Inclusion et accommodements: une «révolution» pour nos Forces armées

Le lieutenant-général Alain Parent.


9 novembre 2017 à 16h37

Plusieurs membres de l’état-major des Forces armées canadiennes ont participé cette année à la parade de la fierté gaie à Ottawa, signe que les temps changent et que la Défense du pays passe maintenant par l’inclusion, la diversité et de multiples accommodements visant à garder les troupes heureuses et motivées.

«C’est une révolution», a indiqué jeudi midi au Club canadien de Toronto le lieutenant-général Alain Parent, vice-chef d’état-major par intérim depuis le printemps dernier, qui assure que les Forces armées canadiennes atteignent déjà leur objectif de recruter au moins 25% de femmes.

La nouvelle politique de Défense dévoilée le 7 juin par le ministre Harjit S. Sajjan – une semaine seulement après la prise de fonction du lieutenant-général Parent à Ottawa, après des passages au NORAD au Colorado et à l’OTAN en Italie – se veut axée sur les besoins d’épanouissement de ses soldats, «qui pourront quitter l’armée pour aller étudier ou travailler en sachant qu’ils pourront revenir poursuivre leur carrière, ou qui pourront demander une affectation moins mobile pour que leurs enfants aillent à la même école pendant quelques années…»

Il invite aussi les passionnés d’informatique à s’intéresser aux Forces canadiennes, puisqu’elles doivent désormais aussi protéger le pays de cyberattaques. «Pas besoin pour ça de savoir courir avec un fusil et 100 livres d’équipement sur le dos.» Les Forces armées canadiennes viennent d’ailleurs tout juste de créer le nouveau poste de «cyberopérateur».

Souvenir

En cette semaine du Souvenir, l’ancien pilote d’hélicoptère a fait remarquer que les commémorations de l’Armistice (ce samedi 11 novembre) touchent désormais tous les militaires qui, depuis le 11 septembre 2001, mènent une «guerre permanente» contre le terrorisme, et non plus seulement les vétérans des deux grandes guerres mondiales et des conflits en Corée, Bosnie, Afghanistan, Irak.

«Tous nos soldats deviennent des vétérans.»

La Russie, qui a envahi une partie de l’Ukraine en 2014, «redonnant à l’OTAN sa raison d’être», et la Corée du Nord, qui développe des missiles intercontinentaux «qu’il faut être prêt à intercepter», font l’objet d’une attention particulière de la Défense canadienne, confirme le lieutenant-général Parent.

«Une attaque contre un est une attaque contre tous», résume-t-il en parlant des relations entre le Canada et ses alliés au sein de l’Alliance atlantique (l’OTAN), et avec les États-Unis au sein de la défense aérienne continentale (le NORAD).

Missions diverses

Unilingue francophone il y a 39 ans quand il s’était enrôlé dans les cadets pour apprendre à piloter (son rêve) et pour décrocher un diplôme universitaire (l’idée de son père), il travaille surtout aujourd’hui en anglais après avoir été affecté aux missions les plus diverses en Europe, au Moyen-Orient et au Canada d’un océan à l’autre.

Aux jeunes, il fait valoir la grande diversité des missions des Forces canadiennes, de la pacification des zones de guerre au secours des sinistrés d’inondations ou de feux de forêt, en passant par l’aide aux autorités locales face à l’immigration illégale et aux opérations de surveillance du monde entier par satellites de concert avec nos alliés.

La nouvelle politique de Défense prévoit d’ailleurs que la douzaine de missions identifiées comme étant prioritaires doivent pouvoir être menées simultanément. Le budget de 18 milliards $ de la Défense dépassera les 30 milliards $ dans 10 ans.

Les Forces armées canadiennes emploient actuellement quelque 70 000 militaires et peuvent compter sur 30 000 réservistes. «La sécurité d’emploi y est assurée», laisse tomber le lieutenant-général Parent, «parce que les menaces sont permanentes.»

La présidente Melinda Chartrand et le directeur de l'éducation André Blais ont déposé une couronne du Souvenir, au nom du conseil scolaire catholique MonAvenir, au Club canadien de Toronto ce jeudi 9 novembre.
La présidente Melinda Chartrand et le directeur de l’éducation André Blais ont déposé une couronne du Souvenir, au nom du conseil scolaire catholique MonAvenir, au Club canadien de Toronto ce jeudi 9 novembre.

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