Ils étaient trois, trois Anversois

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De la ville d’Anvers, ils étaient trois grands maîtres de la peinture baroque. Par leur talent, ils participèrent à cette période faste de la peinture des anciens Pays-Bas, surnommée le «Siècle d’or» ou «l’Âge d’or» de la peinture hollandaise, qui couvre la période comprise entre 1584 et 1702.

Avec Rubens (1577-1640) et Van Dyck (1599-1641), Jacques Jordaens (1593-1678) est le troisième grand peintre anversois du XVIIe siècle, mais le plus méconnu.

Aperçu historique

Anvers est maintenant une grande ville de la région flamande de Belgique. Il n’en a pas toujours été ainsi. Depuis sa création aux environs de 900, la situation d’Anvers a fluctué en fonction des rivalités politiques et religieuses qui ont affecté cette agglomération, ainsi que son économie.

Pendant une bonne partie du XVIIe siècle, elle profite de la présence d’artistes comme Rubens et les élèves de son école, Van Dyck, Jordaens, Teniers dit le Jeune et d’autres.

Car en 1595, le roi Philippe II d’Espagne avait décidé d’octroyer leur indépendance aux Pays-Bas avec à leur tête Albert, archiduc d’Autriche, qui épouse sa cousine Isabelle, fille du roi, en 1599.

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Le couple rétablit la paix d’un pays divisé par une guerre civile. La période 1630-1660 est particulièrement foisonnante en raison de cette paix et de l’intérêt qu’Albert et Isabelle portent aux arts. Anvers est alors le principal centre culturel et économique du pays. Les archiducs sont des collectionneurs d’art flamand, dont ils décorent leur palais bruxellois où ils résident et leurs résidences secondaires.

Les maîtres anversois

C’est ce contexte qui est celui des maîtres anversois et d’autres peintres. L’occasion de les découvrir est une exposition du musée Marmottan de Paris, qui se tient jusqu’au 3 février 2013, et le livre qui l’accompagne, vendu séparément: Rubens, Van Dyck, Jordaens… et les autres. Chefs-d’œuvre de la peinture flamande baroque des Musées des Beaux-Arts de Belgique.

Grâce à cette exposition et à ce catalogue, on ouvre une page de l’histoire de l’art qui permet de mettre à jour nos connaissances sur cette période de l’art flamand baroque, «chapeauté par le trio exceptionnel formé par Rubens, Van Dyck et Jordaens», qui représente «l’excellence dans la diversité». Les chefs-d’œuvre présentés sont au nombre de 41 et sont tous reproduits dans le catalogue, avec souvent des détails en pleine page.

Rubens

Pierre Paul Rubens n’est pas anversois de naissance. Il est né en Westphalie, à Siegen, qui faisait alors partie du Saint-Empire romain germanique. Sa mère, une protestante d’Anvers, avait quitté cette ville pour fuir les persécutions des Espagnoles catholiques. Il a 12 ans quand il gagne Anvers avec sa mère, son père étant décédé, et il est baptisé dans la religion catholique.

Il passe plusieurs années comme apprenti chez des peintres de la ville, alors célèbres, comme Otto van Veen, théoricien de l’art flamand.

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Ceux-ci, qui entrevoient ses talents, lui conseillent d’aller étudier en Italie l’art de la Renaissance. De 1600 à 1608, il étudie et copie des œuvres de peintres illustres, Raphaël, Le Caravage, Titien. De retour à Anvers, il devient peintre officiel de la Cour d’Albert et Isabelle. Dès lors, il va poursuivre une carrière artistique qui fera de lui «le plus grand peintre européen de la première moitié du XVIIe siècle».

Van Dyck

Si Van Dyck est bien né à Anvers, il décède près de Londres. Fils d’un riche marchand, il devient par son talent le principal assistant de Rubens pendant quatre ans. Sa vie est une suite de déplacements qui le voient partir pour Londres, puis revenir en Flandre, séjourner en Italie, s’établir à Gênes où il décore les palais des nobles génois de tableaux religieux et de portraits, retourner à Anvers en 1627, y peignant plusieurs chefs-d’œuvre, puis repartir pour Londres à l’appel du roi Charles Ier, où il décède, célèbre et célébré.

Jordaens

Né à Anvers, Jacques Jordaens est le plus méconnu des trois grands maîtres de la peinture anversoise. Il s’est formé à la peinture auprès du peintre flamand Adam van Noort, dont il épouse la fille en 1515. Il travaillera avec Rubens et après la mort de celui-ci, Jordaens est considéré comme le peintre majeur des Pays-Bas espagnols. Il est l’auteur d’un nombre considérable de tableaux allant des scènes de genre à de nombreux portraits.

La peinture baroque

L’exposition et surtout peut-être le livre d’accompagnement permettent de regarder de près la peinture baroque qui se caractérise, selon les sujets, par l’emploi de nombreuses couleurs vives, des contrastes, des jeux de lumière et d’ombre, avec un éclairage par taches. Les visages des personnages ont une expression qui traduit des sentiments.

Asymétrie, lignes de force obliques ou courbes, impression de mouvement, vêtements soulevés ou agités, ce sont encore quelques points qui distinguent cette peinture de celle de la Renaissance.

Une jolie page d’histoire de l’art, un livre toujours d’actualité.

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