com

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