Immigration francophone: le fédéral «incohérent»

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C’est avec «stupéfaction» que la FCFA, le lobby politique des francophones au Canada anglais, a appris, la semaine dernière, la décision du gouvernement fédéral de mettre fin dès le 30 septembre au programme Avantage significatif francophone, simplifiant le processus d’embauche de travailleurs immigrants qualifiés d’expression française.

C’est un «recul majeur», a déploré la présidente Marie-France Kenny. «On retire à nos communautés le seul outil dont elles disposent pour aller chercher des résultats tangibles en matière d’immigration francophone.»

Ces critiques acerbes contrastent avec les bravos et les accolades qui avaient accueilli, quelques jours plus tôt, l’engagement du ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration, Chris Alexander, de lancer au cours des prochains mois des consultations relativement à l’immigration francophone au Canada anglais.

Le bureau du ministre a répondu qu’on s’y prendra «autrement» – sans préciser davantage – pour atteindre les mêmes objectifs.

Le milieu associatif francophone hors Québec relève que le gouvernement fédéral a aussi éliminé en 2012 l’enveloppe financière qui permettait aux communautés de participer au forum emploi Destination Canada, qui a lieu chaque année en France et en Belgique.

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De plus, alors que Citoyenneté et Immigration Canada avait affirmé que le nouveau système électronique Entrée Express, qui sera lancé en janvier 2015, comporterait des mesures spécifiques d’appui à l’immigration francophone, «la FCFA sait maintenant que ce ne sera pas le cas».

«Autant que nos communautés, Citoyenneté et Immigration Canada a des cibles à atteindre en matière d’immigration francophone. Comment va-t-il s’y prendre maintenant?», demande Mme Kenny.

Selon elle, le ministère a une obligation, en vertu de la Loi sur les langues officielles et de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, de favoriser le développement de nos communautés. «La décision du gouvernement va à l’encontre de cette obligation.»

«Quand j’ai eu écho du programme, Avantage significatif francophone, cela m’a énormément aidé et facilité le renouvellement de mon permis de travail fermé. J’ai pu continuer à travailler là où je suis actuellement», témoigne la Française Audrey Debruyne, agente en innovation et communication à l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario (AFNOO) à Thunder Bay.

«Cette décision risque d’avoir un impact négatif sur l’économie de notre province et notamment dans certaines régions plus isolées où les employeurs peinent à trouver de la main d’œuvre qualifiée et bilingue», déclare le vice-président de l’AFO, Gilles LeVasseur.

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Comme la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario estime qu’il y a une «incohérence» entre, d’une part, cette décision du gouvernement d’abolir le programme Avantage significatif francophone et, d’autre part, ce qu’on entend du ministre Chris Alexander, par rapport à l’immigration francophone.

«Lorsqu’il parle d’immigration francophone, le ministre parle très positivement des engagements de son ministère à cet égard. Or, dans les faits, le gouvernement nous coupe les leviers qui nous permettent d’avancer», déclare Mme Kenny.

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